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AGDE - Le conseil d’administration du lycée Loubatières soutient les motifs de grève des élèves

Les élus des enseignants au conseil d’administration du lycée Auguste Loubatières communique Les raisons ne…

Les élus des enseignants au conseil d’administration du lycée Auguste Loubatières communique

 

Les raisons ne manquent pas pour que les lycéen.e.s se mobilisent contre les nouveaux coups qui leur sont portés depuis la rentrée 2018. Hier, mardi 4 décembre, les élèves du lycée Auguste Loubatières ont eux aussi exprimé leurs revendications dès 8 heures, par un barrage filtrant à l’entrée du lycée, une manifestation improvisée, interpellant les passants et les automobilistes. Ils s’opposent entre autres à la réforme du lycée et du bac, au maintien de ParcourSup et à la création du Service national universel. Plus généralement, ils s’opposent à une politique gouvernementale visant à dégrader leurs conditions de travail : manque de moyens, suppression de postes d’enseignant, classes surchargées, fin des classes dédoublées, compétition accrue entre les lycéens et entre les lycées.

Notre analyse sur ces réformes scolaires va dans le même sens. Depuis l’année dernière, les enseignants, par la voix de leurs représentants ont déjà dit dans toutes les instances représentatives régionales et nationales qu’il fallait revoir une copie, très mauvaise parce qu’injuste. Le ministre malgré sa position très minoritaire a refusé de la corriger. Aujourd’hui ce sont les jeunes qui sont dans la rue. Leur colère est légitime, nous soutenons leur action car :

  • La réforme du baccalauréat au nom d’un « parcours personnalisé » va mettre en œuvre une sélection précoce en classe de seconde.
  • Les heures d’enseignements proposés vont diminuer, les classes vont être encore plus surchargées
  • Dans les lycées professionnels, l’enseignement général en particulier le français est sacrifié, et l’apprentissage largement confié aux entreprises devient le modèle dominant de l’enseignement professionnel.

 

 

Une grève suivie le 12 novembre

Avec plus de 50% de grévistes, loin des 11% affichés par le ministère de l'Education nationale et des mobilisations habituelles du lycée, les personnels du lycée Auguste Loubatières d’Agde ont dit clairement le lundi 12 novembre 2018 que la politique éducative du gouvernement ne convient pas malgré tous les efforts de communication de son ministre. Ils l’ont redit lors de nouvelles réunions tenues dans l’établissement.

Cette réforme du bac cache une réforme du lycée qui contribue encore un peu plus à détruire l’Education nationale, service public ambitieux qui est seul à même de réduire les inégalités sociales et spatiales.

Elle ne convient pas parce qu’elle est précipitée. Les élèves de seconde et de première ne savent pas aujourd’hui ce qu’ils apprendront et les professeurs ce qu’ils enseigneront à la rentrée 2019.  Les élèves de Seconde de cette année suivent les programmes de 2010 mais en Première, ils inaugureront ceux de 2018 alors qu’il n’existe aucune cohérence entre les deux. Les épreuves du baccalauréat qu’ils devront commencer à passer l’année prochaine ne sont pas définies tandis que s’annonce une épreuve mystérieuse « Grand oral » dont la préparation n’est pas prévue.

Dans ce bac, il est prévu 40% d’évaluation locale. Cela en est donc fini d’un diplôme national. L’après baccalauréat dépendra de la réputation du lycée. L’offre faite aux élèves se réduit  en heures d’enseignement et d’acquisition de savoirs mais se complexifie dans l’organisation de la scolarité. La quinzaine d’épreuves du bac prévues seront réparties sur cinq trimestres de Première et de Terminale. Ce cycle terminal serait donc perturbé régulièrement.

Cette réforme ne convient pas parce qu’elle manque singulièrement d’ambition pour la jeunesse. Elle obéit avant tout à une logique comptable dont les élèves sont les premières victimes ; augmentation des effectifs dans des classes déjà surchargées, impossibilité de dédoublement (pas de travail pratique en labo, pas d’activité informatique), dégradation des conditions d’embauche pour des enseignants et des accompagnants d'élèves en situation de handicap contractuels non fonctionnaires toujours plus nombreux, dégradation du statut des enseignants, dégradation immédiate du lycée public. C’est l’inverse que nous voulons pour notre société. La voie professionnelle est sacrifiée au profit de l’ »employabilité »

Cette réforme ne convient pas parce qu’elle est injuste. Par le choix réduit de spécialités, elle obligera les établissements à la concurrence, au nom d’un « parcours personnalisé de formation » elle obligera l’élève à des renoncements dès la classe de seconde. Elle va donc accroitre les inégalités territoriales et sociales. Il n’y a qu’un lycée à Agde. Celui de tous. Il rassemble près de mille cinq-cents personnes cinq jours sur sept et montre chaque année à l’échelle nationale, sa qualité au travers de résultats du bac remarquables. Nous ne voulons pas qu’il soit fragilisé par cette réforme. Nous ne voulons pas d’un sous-lycée installé à la périphérie des métropoles.

 

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