Action Cœur de Ville : un coup de boost pour Béziers, Lunel, Sète et Agde

Après Lunel et Sète, le préfet de l’Hérault Pierre Pouëssel s’est rendu le lundi 29 octobre à Béziers puis Agde pour signer la convention unissant dans un même élan des acteurs de l’aménagement public et du logement et des investisseurs privés. Action Cœur de Ville met en cohérence des actions visant à réhabiliter et réaliser des logements, des commerces et des équipements publics, à améliorer la mobilité et à mettre en valeur des espaces publics. A la clé figuent des moyens financiers inédits pour elancer ces villes moyennes essentielles pour la dynamique de leur bassin de vie. L’exemple biterrois… Dossier publié dans notre édition HJE Print n°3228.

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« Aller encore un peu plus de l’avant, un peu plus vite, un peu plus solidement… », c’est ainsi que François Commeinhes, le maire de Sète, résume cette action. Selon le gouvernement, le programme Action Cœur de Ville (ACV) a en effet pour but, sur la durée du quinquennat, de donner une nouvelle place dans les priorités du pays à un réseau de villes moyennes. C’est une expression de la nouvelle politique de cohésion des territoires. L’ACV cible les villes, hors métropoles, qui ont une fonction de centralité pour leur bassin de vie et constituent un pôle de rayonnement régional. Appelées « villes moyennes » ou « villes intermédiaires », elles regroupent près d’un quart de la population et de l’emploi.

L’ACV mobilise les moyens de l’État et des partenaires publics et privés en faveur de la mise en œuvre de projets de renforcement des « cœurs de villes », portés par les communes centres et leurs intercommunalités. Élaboré en concertation et en partenariat avec les élus du territoire, les acteurs économiques, techniques et financiers, ce programme a pour objectif d’être au service des territoires.

222 villes bénéficiaires, dont 4 dans l’Hérault

Le programme national ACV, présenté le 27 mars 2018, concerne 222 villes bénéficiaires, dont certaines en binôme. Quatre villes héraultaises intègrent ce programme : Béziers, Lunel, Sète et Agde. Dans le Biterrois il s’applique sur un périmètre élargi du centre-ville de Béziers (229 hectares). Ainsi, pour revitaliser le cœur de ville et renforcer son attractivité, les objectifs de cinq axes thématiques Action Cœur de Ville ont été croisés et abondés financièrement sur les prochaines années. D’ores et déjà, 29 actions matures sont proposées dans le périmètre biterrois retenu (lire ci-après). Le programme s’engage dès 2018 par la signature d’une convention-cadre et les premiers investissements des signataires. A Béziers, la signature est intervenue le 29 octobre dernier.

Une mise en cohérence

Le préfet de l’Hérault Pierre Pouëssel évoque « une mise en cohérence ». La réussite du programme Action Cœur de Ville est en effet intimement liée au renforcement et au développement du caractère multifonctionnel du centre-ville. Cette action concerne à la fois les activités économiques, culturelles, éducatives et d’habitat dans un cadre de vie amélioré et plus écologique.

A Béziers, ce sont les volets Logement, Commerce, Mobilité, Espace public et Equipements publics qui sont ainsi mis en cohérence. La finalité du pojet est d’attirer des populations actives et des propriétaires occupants afin de renforcer la vie sociale du centre-ville et de stabiliser sa population. Cette nouvelle population participera à la fois à la cohésion sociale des différents quartiers du centre-ville et à la relance de la consommation, afin de consolider et développer le circuit marchand. La Ville de Béziers s’engage parallèlement – à travers notamment des actions de renouvellement urbain – à participer à la maîtrise de la consommation foncière. Le territoire prend l’engage-ment de limiter l’effet de concurrence produit par le développement de lotissements pavillonnaires et l’implantation de surfaces commerciales en périphérie.

Jusqu’au 31 décembre 2024

La convention-cadre est signée pour une durée de six ans et demi au maximum, à savoir jusqu’au 31 décembre 2024. Avec une phase d’initialisation de dix-huit mois maximum, et une phase de déploiement qui ne pourra excéder cinq ans. Les engagements financiers des partenaires du programme cesseront au 31 décembre 2022, les délais de paiement pouvant courir jusqu’au terme de la convention. À tout moment, d’ici au 31 décembre 2022, les collectivités peuvent proposer au Comité de projet l’ajout d’une action supplémentaire au plan d’actions.

Les partenaires d’Action Cœur de Ville

Plusieurs partenaires publics rejoignent l’Etat pour la concrétisation de cette convention visant à redynamiser le centre-ville de Béziers. Les signataires sont, pour : – l’État : Pierre Pouëssel, préfet ; – la commune : Robert Ménard, maire ; – l’intercommunalité : Frédéric Lacas, président de l’agglo-mération Béziers Méditerranée ; – la Caisse des dépôts : Thierry Ravot, directeur régional ; – l’Anah : Pierre Pouëssel, préfet, délégué territorial ; – Action Logement : Frédéric Carré, président du Comité régional ; – l’Anru : Pierre Pouëssel, préfet, délégué territorial ; – Viaterra : Thierry Boucher, directeur ; – la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Hérault : Christian Poujol, président ; – l’EPF d’Occitanie : Anthony Meutrot.


Ils ont dit…

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De gauche à droite : Thierry Boucher, directeur de la SEM Viaterra (l’ex­Sebli), aménageur sur l’ouest Hérault, et Frédéric Lacas, président de la communauté d’agglomération Béziers Méditerranée. © HJE Archives

L’Agglo aux manettes avec la Ville

La Communauté d’agglomération Béziers Méditerranée, qui dispose de la compétence Habitat, est avec la Ville de Béziers, l’un des chefs de file et pilote de lAction Cœur de Ville. Son président, Frédéric Lacas, absent lors la signature de la convention, apprécie cette nouvelle opportunité qui va permettre de dynamiser le territoire biterrois et de renforcer son attractivité, notamment touristique. Il souligne les mises en synergies et notamment au travers du futur NPNRU (Nouveau Plan de renouvellement urbain), qui va permettre de continuer à accompagner activement Béziers dans sa mutation urbaine. Pour cela, il pourra compter sur l’un des bras armés de l’intercommunalité, à savoir Viaterra. La SEM d’aménagement, qui a succédé à l’ex­SEBLI, se consacre au devenir urbanistique de l’Ouest Hérault et à l’optimisation d’implantations d’entreprises comme tout récemment Leroy Merlin sur la ZAE de la Méridienne à Villeneuve-­lès-­Béziers. L’organisme, dirigé par Thierry Boucher, est déjà partie prenante de quelques-­uns des 29 dossiers matures présentés lors de la signature du programme Action Cœur de Ville. Et plus particulièrement sur la réhabilitation d’hôtels particuliers et d’immeubles anciens (lire l’article). L’intérêt de l’Action Cœur de Ville est de disposer d’un périmètre plus large que le seul centre­-ville, incluant les liaisons à créer vers un autre site emblématique dont la réhabilitation a été pilotée par Béziers Méditerranée : les Ecluses de Fonséranes. Inaugurées l’été dernier, elles devraient bénéficier d’ici fin 2020 ou début 202 d’une mise en cohérence avec la citadelle et la cathédrale Saint-Nazaire, via une liaison douce (lire l’article) dont la réalisation fait partie des dossiers retenus par l’Action Cœur de Ville.

Robert Ménard : « Tout va très vite »

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© HJE 2018, Daniel Croci

Le maire de Béziers s’est dit « très satisfait » de la mise en place de l’Action Cœur de Ville. C’est dans les salles de l’Hôtel Bergé – directement concerné par un projet de réhabilitation – que Robert Ménard a évoqué les incidences favorables de cette convention pour sa ville. Quand l’HJE lui demande comment se passent les choses, il répond : « Dans cette opération tout va vite. En moins de six mois, nous avons bouclé la convention et pratiquement lancé le début des opérations de travaux. Comment voulez-vous aller plus vite ? ». L’Hôtel Bergé est emblématique des actions menées dans le cadre de cette convention. La Société Archéologique conservera au rez­-de­-chaussée ses locaux rénovés. Et des logements seront réalisés dans la partie arrière du bâtiment (voir pages 10-11). Robert Ménard précise : « La Ville compte pas moins de 300 hôtels particuliers. Dont un certain nombre malheureusement ne sont pas entretenus comme ils devraient l’être ou sont vides. Ils sont pour certains dans un fort mauvais état. Il est vrai que pour la Ville ou les promoteurs et les bailleurs, s’il n’y a pas d’aides de l’État, les remises en état d’hôtels particuliers sont des opérations infaisables par manque d’équilibre financier». Il poursuit : « Nous avons envie de réussir le développement et la renaissance de cette ville. C’est quelque chose qui nous va droit au cœur parce que si l’on veut qu’une ville vive, que la classe moyenne qui est partie du centre-ville revienne, il faut l’attirer avec de belles opérations. Ce qui est le cas ici, avec l’aide d’Action Logement (le 1% salarié). Je le dis et je le répète parce que ça me semble suffisamment singulier pour ête souligné : nous avons affaire à une opération qui va vite. Or on se plaint souvent, à juste raison, du charme de la bureaucratie et de l’administration française. Cela aurait pu être une usine à gaz, mais ce n’est pas le cas. Les différents services se sont vus au mois de juin, et en septembre le programme était défini. ’accord est signé ce mois d’octobre. Nous avons rendez-vous avec les gens d’Action Logement mi- novembre pour nous mettre d’accord sur les débuts des opérations. Et concrètement, nous allons pouvoir commencer. Le maire que je suis est content que cela se passe comme ça pour faire que notre ville soit encore plus belle ». Et de conclure : « Avec cette action, tout est lié : le logement de qualité, le commerce, l’espace public que nous aménageons, comme dernièrement la place Jean-Jaurès… Avec tout cela, on devrait réussir ».

Il y a Béziers, mais aussi Lunel, Sète et Agde…

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© HJE 2018, Daniel Croci

Le préfet Pierre Pouëssel confirme :« Effectivement, l’État intervient de manière significative sur ces villes. Le programme y est très ambitieux aussi. En particulier sur la réhabilitation du bâti. On dénombre de nombreux logements vacants dans le centre de Sète. Avec, là encore, une succession de projets matures éligibles. Et qui pourront être engagés dès la fin de lannée ou début 2019. Sur Sète, il y a aussi une rénovation prévue dans le quartier de l’Île de Thau avec un apport de l’Anru de 8 millions d’euros plus 6 millions d’euros de prêt de la Caisse des dépôts, soit une enveloppe financière de 14 millions d’euros. Pour Agde, il s’agit de la rénovation urbaine du centre-ville. L’Anru apportera 10 millions d’euros. A Lunel, la convention a été signée le 22 octobre dernier. Là encore, en articulation avec le projet Anru, ce sont 8 millions d’euros de subvention et 4 millions d’euros de prêt mobilisable immédiatement par la Caisse des dépôts. Je rappelle juste que sur le programme national, l’État et l’ensemble de ses partenaires ont prévu globalement 5 milliards d’euros sur les cinq prochaines années. Que d’autre part, le gouvernement a doublé la dotation de l’Anru, qui passe de 5 à 10 milliards d’euros sur les cinq prochaines années. Il y a donc vraiment des moyens financiers importants. Et avec des procédures simplifiées. Ce qui end ce dispositif beaucoup plus efficace que naguère. Ce sont aussi des actions d’importance pour le secteur du bâtiment, qui a connu une crise très grave au niveau du département. Il est depuis repassé au-dessus de la barre des 21 000 salariés. Il faut noter que l’Action Cœur de Ville donne à ces entreprises une visibilité sur plusieurs années, avec des chantiers sûrs et d’importance. C’est vrai à Béziers, mais aussi à Agde, où je signe cet après-midi [lundi 29 octobre], et Lunel et Sète, qui ont déjà signé un programme similaire ».

 

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