André Deljarry, CCI Hérault : "Créer une Destination Economique Hérault" (interview intégrale)

L'intégralité de l'interview d'André Deljarry, président de la nouvelle CCI de l'Hérault. La suite de l'article "CCI de l’Hérault, André Deljarry : « Simplifier, rationaliser, gagner en proximité…" est à découvrir dans votre Espace Abonné. André Deljarry répond aux questions sur la Montpellier Business School, sur la Destination Economique Hérault, le Village automobile à Montpellier, sur la nécessaire implication de l'ensemble des acteurs pour optimiser le développement économique sur le territoire, et il aborde la place de la CCI de l'Hérault au sein de la CCI Occitanie.

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Vous avez évoqué une nouvelle « Destination Economique Hérault »…

“Ce département connaît une réelle dynamique. Les 80 élus, plus les membres associés et conseillers techniques, plus les ambassadeurs, cela constitue à peu près une force de 1000 chefs d’entreprise qui vont s’impliquer dans la vie de la CCI de l’Hérault. Et au travers des “groupes projets” déjà cités, nous allons mettre en place une vraie politique active et collective pour l’économie du territoire de l’Hérault. Nous aurons les retours de ces travaux entre le mois de juin et la conférence de presse de septembre 2017, pour établir notre feuille de route et notre stratégie ; le plan sera préparé pour les cinq années à venir. Je rappelle que nous avons mis en place avec Alain Di Crescendo, président de l’ex-CCI de Toulouse, aujourd’hui président de la CCI région Occitanie, le Club des Entrepreneurs Pyrénées-Méditerranée. Avec la grande région, il est clair que certains chefs d’entreprise de Toulouse vont s’installer à Montpellier et inversement. Il faut faire du buzz. C’est aussi l’objet du cluster d’enseignes que l’on met en place.”

L’implication doit être collective, et le sera-t-elle ?

“Le temps du chacun pour soi est révolu. Aujourd’hui, l’action économique qui réussit c’est celle qui fédère, qui est menée ensemble par les forces actives du territoire. Avec trois grands piliers : l’ensemble des acteurs impliqués dans l’action consulaire, plus de 1000 personnes, je viens de le dire, les élus des collectivités – 343 maires plus la totalité des intercommunalités et la métropole – et enfin l’Etat, avec qui l’on travaille entre autres pour revitaliser les centres-bourgs et remettre du commerce dans les centres-villes. Je veux bien insister sur le fait que la CCI est là pour aider tous les maires à redynamiser tous les centres-villes, dans tout l’Hérault. C’est l’objet des contrats de ruralité mis en place par le gouvernement ; nous sommes accompagnateurs de cette action. Je pense notamment au dispositif mis en place avec La Poste. On en reparlera bientôt avec une conférence de presse dédiée. Il y a beaucoup de volonté et d’idées pour la redynamisation des bourgs et des territoires. Pour la ville aussi. Par exemple la livraison des colis la nuit par tramway : le tram-colis. Pourquoi pas ? Autre exemple, le travail réalisé avec La Grande-Motte et le Pays de l’Or. Stephan Rossignol souhaitait créer 40 000 m2 près de l’aéroport de Montpellier. Nous avons travaillé ensemble, réfléchi… Nous avons finalement abouti à une ZEN – Zone d’économie nautique. 10 à 15 entreprises veulent s’inscrire dans ce projet. C’est ce que l’on a également fait avec les plages privées. Une approche thématique et globale pour un secteur d’activité qu’il faut fédérer. C’est une vision que nous allons étendre à Sète et Béziers. La CCI est là pour éclairer et mettre en lumière. Elle est force de propositions. Après, les collectivités et l’Etat décident d’investir ou pas. C’est dans l’Hérault qu’à mon sens, cette action liée marche le mieux en France. 30 % des jeunes de l’Occitanie formés en CFA le sont dans l’Hérault. Il y a aussi moins de casse dans les entreprises grâce au CIP, au centre de médiation des entreprises mis en place par la CCI à Montpellier, et que nous allons étendre à Sète et à Béziers. C’est une dynamique propre à l’Hérault, assez unique en France.”

Quelle est la place de la CCI de l’Hérault au sein de la CCI Occitanie ?

“Alain Di Crescenzo a choisi que je sois le 1er vice-président de la CCI d’Occitanie. Dans ce territoire économique, il y a d’abord les deux métropoles, Montpellier et Toulouse, qui sont, à mon sens, les deux poumons économiques de la région. Elles irriguent l’ensemble du territoire régional. Après, il y a l’organisation fédérale des chambres consulaires. Chaque chambre départementale dispose de son budget. Elle gère ses opérations pour le département, sous l’égide de la CCI de région. J’estime que l’administratif doit être orchestré au niveau régional. L’objectif est d’apporter les bonnes idées et les bonnes dynamiques du département par un système fédéral régional. De croiser et de mutualiser les actions réussies, pour rationaliser l’ensemble de nos services. Il s’agit d’une action régionalisée dont l’autonomie et le risque financier restent départementaux, comme pour les CFA. C’est une bonne responsabilisation et une bonne façon de fonctionner. Il faut rationaliser tout en gardant l’activité départementale, qui est la proximité du service apporté. L’intérêt de la CCI Occitanie est que nous pouvons dialoguer avec Carole Delga sur de grands projets structurants. Il faut conserver aussi la dynamique du triangle économique Narbonne-Carcassonne-Béziers. Je rappelle qu’avec 3000 à 4000 créations d’entreprises chaque année, l’Hérault a le plus grand nombre d’entreprises de la région, soit 60 500 entreprises. Même si ce sont majoritairement des TPE, là où il y a le plus grand nombre, il y a plus de services à apporter. La tâche n’est pas simple, mais la nouvelle organisation va contribuer à une meilleure diffusion du service consulaire.”

Quels sont les grands projets ?

“Nous venons de voir Béziers. Sur Sète, il y a le port et l’arrivée de Jean-Claude Gayssot. Il faut nouer des partenariats pour que les 100 000 croisiéristes qui passent chaque année par l’Ile Singulière n’aient pas pour seule excursion touristique le pont du Gard, mais une destination Hérault, et pourquoi pas, la route des vins, des métiers d’art et du patrimoine. Il faut faire de l’économie dans l’économie, parce que la finalité c’est l’emploi. Sur Montpellier, le grand projet concerne le futur site de la Business School. Je dois avoir un déjeuner de travail en mars avec Philippe Saurel pour lui présenter le projet, comme on va le présenter à la présidente de Région Carole Delga. Il faut être clair : maintenant, il faut que l’on avance sur ce projet ! Quand on dispose d’une opération qui apporte 200 millions d’euros de retombées économiques, tout le monde doit être derrière. Je souhaite que fin mars, on puisse avoir un engagement clair de la Région et de la Métropole de Montpellier. Nous savons que la CCI devra apporter, hors aides des collectivités, entre 40 % et 50 % d’un investissement chiffré à 120 millions d’euros. La Caisse des Dépôts a fait savoir qu’elle était très sensible à ce dossier et qu’elle voulait y participer. Nous savons que l’implantation se fera à La Mogère, mais j’aimerais connaître assez rapidement les dates de réalisation des infrastructures annoncées : pont, extension du tramway… Je veux que l’on m’éclaire. Je veux savoir. Il y a trente ans, quand Sup de Co a été créée à Alco, c’était sur un territoire vierge, loin de Montpellier et un peu perdu. Le nouveau projet s’inscrit pour les quarante à cinquante prochaines années. Il s’inscrit dans le temps. Mais pour décider, il faut avoir une vision précise des aménagements qui seront portés pour assurer son succès.”

Quels sont les contours de ce projet ?

“Cette opération porte sur 30 000 m² de construction, avec un nouveau CFA de 6000 m², la Business School sur 20000 m² et 4000 m² dédiés aux services généraux de la Chambre et son antenne consulaire régionale. Nous mutualiserons l’utilisation des équipements entre les deux chambres de l’Hérault et de l’Occitanie, comme les amphithéâtres par exemple. L’objectif est d’être avant-gardistes sur cette opération particulièrement attractive pour Montpellier, l’Hérault et l’Occitanie. L’objectif est aussi de ne pas partir de Montpellier.”

Il y a aussi le “village automobile”…

“Nous allons également reparler avec Philippe Saurel du “village automobile”. Si ce n’est plus d’actualité, ce n’est pas grave. Je rappelle que ce projet avait été lancé à l’initiative de l’ancien maire Hélène Mandroux, qui souhaitait reconfigurer le quartier de la Restanque et « sortir » les concessions automobiles de ce nouvel espace résidentiel pour en faire une vitrine via un “village de l’automobile”. La CCI est là pour impulser, mais pas pour pousser des dossiers qui n’auraient pas d’existence dans le temps. L’objectif de cette mandature est de faire avancer les dossiers dont nous aurons la maîtrise et la certitude d’un aboutissement. A l’exemple de la Fête des Lumières. Ça a « matché » très vite et ça fonctionne très bien.”

Propos recueillis le 31 janvier 2017 par Daniel CROCI

ICI : Lire la première partie de l’Interview

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