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AGDE - AVEC LES AMIS D’AGDE et L’AMICALE GAULLISTE D’OCCITANIE à l’ombre de la Croix de Lorraine (7)

AVEC LES AMIS D’AGDE et L’AMICALE GAULLISTE D’OCCITANIE à l’ombre de la Croix de Lorraine (7) Dans…

AVEC LES AMIS D’AGDE et L’AMICALE GAULLISTE D’OCCITANIE à l’ombre de la Croix de Lorraine (7)

Dans les geôles espagnoles :
Le camp de Miranda del Ebro

Après l’éprouvant périple à travers les Pyrénées, après la sinistre prison de Lérida, nos évadés, avec Léopold, se retrouvent, comme bon nombre d’évadés de France, au, non moins sinistre, campo de concentración de Miranda de Ebro créé par Franco en1937 durant la guerre d’Espagne, pour y interner les prisonniers républicains. Il fut en 1947, le dernier de ces camps de concentration à fermer. De fin 1940 à juin 1944, date du débarquement en Normandie on compte seulement 35.000 tentatives de passages de la frontière espagnole réussis sur 100.000 tentatives. Le camp comprend une trentaine de baraques, avec autant de nationalités, les Français et les Belges y sont les plus nombreux, on y rencontre même des Chinois et des Japonais, des Allemands, des Polonais, des Juifs de toutes nationalités et de nombreux Canadiens dont beaucoup sont en réalité, des Français qui, grâce à la langue française, se sont faits passer pour Canadiens afin de profiter des conditions d’internement moins pénibles dont, grâce à leur gouvernement, bénéficiaient les sujets de « l’Erable ».Quasiment toutes les couches sociales sont représentées : médecins, voyous, ecclésiastiques, officiers, apatrides, brigadistes, ouvriers, fonctionnaires, etc., sans oublier « la belle Hollandaise », un évadé néerlandais, qui commerce de « ses charmes » ! Plusieurs personnalités Françaises, à l’image de Georges Bidault futur chef du gouvernement provisoire de la République y furent internés.
Image 2(16)Vus de l’extérieur, raconte Léopold, les baraquements avaient un côté presque pimpant avec leurs murs blanchis à la chaud, mais hélas à l’intérieur c’était comme à la prison de Lérida, puces et poux…. ». Quant à la nourriture, les quelques chats qui traînaient à leur arrivée ayant vite finis en civet, elle n’est guère mieux et elle cause des diarrhées insupportables, la «Mirandite».Ajoutée au scobut celle-ci est cause de nombreux problèmes de santé.

Le cérémonial :

Dès le matin, clameurs ordres et hurlements donnent le signal du réveil. D’accord ou pas d’accord, obligation de se plier au cérémonial. À 8 h 30, salut au drapeau, la « Bandera » avec l’hymne espagnol, « Garde à vous » le bras droit tendu personne ne peut y déroger, Après la cérémonie aux couleurs, c’est la distribution d’une chose brunâtre qui ressemble à du café, mais qui n’en a ni l’odeur ni le goût, assorti d’une boule de pain. Le seul morceau de pain de la journée.
Image 3(17)À midi et demi les prisonniers apportent le « rancho », soupe servie à la « perolle ». Une sorte de grosse gamelle d’environ un mètre de diamètre, haute de trente centimètres, munie de deux poignées. Quant à la soupe, elle est constituée d’un peu de pommes de terre (patatas), un peu de pois chiches (garbanzos) et de beaucoup, mais vraiment beaucoup d’eau (agua). Les premiers servis raflent les légumes qui flottent, les autres se contentent de la flotte ! À 19 h 30, re-salut à la « Bandera » et puis c’est la re-soupe. Et, à la chaleur de la journée, succède le froid de la nuit. C’est alors que tous les soirs s’engagent les batailles contre les punaises qui tombent des charpentes.
Un véritable tourment, rajouté aux cris de « Alerta .. Alerta » poussés, par les gardes qui, toutes les heures, se répondent les uns aux autres, de poste en poste !
Les latrines : la Mirandite et ses dysenteries aidant, elles sont d’une puanteur pestilentielle, écoeurante. Elles n’ont qu’une seule entrée, tout y est liquide et chacun se soulage où il peut devant tout le monde, triste spectacle !!

Influence allemande (1941-1944)

Image 4(17)Suite à la visite d’Himmler en Espagne en 1940, la Gestapo prend une place importante au camp de Miranda, dirigé pendant un temps, par un nazi notoire, Paul Winzer. Chargé en particulier de la traque d’espions alliés, il s’aligne au cours des ans, sur Franco qui, au vu de la tournure des événements, prend ses distances par rapport à l’Allemagne et à l’Italie.
Heinrich Luitpold Himmler est l'un des plus hauts dignitaires du Troisième Reich. né le 7 octobre 1900 à Munich, il se suicide le 23 mai 1945 à Lunebourg, Ministre de l'Intérieur, en novembre 1943, il fait régner la terreur sur toute l'Europe occupée et devient le principal fourvoyeur des camps de la mort. Responsable de la mise
en application de la « solution finale de la question juive européenne »., il attache son nom à la Gestapo et aux camps de la mort.

La délivrance :

Le 26 novembre 1943, fin du cauchemar, vêtus n’importe comment, nos Image 5(11)évadés sont entassés dans un train pour la « carcel modela » à Madrid, la prison modèle qui n’a de modèle que le nom. Qu’importe la délivrance est proche, ils sont ensuite parqués à 1500 dans les arènes près du port de Malaga, avant d’être embarqués sur deux navires, le 29 du même mois. Léopold se retrouve à bord du Sidi Brahim en partence pour Casablanca où il arrive le 1er décembre. C’est la première fois qu’il met les pieds sur un bateau. Il ne se doute pas que bientôt, il va se retrouver en plein océan Atlantique, à bord d’un chasseur de sous-marin. Il se doute, encore, que les 20.000 prisonniers des prisons espagnoles avaient été échangés entre Franco et les Américains, contre 500.000 tonnes de phosphate, ce qui revient à dire que chacun des hommes, Léopold y compris, a été échangé contre 25 tonnes de phosphate…

De Giraud à De Gaulle

Image 6(8)

Fin 43 les Américains soutiennent le général Giraud contre De Gaulle, c’est une bataille larvée dont De Gaulle sortira vainqueur. Léopold n’a que faire de ces luttes, il veut se battre contre les Allemands … ses demandes pour la 2ème DB, puis pour la coloniale n’ayant pas abouties il s’engage dans la marine et il est affecté à l’Atlantique Nord. C’est à cette époque qu’il se retrouve en Algérie et que sous les ordres de Giraud, qui a succédé à Darlan, il est amené à garder, le tombeau de l’amiral. Ex vice-président du conseil, ex ministre de l’Intérieur et des Affaires Etrangères de Pétain, Darlan est nommé, en novembre 1942, Haut- commissaire de l’Algérie. Il a les
faveurs des Américains mais, considéré comme traître, il est abattu par un jeune patriote de 20 ans, Fernand Bonnier de La Chapelle, né à Alger et fusillé dans cette même ville.

A suivre : dans l’Atlantique, avec De Gaulle et retour à Agde.
Le président des AMIS D’AGDE Jules Cruells Capèce Minutolo

Photos :

Le camp de Miranda – La soupe – Himmler – Le Sidi Brahim – Le général Giraud
AMICALE Gaulliste d’Occitanie chez Jules Cruells Capèce Minutolo, 53 bis rue Sadi Carnot 34300 AGDE 04.67.94.00.10. courriel :. Michelangeagde@gmail.com

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