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AGDE - LA GESTION MUNICIPALE AU SCANNER par Henri COUQUET

Le budget municipal prévisionnel 2012 est mauvais. Il est mauvais pour la ville d’Agde, il est mauvais pour les agathois et, pire encore, il est mauvais pour leurs enfants. Ce n’est pas dans sa forme qu’il est mauvais, puisque les services ont fait de leur mieux afin qu’il soit présentable. Ce sont les décisions et […]


Le budget municipal prévisionnel 2012 est mauvais.
Il est mauvais pour la ville d’Agde, il est mauvais pour les agathois et, pire encore, il est mauvais pour leurs enfants.
Ce n’est pas dans sa forme qu’il est mauvais, puisque les services ont fait de leur mieux afin qu’il soit présentable. Ce sont les décisions et les choix de gestion qui le sous-tendent qui sont mauvais. Ceux-ci vont a contrario des besoins de la population. Ils vont aussi à contresens des réalités économiques actuelles. Ils dérapent dans une fuite en avant qu’aujourd’hui tous les responsables essaient de stopper dans leurs propres collectivités.
C’est celle des dépenses exagérées. C’est celle de l’endettement.

Ce budget primitif est mauvais car, malgré la forte pression fiscale sur le contribuable et toutes les nouvelles taxes mises en place depuis 2009, l’épargne de fonctionnement qui doit obligatoirement se dégager pour financer les dépenses d’investissement n’a pas du tout progressé. Ainsi, les 3,2 millions d’euros de virement ne couvrent pas les 5,4 millions d’euros d’échéance de remboursement du capital de la dette en 2012. Cela signifie très clairement qu’une fois encore, la ville d’Agde dépense plus qu’elle ne perçoit.
Et cela dure depuis 2009. Et pourtant les impôts et taxes rentrent de manière très conséquente. Presque 45 millions d’euros, ce qui représente 70% de ses recettes de fonctionnement. C’est un prélèvement sur la population nettement au-dessus des villes comparables.

Ces nouvelles recettes municipales ont donc été rapidement annihilées. Par quoi ? Par les dépenses qui ont continué à courir. Par exemple pour 2012, la dépense pour les fêtes, cérémonies et réceptions approchera les 600 000  €.
Par les temps qui courent, il y a peut-être mieux à faire. Nos responsables municipaux persistent donc dans cette politique de gestion, qui n’est déjà habituellement pas bonne, et que tout le monde essaie actuellement de corriger, avec beaucoup de mal d’ailleurs.


Les autorisations de programmes s’accumulent sans véritable cadrage.
Nous avons déjà plus de 40 millions d’euros de crédits de paiements engagés pour les années à venir. Notre maire essaie de justifier ces dépenses d’investissement en soutenant qu’elles génèrent des retombées économiques. Ce n’est pas évident du tout.
Par exemple, dans le secteur touristique qui est notre principal vecteur économique, contre toute attente, nous constatons que le produit de la taxe de séjour a baissé de plus de 5% en 2011. Et il est prévu de même au budget 2012. C’est surprenant, mais c’est un fait. Et qu’on ne vienne pas nous expliquer que c’est un bon signe !


Dans ces conditions, pour faire encore illusion, il faut de grandes opérations de communication
. Les gens ont pu assister à cela récemment. Ils n’ont pas besoin d’explications pour en comprendre le but publicitaire. Je ne pense pas que ça les amuse longtemps. Et cela d’autant plus que les opérations programmées ont bien du mal à sortir. Nous attaquons la 5ème année de mandat et aucun projet municipal n’est vraiment sorti (le centre aquatique étant une réalisation de la CAHM lancée en 2003). D’ailleurs certains programmes sont soldés sans être vraiment finalisés, comme le complexe sportif des Champs Blancs sans véritables tribunes pour le stade de rugby, ou les pontons du Grau dont la 2ème partie ne voit pas le jour.

Quant à la dette, même si nous nous en tenons aux annonces officielles faites lors du dernier conseil municipal, la dette fin 2012 atteindrait les 60 millions d’euros. Bien entendu, c’est sans tenir compte des 5,4 millions d’euros encore dus à la CAHM pour le centre aquatique. La dette monte alors à 65,5 millions d’euros, plus de 2 millions au-dessus du niveau de 2001. Voilà le cadeau qui sera laissé aux agathois, et même à leurs enfants, car une dette il faut la rembourser sur le long terme. Beaucoup de responsables viennent de découvrir ça récemment. Pas en mairie d’Agde apparemment.

Ce ne sont pas les seuls artifices qui permettent de boucler ce budget primitif, dans sa forme. Il y en a deux autres, tout aussi importants. L’un d’eux est le recours à des budgets annexes, de véritables écrans financiers. En effet, ces budgets annexes ont la capacité de s’endetter sans que cela apparaisse dans le budget principal de la ville.
Et pourtant, ces budgets doivent être soldés un jour. La dette de l’ensemble de ces budgets annexes s’élève à 22,4 millions d’euros aujourd’hui.
Ce n’est pas rien, et cela ne peut que s’accroître avec le nouveau budget annexe de l’Ile des Loisirs qui va maintenant se développer.

Et pour finir, je dois rappeler un autre artifice que je trouve gravissime car il impacte particulièrement les générations nouvelles. La mairie est en train de brader le patrimoine municipal. Plus de 4 millions d’euros de produits de cessions immobilières étaient attendus dans le budget 2011.
Ce sont plus de 5 millions d’euros en 2012. Vendre son patrimoine pour combler les trous n’a jamais été un bon plan. En général, c’est l’ultime recours !

Après tout ça, que va-t-il rester à la population, et à nos jeunes en particulier ? Des impôts d’un niveau élevé.
Des dettes qu’il faudra bien solder. Un patrimoine municipal sérieusement entamé. On peut dire que si la population éprouve le besoin de remercier les responsables municipaux, ce ne sera surement pas de la manière qu’ils souhaitent !

Henri COUQUET, conseiller municipal indépendant, « Agde Pays d’Agde »

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