Armel Le Cléac’h, prochain vainqueur de la Route du Rhum ?

Reportage

A bord de son maxi-trimaran Maxi XI sponsorisé par la Banque Populaire, amarré quai d’Alger à Sète, le skipper Armel Le Cléac’h avait fière allure, le vendredi 25 juin dernier. Il a fait visiter à la presse son nouveau bijou, un maxi-trimaran équipé du dernier cri de la technologie, et raconté en détail son entraînement et sa vie en mer

Des caractéristiques techniques impressionnantes

C’est un skipper bien dans ses baskets et confiant qui a présenté à la presse son nouveau maxi-trimaran, le Maxi XI. Armel Le Cléac’h s’est dit fier de “son” véritable bolide des mers long de 32 mètres, large de 23 mètres, d’un coût de 12 millions d’euros financé par la Banque Populaire. A l’eau depuis seulement un mois et demi, sa construction a nécessité 150 000 heures de travail et mobilisé 150 entreprises françaises du grand Ouest. Son mât fait 38 mètres de haut. Le Maxi XI pèse 16 tonnes et est composé à 95 % de carbone. Equipé de la technologie foil, il peut littéralement voler au-dessus de la mer lors de ses accélérations et atteindre une vitesse maximale de 50 nœuds, soit 92,6 km/h. Sa vitesse moyenne est de 35 à 40 nœuds.

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© Daniel Croci.

Le Maxi XI est entretenu et amélioré par une équipe de 15 personnes dédiées : techniciens, électronicien, mécaniciens, mais aussi spécialistes du composite, de l’accastillage et du gréement, ainsi que 4 ingénieurs focalisés sur le développement du bateau.

Pour quelles courses ?

Conçu aussi bien pour les courses en solitaire que pour les courses en équipage (maximum 6 personnes), le Maxi XI participera à sa première transat Jacques-Vabre avec à son bord Armel Le Cléac’h et Kevin Escoffier. Le top départ sera donné le 7 novembre 2021 à 13h15. Cette épreuve en double reliera Le Havre à la baie de Fort-de-France. Le skipper participera également au tour du monde en solitaire au départ de Brest en 2023. « C’est le Vendée Globe puissance 10 », selon lui.

Mais le véritable objectif d’Armel Le Cléac’h est bien novembre 2022 et la fameuse Route du Rhum, course en solitaire qui reliera Saint-Malo à Pointe-à-Pitre. Il faut dire que l’avarie connue par son précédent bateau, qui l’avait obligé à abandonner lors de la Route du Rhum 2018, lui donne des envies de revanche. D’autant que « le Maxi XI est conçu pour battre des records », assure-t-il.

Un Maxi XI ultra rapide et sûr

Depuis, le nouveau modèle a gagné en sécurité grâce à une double structure du bras, et à l’ajout de fibre optique, qui permet de recevoir une alerte si le bateau est trop sollicité ou endommagé. Ses performances et sa fiabilité sont accrues par le doublement de taille des foils par rapport à son bateau précédent. L’aérodynamisme a également été revu à la hausse par un travail sur l’écoulement de l’air et le carénage de l’étrave, ce qui permet de gagner quelques dixièmes de nœuds de vitesse, selon Armel Le Cléac’h. Enfin, l’ergonomie de la zone de pilotage a été accentuée.

Le maxi-trimaran est bardé de capteurs et équipé d’un simulateur qui a permis de préparer la mise à l’eau du Maxi XI. Ce simulateur a permis de tester virtuellement le Maxi XI pendant un an et demi, parallèlement à sa construction, à différentes forces de vent, avec de vagues plus ou moins grandes, à diverses vitesses. Une façon d’optimiser le temps de réglage après la mise à l’eau réelle.

La vie quotidienne d’un skipper à terre…

Lorsqu’il est à terre, Armel Le Cléac’h fréquente un centre d’entraînement à Port La Forêt. Il travaille sur des bulletins météo, se fait conseiller sur son alimentation, son sommeil, apprend des gestes médicaux… Il fait également des exercices préconisés par un préparateur physique. Ainsi, il s’entraîne à tourner des manivelles pendant des heures pour avoir assez de force et d’endurance le moment venu, lorsqu’il participera à une course. Car tourner des manivelles occupe une place centrale dans son travail de skipper. Il fait également du renforcement musculaire, du gainage, de la cardio, du vélo, de la course à pied, de la ­natation…

Côté préparation mentale, il n’a pas été convaincu par son expérience avec un coach, et dit se sentir bien dès lors qu’il ressent une cohésion dans son équipe pendant la mise en place du bateau. « Ça me met en condition », explique-t-il. Il ajoute : « Je me suis mis au golf il y a quelques années. Cela m’apporte de la concentration et m’habitue à réfléchir au coup d’après. Dans une course en solitaire, il faut être bon un peu partout, car chaque détail compte ». Comme tout athlète de haut niveau, il veille à faire de bonnes nuits et à avoir une hygiène de vie saine.

Et en mer

En compétition, Armel Le Cléac’h estime qu’il passera 95 % de son temps dans la zone de pilotage et la zone de vie. Les cinq autres pourcents du temps, il effectuera des manœuvres à l’extérieur, à vitesse réduite, harnaché aux lignes de vie (des cordages) pour éviter d’être éjecté du maxi-trimaran.

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© Virginie Moreau.

La zone de vie, très restreinte en superficie, est composée d’écrans et d’un siège moulé sur le gabarit du skipper (photo ci-dessus). Une fois basculé, ce siège lui sert de lit sommaire. Cette zone de vie permet au skipper d’être en lien avec une cellule météo qui lui communique les trajets optimaux en fonction des conditions météorologiques. Deux antennes satellites ­Irridium assurent la connexion Internet pour l’envoi de photos et de vidéos à terre. Pour communiquer, il utilise les messageries de type WhatsApp et Telegram.

Dans la coque, une zone de repos sert à entreposer des vivres, des outils, une pharmacie complète, un équipement de sécurité (balise de détresse, fumigènes, téléphone satellite…) et deux petits radeaux de survie. Il peut également abriter trois personnes s’il y a un équipage.

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© Virginie Moreau.

Pour s’alimenter, Armel Le Cléac’h dispose d’un petit réchaud sur lequel il réchauffe des plats sous vide ou lyophilisés. Un désalinisateur lui permet de boire de l’eau de mer dessalée.

La gestion du sommeil est primordiale pour tout skipper qui participe à une course. Il lui arrive de ne dormir que six heures par vingt-quatre heures lors des courses rapides. Le sommeil est fractionné par tranches de 15, 20 ou 45 minutes.

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© Virginie Moreau.

« A chaque course, je cherche à gravir une montagne toujours plus haute », indique Armel Le Cléac’h. Et en cas de doute, il serre contre lui la peluche porte-bonheur offerte par ses enfants et retrouve le moral. Il peut aussi compter sur un autre porte-bonheur : un louis d’or serti sous le mât du Maxi XI lors de sa construction, conformément à la tradition…

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La Team Voile aux JO de Paris 2024

Armel Le Cléac’h a également voulu présenter à la presse la Team Voile Banque Populaire. Il est en effet le parrain depuis trois ans de 6 jeunes prodiges à très fort potentiel, tous adeptes de voile (kite foil, wind foil…), susceptibles de concourir aux Jeux Olympiques de Paris 2024 : Mathilde et Noé Garandeau, Anthony Picard (tous trois sur la photo), Margaux Billy, Marion Mortefon et Noémie Payet. La compétition se déroulera à Marseille. Ces jeunes athlètes bénéficient du soutien financier de la Banque Populaire et de l’appui technique de Ronan Luca (directeur ­technique de la Team Voile Banque Populaire) et de son équipe.

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