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AGDE - Armistice du 11 novembre 1918 : Agde a célébré le souvenir de la terrible guerre

Si l’Armistice du 11 novembre 1918 marque la fin des combats de la Première Guerre Mondiale, il n'a pas signifié pour autant la fin du conflit : il faudra attendre pour cela la signature du Traité de Versailles le 28 juin 1919. En ce 11 novembre 1918 pourtant, à 11 heures, les cloches de toutes […]

Si l’Armistice du 11 novembre 1918 marque la fin des combats de la Première Guerre Mondiale, il n'a pas signifié pour autant la fin du conflit : il faudra attendre pour cela la signature du Traité de Versailles le 28 juin 1919. En ce 11 novembre 1918 pourtant, à 11 heures, les cloches de toutes les villes et villages de France annoncent la fin de cinq années d’une guerre qui a fait plus de 18 millions de morts, laissant la population, comme une partie du territoire national, profondément meurtrie. Cette date, plus que celle du traité, reste celle qui a marqué les consciences, et dont la résonance est peut-être encore plus forte depuis que le dernier Poilu s’est éteint. 


En ce 11 novembre 2014, la cérémonie commémorative qui s’est tenue sur Agde a débuté par le traditionnel défilé, qui est parti de la Maison du Cœur de Ville pour rejoindre le Monument aux Morts du cimetière. Autour du Maire d’Agde pour cet hommage, son Premier Adjoint et Conseiller Général Sébastien FREY , de nombreux Adjoints et Conseillers Municipaux, Paul ALRIC, Président de l’Union Française des associations de Combattants et Victimes de Guerre, Pierre CONNAN, Président de l’Union Nationale des Anciens Combattants section Agde, Daniel Soulliaert président du Souvenir Français,  les représentants du nouveau Conseil Municipal des Jeunes, les Présidents des associations patriotiques, les porte- drapeaux ainsi que de 2 “poilus” de l'association des Amis du Cheval Marin en uniforme bleu horizon réglementaire ainsi que la présence des membres et jeeps de l'association “l'Escouade”. 

Après les dépôts de gerbe, la sonnerie aux morts et la Marseillaise, les représentants du monde patriotique, ont pris la parole pour lire les messages de leurs organisations respectives qui remettent en mémoire les évènements sanglants de cette guerre et le devoir de mémoire que chacun doit faire désormais afin que tous ceux qui sont morts alors ne l’aient pas été en vain.

Avant de céder la parole au CMJ, Pierre CONNAN a souhaité ensuite rendre un hommage particulier aux porte-drapeaux au travers d’un texte que toutes les personnes présentes ont grandement apprécié. Les membres du Conseil Municipal des Jeunes nouvellement élu ont pour leur part lu un texte de Gandhi sur le refus de la violence.

Clôturant les discours, le Maire d’Agde a rendu hommage aux Poilus en ces termes : “le 11 novembre 1918 à 11 heures, Georges Clémenceau, Président du Conseil et Ministre de la Guerre, annonce à la représentation nationale la signature de l’Armistice qui met immédiatement un terme aux combats et vient acter la victoire des Alliés et la défaite totale de l’Allemagne. Cette victoire, le Tigre pèse ses mots pour en souligner la nature en la qualifiant de terrible victoire.

La France est en effet victorieuse. A l’issue du conflit, elle dispose de la plus grande armée du monde, elle retrouve son intégrité territoriale avec l’Alsace et la Lorraine qui réintègrent la Mère Patrie. Enfin, la République l’a emporté face aux empires germaniques et Austro-Hongrois. Elle s’est montrée sans faiblesse, fidèle à ses valeurs universelles et portée par tout un peuple uni dans la conviction que la civilisation qu’il s’est forgé constitue un bouclier face à la barbarie.

Le pays est à reconstruire, certaines de nos terres ont été souillées, des villes et villages détruits, l’œuvre à accomplir est immense pour ceux qui ont survécu. Mais la France est debout.

 
Enfin, n’oublions jamais que rien de grand ne s’accomplit dans le reniement de ce que l’on est. Sans l’amour de la patrie, sans attachement à nos valeurs, celles forgées par nos ancêtres tout au long de notre histoire commune, il n’y a pas d’avenir aussi bien collectivement que pour chacun d’entre nous. Sans une France libre, indépendante et forte, il n’y a pas de liberté individuelle pour les Français. C’est ce combat qui a été mené par nos Poilus pendant près de cinq ans. C’est ce combat que nous célébrons aujourd’hui et qu’il nous appartient de continuer à mener”.

Le cortège s’est ensuite reformé, porte-drapeaux en tête, pour regagner la Maison du Cœur de Ville pour le verre de l’amitié.

DISCOURS de Pierre CONNAN POUR LE 11 NOVEMBRE 2014

En ce 11 novembre 2014, nous sommes réunis devant le Monument – aux- Morts de notre commune pour commémorer le 96ème Anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale.

Depuis le mois de juillet ce conflit majeur fait l'objet de nombreuses commémorations qui se poursuivront le long de ces quatre années. Nous ne pouvons qu'être satisfaits de cet intérêt, une vraie mobilisation des consciences sur ce qu'a été la réalité de ce conflit, une guerre totale et meurtrière qui a ruiné l'Europe et a atteint la France dans ses forces vives, sa jeunesse et son économie.

Aucune famille française n’a été épargnée par un deuil, le retour d'un mutilé ou traumatisé par l'horreur qu'ils avaient vécue. Ce n'était qu'un répit puisque 21 ans après, une autre guerre allait encore ensanglanter et transformer le monde. Notre mémoire collective reste encore hantée par le souvenir de ces deux terribles guerres.

Aujourd'hui plus aucun survivant de ce conflit ne peut témoigner de la dureté des combats durant ces quatre années. C'est pourquoi le devoir de mémoire, cette responsabilité collective qui nous incombe, nous amène à nous interroger sur ce qui a permis à nos soldats de tenir et de faire preuve d’un courage et d’une abnégation sans pareille. Ils ont droit à toute notre reconnaissance et notre admiration pour leur dévouement, leur acharnement, souvent jusqu'au sacrifice suprême. Ils sont parvenus à arrêter l’envahisseur et finalement à le vaincre, soutenus par toute une Nation mobilisée, y compris les femmes, pour l’effort de guerre ou remplacer leur homme parti au front.

Ce conflit a modelé à jamais l’histoire de notre pays. Le 28 février 2012, le Président de la République a sacralisé la date du 11 novembre pour commémorer tous les Morts pour la France de tous les conflits. Au – delà du conflit de 14-18 cette journée d'hommage associe tous les combattants : de 14-18, les résistants, tirailleurs, goumiers ou légionnaires, combattants d'Indochine ou d'Afrique du Nord et plus récemment nos jeunes soldats des opérations extérieures. Nos drapeaux, nos troupes en arme ou les associations d'anciens combattants présentes ici contribuent à conserver le souvenir de ces frères d’armes disparus et à veiller à ce que les jeunes générations s’imprègnent du dévouement et des sacrifices de leurs aînés, pour, s’il le fallait, défendre à leur tour notre pays.

« Plus jamais cela » pouvaient penser certains et nous avons eu les conséquences en 1940. Une Nation qui baisse sa garde, finit toujours par aliéner sa liberté et perdre son indépendance. La paix est bien sûr un but à atteindre et nous bénéficions en Europe d'une éradication des rivalités ou sources de conflit. Hélas, et les événements de ces dernières années nous le confirment, partout des menaces surgissent, de nouveaux périls comme le terrorisme, des guerres larvées dont les effets parviennent jusqu'à notre pays ou sur nos intérêts. Alors que notre siècle débute à peine, dans ce monde violent et imprévisible, nos armées multiplient les interventions face à de nouveaux barbares qui l’emportent là où les droits de l’homme n'existent pas ou sont bafoués.

C'est pourquoi, plus que jamais il convient de s'inspirer du courage, de l’esprit de défense aussi indéfectible que celui qui animait nos dirigeants comme Clémenceau et nos  combattants  de  14-18.  Puisse  ces  commémorations  rappeler  à  notre  peuple  et surtout à ses représentants  leur irresponsabilités d’engager nos soldats sans leur donner les moyens de combattre . Aujourd’hui il est de bon ton de critiquer ouvertement le grand commandement de 14, les impasses dans les équipements dont le fameux pantalon rouge, qui les désignait comme cibles vivantes, le manque de casque et d’artillerie lourde. Tout cela pour faire l’apologie d’une infime minorité de soldats ayant faibli, ou honorer un jeune intellectuel pacifiste ayant sali publiquement l’emblème national. Ce détournement de la Mémoire doit inciter à la vigilance car ces bons esprits n’ont pas désarmé et sont les mêmes qui, au Parlement, réduisent les crédits de défenses, mesurent chichement les effectifs de nos armées ?

Devant ce Monument-aux-Morts, dont les noms sont inscrits sur la pierre posons-nous chacun cette question existentielle  qui résume l’esprit de défense et le sacrifice de nos morts pour la France ? Serions-nous chacun d’entre nous, à l’instar de ces héros en état de tout quitter pour défendre la Patrie ?

Dans l’affirmative que nos morts d’hier ou d’aujourd’hui reposent en paix. Honneur à tous les combattants morts pour la Patrie.

                                                                                                   Vive la France


Les Religieux du Front de 14-18 sortent de l’oubli

Le rôle des hommes et femmes de religion et plus généralement, celui de la foi religieuse furent importants durant le premier conflit mondial.

Le gros des effectifs de religieux présents sur le front était catholique. Comme la législation le prévoyait, il comprenait  des aumôniers et des combattants. Depuis une loi de 1889, séminaristes, étudiants protestants en théologie et futurs rabbins n’étaient plus exemptés de service militaire et, après l’avoir effectué, étaient mobilisables en temps de guerre comme infirmiers ou brancardiers. L’historien Xavier Boniface estime qu’il y a eu , entre 800 et 1000 aumôniers catholiques et environ 30000 combattants qui étaient prêtres, séminaristes, religieux ou novices.

Les chiffres étaient importants pour un pays marqué par plusieurs années d’anticléricalisme et par la législation de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. La présence des prêtres et religieux catholiques dans la Grande Guerre a symbolisé ce  qu’on appelait à l’époque «  Union Sacrée », c’est-à-dire la réconciliation entre l’Eglise et la République laïque.

Par une loi en 1905, la République avait mis tous les citoyens mâles à égalité devant l’obligation militaire en cas de conflit en étendant la mobilisation comme combattants aux hommes de religion, qui étaient jusque-là exclusivement au service de santé. Avant  1914, les autorités avaient aussi envisagé que, par temps de guerre, les soldats puissent avoir besoin d’un soutien spirituel : elles avaient prévu près de 200 postes d’aumôniers. En août 1914, une centaine de ces postes étaient occupés par des prêtres catholiques, les autres par des pasteurs et rabbins. Les aumôniers ne portaient pas alors, l’uniforme (les catholiques étaient en soutane, les protestants et juifs en costume civil). Les titulaires recevaient une solde équivalent à celle d’un capitaine et les volontaires, recrutés sur la base du bénévolat, ont fini par recevoir une indemnité journalière.

Face à la mort de nombreux poilus retrouvent la dimension religieuse et la foi dans les tranchées. L’aumônier militaire est à la fois celui à qui on se confesse et celui qui administre les sacrements. Il est d’autant estimé que, faisant le plus souvent partie des infirmiers et brancardiers, il accompagne les unités lors des assauts.

Non armés et amenés à intervenir à découvert, les aumôniers payèrent un lourd tribut. Tout comme les soldats qui étaient prêtres, pasteurs ou rabbins, ils se sont souvent signalés par leur courage. On ne compte pas ceux qui furent décorés. Ils furent nombreux (autour de 14 %) à mourir sous le feu de l’ennemi.

Trois d’entre eux ont marqué les mémoires par leur sacrifice : le Père jésuite Louis Lenoir, mort en 1917 sur le front d’Orient, le Père assomptionniste Raphaël Retaud fauché en 1916, en ramenant un blessé, le rabbin Abraham Bloch, tué dans les Vosges le 9 août 1914, tandis qu’il apportait un crucifix à un mourant catholique.

Après la guerre, d’anciens aumôniers catholiques jouèrent un grand rôle, comme les jésuites Paul Doncoeur et Pierre Teilhard de Chardin, ou le spiritain Daniel Brottier qui fonda en décembre 1918, avec l’anticlérical Georges Clémenceau, l’Union Nationale des Combattants.

Article d’Antoine FOUCHET paru dans le quotidien La Croix

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