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AGDE - Anniversaire 75 ans après, Agde célèbre la renaissance de l’armée tchécoslovaque

Anniversaire- 75 ans après, Agde célèbre la renaissance de l’armée tchécoslovaque C’est un épisode important de l’existence du camp d’Agde qui a été commémoré en ce vendredi 5 juin, celui de la renaissance de l’armée tchécoslovaque en son sein en 1940. Si, effectivement, la période des “républicains espagnols” est assez connue, c’est juste après le départ […]

Anniversaire- 75 ans après, Agde célèbre la renaissance de l’armée tchécoslovaque

C’est un épisode important de l’existence du camp d’Agde qui a été commémoré en ce vendredi 5 juin, celui de la renaissance de l’armée tchécoslovaque en son sein en 1940. Si, effectivement, la période des “républicains espagnols” est assez connue, c’est juste après le départ de ces derniers que l’armée tchécoslovaque, vaincue et démobilisée par l’Allemagne nazie, s’est regroupée en Agde, prélude à sa renaissance.

Au lendemain du 30 septembre 1938, et de la signature des accords de Munich, les Nazis occupent la République Tchécoslovaque. Après la déclaration de guerre du 3 septembre 1939, les dirigeants tchèques repliés à Paris forment un Comité national et signent les 2 et 17 octobre 1939 une convention avec Daladier, alors président du Conseil et Ministre de la Guerre qui autorise la reconstitution de l’armée tchécoslovaque en France. Le centre de formation décidé par le gouvernement français pour cette armée est fixé à Agde. Le Comité national tchécoslovaque rassemble donc ses forces éparpillées en France, soit 11 400 hommes. Jusqu’au 15 novembre, trois régiments ou bataillons d'infanterie sont formés à Agde. Après la défaite française, les deux régiments tchécoslovaques décimés se replient avec les Français. 5 000 parviendront ainsi en Angleterre. Les autres, environ 3 500 soldats, sont ramenés en train à Agde où, pendant deux mois, ils sont considérés par le gouvernement de Vichy “comme des adversaires par les officiers de la nouvelle armée française, traités comme des prisonniers”, avant leur transfert vers d’autres lieux de détention.

Devant le monument du Camp d’Agde, en ce premier vendredi de juin 2015, s’étaient réunis autour de Jérôme Bonnafoux, Adjoint au Maire en charge de la Sécurité, son Excellence Marek Eštok, Ambassadeur de Slovaquie, son Excellence Marie Chatardová, Ambassadrice de la République Tchèque, ainsi que leurs délégations militaires respectives, les représentants de l’Institut Militaire de Prague, dont son Directeur Ales Knizek, Jean De Dios, Président de l’association pour la Mémoire du Camp d’Agde, ainsi que de nombreuses personnalités et élus ayant à cœur de célébrer ce moment de notre histoire. Après avoir déposé plusieurs gerbes de fleurs au pied du monument, orné des drapeaux aux couleurs de chaque pays, après l’hommage aux morts, Jean De Dios devait rappeler le contexte de cette période de l’histoire avant que son Excellence Marek Eštok, Ambassadeur de Slovaquie, ne prenne la parole pour souligner “les liens étroits qui existent entre nos deux peuples. Le premier lever de couleurs tchécoslovaque, le 20 septembre 1939, au centre d’instruction d’Agde et l’accord du 2 octobre 1939 relatif à la reconstruction de notre armée nationale en France, furent un premier point de départ de la nouvelle armée dans la Seconde Guerre Mondiale. Sous l’autorité du gouvernement provisoire tchécoslovaque et sous les ordres du haut commandement français, les Slovaques et les Tchèques avaient défendu les libertés de l’homme, la démocratie et la cause de leur propre patrie. La source de leur esprit de sacrifice fut l’espoir que la victoire de la France rendrait à la nation tchécoslovaque sa liberté détruite. Nous avons assisté le 8 mai dernier à la commémoration de la Libération de Dunkerque par la première brigade de blindés indépendante tchécoslovaque. Tous ces événements historiques confirment les relations d’amitié traditionnelles entre nos deux peuples qui persistent jusqu’à aujourd’hui”.

Ce fut ensuite au tour de son Excellence Marie Chatardová, Ambassadrice de la République Tchèque, de prendre la parole pour rappeler qu’“en cette année de nombreuses commémorations, nous avons rendu hommage au premier volontaire tchécoslovaque engagé au début de la Première Guerre Mondiale pour combattre avec la France. La plupart d’entre eux sont morts dans l’Artois en 1915. Tout semblait alors perdu pour mon pays. Des milliers de volontaires se sont alors rassemblés pour la renaissance de leur nation. La France reconnaîtra la première notre droit à l’indépendance. Ce fut le temps béni de la Première République Tchécoslovaque, l’un des 10 pays les plus riches au monde, modèle de démocratie au cœur de l’Europe. Et puis ce fut “Munich” en 1938. L’histoire tchécoslovaque a recommencé ici, au camp d’Agde. Comme ils l’avaient fait une génération plus tôt, mes concitoyens se sont rassemblés ici, en France pour reprendre le chemin du combat. Il faudra bien des années, bien des compromissions, bien des crimes pour que l’histoire retrouve le cours qui aurait dû être le sien, si les totalitarismes de toutes espèces ne s’étaient pas acharnés sur l’Europe. En 1989, l’Europe a fini d’oublier ses idées les plus morbides et notre belle civilisation a repris ses droits. Célébrer la renaissance de l’armée tchécoslovaque en France, c’est d’abord ressentir la force de nos valeurs. Cette flamme était dans le cœur de nos combattants. Ils seront sur tous les fronts de la libération de la France et de leur pays. Au travers de cet hommage, chacun appelle au combat pour les valeurs, pour le rassemblement, comme fut la réponse apportée par les volontaires de mon pays…” Jérôme Bonnafoux, Adjoint au Maire d’Agde, a conclu cette cérémonie. “Le 29 septembre 1938, étaient conclus les accords de Munich, entraînant le démantèlement de la 1ère République Tchécoslovaque. Les chefs de gouvernement britannique et français, Neville Chamberlain et Edouard Daladier, venaient d’abandonner un peuple allié aux exigences hégémoniques du Reich d’Hitler. Ce qui ferait dire au futur Chancelier britannique Winston Churchill : “vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre”. Au même moment, Pierre Brossolette, dont les cendres viennent d’être transférées au Panthéon, s’indignait sur les ondes de la radio nationale, parlant de capitulation, provoquant par là même son licenciement par le gouvernement du Front Populaire dont il avait été jusque là solidaire, Léon Blum, se disant pourtant lui-même partagé entre le soulagement et la honte.

Et c’est bien ce dernier sentiment que l’on ressent tous à l’évocation de ces événements, dont les conséquences planétaires se traduisirent par les pires crimes commis contre l’humanité. En Tchécoslovaquie, comme ailleurs en Europe, la Résistance s’organisa avec, à sa tête, Edvard Benes, qui prit la tête du gouvernement tchécoslovaque constitué à Londres en juillet 1940. Précédemment, dès le mois de septembre 1939, Agde devient le lieu de convergence de milliers de réfugiés tchécoslovaques, prêts à continuer le combat. Ainsi, dès avant l’Armistice, des troupes tchécoslovaques participent aux combats destinés à bloquer l’avancée allemande, aux côtés d’une armée française en déroute. Agde fut donc, en ces temps troubles où se jouait l’avenir de l’humanité, une terre de fraternité, où se rassemblèrent des hommes et des femmes dont l’héroïsme et le courage n’étaient au service que d’une seule cause : celle de la liberté. Français, Tchécoslovaques, Belges, Républicains espagnols, tous étaient profondément patriotes, mais unis dans la fraternité des armes par une conception commune de la dignité humaine et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Aujourd’hui, à travers les combattants tchécoslovaques, c’est à tous ceux qui ont combattu à leurs côtés que nous pensons et que nous réunissons dans un même hommage. Mais c’est aussi l’amitié entre nos peuples que nous célébrons. La Tchécoslovaquie, puis la République Tchèque et la Slovaquie, sont des pays avec lesquels nous partageons une histoire commune, une histoire européenne. Les Français se souviennent avec émotion du Printemps de Prague et du courage de ces hommes et de ces femmes qui, après la guerre, ont continué à se battre pour la liberté et ont suscité l’admiration de tous les Européens. Vive la République Tchèque, vive la Slovaquie, vive la France”.

Le cortège devait par la suite se déplacer jusqu’à l’Îlot Molière pour l’inauguration de l’exposition intitulée “75ème anniversaire de la Renaissance de l’Armée Tchécoslovaque à Agde 1939/1940”, prêtée par l’Institut Militaire d’Histoire de Prague et proposée aux côtés de celle réalisée par l’Association pour la Mémoire du Camp d’Agde, consacrée à la période tchécoslovaque. Yvonne Keller, Adjointe au Maire en charge de la Culture et le Colonel Ales Kniek, Directeur de l’institut praguois, ont officiellement ouvert cette exposition en présence des deux Ambassadeurs. Et parce qu’elle avait contribué à permettre à l’armée tchécoslovaque de se rassembler, la SNCF a accepté que soit apposée sur la gare d’Agde une plaque commémorant l’événement, 75 ans après que “L’histoire tchécoslovaque a recommencé ici”.


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