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A l’ombre de la croix de Lorraine (14) Notre devoir de MEMOIRE : (4°partie) Cérémonies du 18 octobre (allocution, suite)

A l’ombre de la croix de Lorraine (14) Notre devoir de MEMOIRE : (4ème partie) Cérémonies du 18 octobre (allocution, suite)  Evocation : En évoquant les J.R.A. et le Maquis Saint-Vincent d’Olargues. Je veux essayer de rappeler en quelques phrases plusieurs années de luttes, d’occupation, d’exaltation de rêves,d’espoirs et de victoires Evoquer les J.R.A. et […]

A l’ombre de la croix de Lorraine (14) Notre devoir de MEMOIRE : (4ème partie) Cérémonies du 18 octobre (allocution, suite) 


Image 04(4)Evocation : En évoquant les J.R.A. et le Maquis Saint-Vincent d’Olargues. Je veux essayer de rappeler en quelques phrases plusieurs années de luttes, d’occupation, d’exaltation de rêves,d’espoirs et de victoires

Evoquer les J.R.A. et le Maquis Saint Vincent c’est faire revivre Agde, ses années de guerre, de démissions, c’est rappeler les deux France d’alors, celle de la soumission, de l’esclavage et celle de la révolte, de la Liberté.
(1942 reproduction de la plaque commémorative de l’APPEL, réalisée dans la clandestinité)
Je revois encore, sur les marches d’escalier du marché d’alors, place Gambetta, auréolés de leur glorieux passé, les anciens combattants de 14/18, le docteur, et l’ouvrier, le viticulteur et le maçon, le commerçant et l’artisan, je les entends, les uns et les autres s’enflammer sur l’attitude à tenir vis-à-vis de leur chef, le vieux maréchal Pétain, pour les uns, et ce jeune général De Gaulle, au nom fleurant bon la France mais pratiquement inconnu, pour les autres.

Evoquer les J.R.A. C’est revoir Agde et ses pierres noires, Agde si belle sous le soleil éclatant et si mystérieuse, si triste, le soir venu, quand, parcimonieusement éclairée et les volets clos, défense passive oblige, elle s’offrait à nous, ombres furtives distribuant les tracts. Aujourd’hui, dans une ville bien éclairée, il est difficile d’imaginer que nous risquions, la prison, la déportation et pire peut-être. Particulièrement quand nous distribuions les tracts derrière la patrouille allemande et que dans le quartier de la mairie, des coups de feu étaient tirés à plusieurs reprises.

Image 01(4)Photo une patrouille allemande sur le front de mer, (Agde sous l’occupation allemande 1942- 1944 David Mallen) 

Evoquer les J.R.A. ce sont les photos clandestines, les rapports envoyés aux réseaux, par Jean, Antoine et Loulou. C’est Claude Vigné, il avait mon âge, lâchement abattu. Ce sont les arrestations miraculeusement terminées grâce à l’intervention de Michel, ce J.R.A. logeant dans le château Trédos, siège de la kommandantur.
C’est l’aide aux familles nombreuses grâce aux cartes d’alimentation détournées par Roland. C’est revivre les restrictions, la distribution des produits alimentaires et leurs queues, files interminables d’attentes

Image 08(7)Un produit de luxe : distribution du charbonpar Louis Serres (collection Gorges Cléophas)

Evoquer les J.R.A.c’est l’appel du Général De Gaulle, peu de gens l’ont entendu mis à part les familles Roger, Carrausse, Cruells Capèce les 3 pôles de résistance agathoise et toutes les 3, vendeurs de postes TSF. C’est la fabrication clandestine des selfs de radio permettant d’équiper les postes pour capter Radio Londres.

C’est la relation avec Vergnette chef résistant, lui aussi (TSF) à Pézénas et les risques encourus à Béziers, comme à Sète, comme à Agde.
Ce sont les Juifs hébergés et cachés dans « notre petite cosse » à Notre Dame, nous ne les connaissions que par des prénoms d’emprunt, Mr. Etienne, Mr. François, Mr. Charles. Comptables, ingénieur radio ou autres. J’entends encore ma mère nous conter leurs adieux émouvants au moment de leur départ pour les camps.

Image 07(7)Evoquer les J.R.A. C’est l’entrée de la soldatesque allemande, dans Agde, c’est revoir leur défilé de propagande dans la rue de la République qu’ils montent et redescendent à plusieurs reprises sous l’œil des caméras publicitaires. C’est l’occupation, entre autre, du collège et de l’école Notre Dame par les soldats allemands, grâce au concours de l’un d’eux, originaire de Breslau nous les avons, à leur insu,régulièrement approvisionnés en tracts anti nazis.

Evoquer les J.R.A. c’est revivre les tentatives de passage de la Frontière, dans les P.O. le passeur arrêté, les corps abandonnés en Terre de France ! André a vécu les mêmes péripéties, il sera pris et déporté.
Les tentatives par Pau et l’incroyable sang-froid de notre J.R.A. qui avec son rire simulé de dément s’est sorti des griffes de la police des frontières allemandes.
C’est le souvenir de la mansuétude de certains gendarmes à Agde comme dans les Pyrénées 

Evoquer les J.R.A. C’est penser à leur chef, mon frère Jean, parti se former en Haute Savoie sous les ordres de Robert Jaccaz, chef du Service Atterrissage et Parachutage. Interné à Montluc, fusillé par les Allemands à Genas le 12 juillet 1944. C’est l’embuscade sur la route d’Evire, pour délivrer les chefs de la Résistance Dejussieu de Pontcarral et Dormay !

Image 09(10)Evoquer les J.R.A c’est, comme l’a fait tout à l’heure avec beaucoup d’émotion André Bessière, partager la souffrance de ceux qui sont tombés et le tourment de leurs familles, depuis André Chassefière le premier en septembre 42, au dernier Jean- Roger le 21 août 1944. C’est glorifier Mlle Gourou de Florensac, notre agent de liaison, grande dame, parente du Dr.Barral, plaidant la clémence pour son dénonciateur.

Evoquer les J.R.A c’est alors, rentrer de plain-pied dans le monde du maquis.

C’est revivre ces instants terribles de la dénonciation de mon père aux sbires de Vichy, par un voisin, dont les enfants étaient de vrais gaullistes et dont mon père nous a fait promettre de taire le nom ….

C’est rappeler la droiture de notre docteur venu, malgré les risques encourus, nous avertir de l’arrivée imminente de la Gestapo.

C’est revivre ces instants de fébrilité, de tensions, de craintes, rattachés à jamais à ces moments sublimes des voisins et des voisines en pleurs nous aidant à charger en toute hâte les camions.

Image 10(10)C’est dans le dénuement le plus complet, le réconfort et l’accueil de la population de Saint Vincent étonnée et ravie, nous recevant à bras ouverts. Ce sont de nouveaux amis dans un nouveau monde ! 

Vous êtes invités à participer à la 44ème cérémonie du souvenir,
le samedi 22 novembre 2014 à 10 h 30 en la Cathédrale St-Etienne


Vous pourrez signer le « Cahier du Souvenir », ouvert le 12 Novembre1970 et, en plus, vous faire photographier auprès « du Pavé mémorial » conservé depuis ce jour-là.

Où en serions-nous ?

Au-delà de l’aspect religieux, nous voudrions que chacun de nous rende, une fois encore, un hommage largement mérité à l’homme et à son œuvre.
Grâce à lui, la République n’a jamais cessé d’exister. Grâce à lui et à ceux qui dans les moments très difficiles ont répondu, glorieusement ou obscurément, à son appel, la France a été présente à la Victoire, la France a retrouvé sa Liberté, sa Grandeur.

Image 11(3)Aujourd’hui, où en serions-nous si, au risque de sa vie, de celle de sa famille (il était condamné à mort par Vichy), il n’avait redonné espoir à notre peuple ?

Où en serions-nous, si courageusement et fermement, lors de la Libération de notre pays, il ne s’était opposé aux Américains et aux Anglais, pour les empêcher de créer sur notre sol, une administration à « leur botte » ?
Où en serions-nous, si au prix d’un renoncement inimaginable et aux sacrifices de millions de nos concitoyens, il n’avait su mettre fin à la guerre d’Algérie ?
Où serions-nous si, dans son extrême solitude, face à l’immensité et à la difficulté de sa tâche, il avait en pleine tempête abandonné la lutte ?

Nous comptons sur votre présence, merci

Le président Jules Cruells Capèce Minutolo 

 

Jules Cruells Capèce Minutolo 53 bis rue Sadi Carnot 34300 AGDE 04.67.94.00.10. Courriel Michelangeagde@gmail.com 

INVITATION 22 NOVEMBRE 2014 001

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