ACTUALITÉS : AGDE - Vie patriotique : Commémoration du massacre d'Oran

AGDE - Vie patriotique : Commémoration du massacre d'Oran

 

Vendredi 5 juillet a eu lieu la cérémonie commémorative du massacre d'Oran, au cimetière neuf, en présence de Sébastien Frey, Premier Adjoint et Conseiller Départemental, de Robert Craba, Adjoint au Maire en charge des Associations Patriotiques et Président de l'Amicale des Français d'Afrique du Nord, des présidents d'associations patriotiques et des porte-drapeaux. La cérémonie a débuté par les dépôts de gerbes, avant que Robert Craba ne s'adresse à l'assemblée. « Etre broyé par le sens de l'Histoire se paye au prix fort. D'autant plus fort qu'il se paye deux fois : par le sang d'abord, par le silence ensuite. Événement symbolique de la tragédie des Français d'Algérie abandonnés par la métropole, le massacre d'Oran survenu à l'orée de l’indépendance algérienne, dans un climat mêlant angoisse et rancœur alors que l'OAS (dont Oran était un des bastions), vient à peine de déposer les armes. Le drame frappe une communauté de pieds-noirs en détresse, sous les yeux d'une armée française passive. Le 5 juillet 1962, une fusillade aux causes indéterminées exaspère la foule des Algériens venus fêter l'indépendance dans le centre de la ville. La situation dégénère en une émeute sanglante qui dure plusieurs heures. Cette explosion de vengeance collective qui purge des années de guerre coloniale, prend pour cible la population européenne de la ville, dont les morts et les disparus se comptent par centaines. Ni la réaction des nouvelles autorités algériennes, ni celle du commandant des forces françaises à Oran, l'attentiste général Katz, ne sont à la mesure des circonstances. Cet épisode tragique, qui accélère et amplifie fortement la fuite massive des pieds-noirs vers la métropole, demeure un sujet sensible et controversé. Drame fondateur de la mémoire de l'exode des pieds-noirs, le massacre d'Oran a en revanche été escamoté par les Algériens et est resté méconnu ou indifférent du côté français. Le plus singulier est de constater combien ce massacre a peu marqué l'histoire de la Guerre d'Algérie. Un effacement qui entretient la mémoire meurtrie des pieds-noirs. Car l'amnésie est pire qu'un oubli : elle résonne comme un déni de souffrance presque aussi terrible que le traumatisme fondateur. Au fond, c'est sans doute cela que d'être broyé par le sens de l'Histoire : être voué à l'indifférence.

Oui, nous leur devons à eux, quelques minutes de recueillement de silence, de souvenirs, de pensées et de prières aussi. Eux ? Ceux qu'on appelle pudiquement les disparus d'Oran, les 700 Français et peut-être même davantage qui ont été enlevés, tués, torturés, massacrés. Des hommes, des femmes et des enfants de tous âges et de toutes conditions sociales dont le seul crime était d'être chrétien ou juif. C'étaient des travailleurs, des ouvriers, des employés, artisans commerçants qui souhaitaient continuer à vivre dans leur pays : leur terre natale.

Oran, tu hurles encore d'avoir vu tes enfants assassinés en ton sein, un demi-siècle s'est écoulé, il est temps enfin que ce voile soit levé afin qu'ils puissent reposer en paix. »

C'est ensuite Sébastien Frey qui a pris la parole. « Nous sommes réunis dans la chaleur de l'été et au cœur du cimetière d'Agde pour faire vivre la mémoire d'hommes, de femmes et d'enfants, dont les existences trouvaient tout leur sens de l'autre côté de la Méditerranée, là-bas, en Algérie. Ils étaient nés à Alger, à Oran, à Constantine, à Sidi Bel Abbès... dans ces villes de l'Afrique du Nord qu'ils ont aimées et sur les terres que leurs parents et leurs grands-parents avaient contribué à rendre moins arides. Nous sommes là pour eux.

L'histoire des hommes est jonchée de drames terribles qui éprouvent des générations entières et qui marquent dans leur chair parfois et dans leur mémoire plus souvent encore toutes celles et tous ceux qui eurent à les vivre. Mais parmi ces drames terribles il en est qui infligent - en plus des pires horreurs qui peuvent être commises par des hommes - un supplice injuste et à peine supportable : celui du silence et du déni.

Le 5 juillet 1962, l'indépendance de l'Algérie est proclamée. A Oran... le 05 juillet 1962, des hommes, des femmes et des enfants - dont on ne connaît précisément ni le nombre, ni les noms - sont enlevés, tués, massacrés. Et comme si huit années d'une guerre, à laquelle on n'osait même pas faire porter son nom, n'avait pas suffi à faire souffrir toutes celles et tous ceux qui vivaient sur ce même sol, la folie humaine enleva ce jour-là la vie à des victimes innocentes aux seuls motifs qu'elles étaient européennes ou bien qu'elles étaient favorables au maintien de la présence d'européens en Algérie. Le massacre d'Oran est l'expression du pire dont sont capables les hommes. Capables pour certains de tuer afin de faire quitter leurs terres à celles et ceux qui pourtant y étaient nés, qui y avaient grandi, qui y avaient aimé, qui y avaient fondé une famille, qui y avaient travaillé, qui y avaient enterré leurs parents. Capables aussi pour d'autres de rester immobiles et sourds aux appels au secours, sourds aux cris des victimes sans défense ni aucune protection, sourds à leur conscience. Le 5 juillet 1962, il ne restait plus aux bourreaux traces d'humanité. Et il ne restait plus à leurs complices traces de dignité.

L'histoire - même lorsqu'elle est effroyable - ne peut pas et ne doit pas être réécrite. Elle ne doit pas non plus être tue. L'histoire - même lorsqu'elle est effroyable - doit être connue et enseignée avec l'espoir que l'instruction de nos enfants leur épargnera les horreurs du passé. L'histoire doit être connue et enseignée au nom du respect des victimes et de leurs familles. Le massacre d'Oran ne doit pas être un massacre oublié ».

La ville d'AGDE (10-07-19)     7392 vues

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