AUCUNE MALICE AU PAYS DES MERVEILLES ! Compte rendu de Conseil Municipal par Antoine ALLEMAND

Centre aquatique, ça baigne Pour répondre à la question orale posée par Florence Denestebe…

Centre aquatique, ça baigne

Pour répondre à la question orale posée par Florence Denestebe et concernant le centre aquatique, c’est André Tobéna, chargé des sports qui s’y colle :
En ce qui concerne les coûts d’investissement, ils ont toujours été maîtrisés et continueront à l’être; ce n’est pas un petit doublement du budget prévisionnel, voire plus, qui va entamer notre moral.
En ce qui concerne la partie balnéothérapie du complexe, changement du fusil d’épaule : Finie la concession à un exploitant privé. Neuf groupes auraient répondu aux consultations entreprises sans appel d’offre, aucun ne se serait révélé « pertinent ».
Le « conseil de gestion » ( ?) a donc décidé que cette activité serait gérée en régie municipale directe. On recherche désormais un « spa manager » (c’est beau n’est-spa ?) et une équipe de dix personnes; l’appel à candidature lancé a été entendu par 45 prétendants au titre.
Au total, ce seront donc 25 agents qui, au début, feront tourner le centre et 30 ensuite.
Pour ce qui est des frais de fonctionnement, les chiffres sont « en cours de finalisation »…
Comme quoi, le projet a été bien pensé dès l’origine : on hésite encore entre brasse coulée et grand plongeon.

L’archipel du néant m’émerveille

Gilles d’Ettore annonce qu’il va donner la parole à Sébastien Frey pour présenter le Projet d’Aménagement et de Développement Durable qui doit être soumis à l’Etat et qui engagera la ville pour les 15 années à venir. Afin que « le débat puisse s’ouvrir », il octroie une demi-heure à son adjoint pour présenter de façon synthétique le document « préparé par la commission d’aménagement du territoire ».
Il insiste sur les difficultés d’élaboration de ce PADD liées aux contraintes propres à la commune : Loi littorale (tiens, ça existe encore), PRI…etc…etc…
« Après cette présentation, on va rentrer dans le dur » qu’il a dit, à moins que ce ne soit « dans le mur », je ne sais plus très bien, mais peu importe.

Et voilà Frey parti pour une demi-heure :
D’abord l’historique : un «cadre général tel que défini il y a déjà 11 ans…2009, phase de diagnostic »…5 novembre, présentation des conclusions du « rapport du cabinet », « sans que ce soit une obligation » tient-il à préciser…Année 2010, mise en forme du PADD. 

Le projet lui-même qui a fait l’objet de « 14 réunions avec débats » est axé autour de 5 objectifs :

1-      Affirmer le rayonnement d’Agde au cœur d’un territoire élargi
2-      Valoriser le patrimoine
3-      S’inquiéter du logement et des équipements commerciaux
4-      Favoriser le développement économique
5-      Développer une nouvelle économie du tourisme

Objectif 1 :
      Une cité « à taille humaine » qui doit rayonner au-delà de ses frontières;

       Agde destination privilégiée avec l’aéroport, ses axes routiers et autoroutiers, la    gare SNCF

        Port du Cap en synergie avec le Canal du Midi

        Renforcement de la fonction administrative : « cité administrative » autour de l’hôtel de ville avec CCAS, pôle emploi, police, bâtiments communautaires; pôle sanitaire (hôpital, maisons de retraite) ; pôle d’enseignement et recherche (collèges, lycée, formations au tourisme et à l’archéologie sous-marine)

         Nouveaux (?) lieux de politique culturelle (musée d’archéologie, salle de spectacle, château Laurens, ancien cinéma Richelieu)

Objectif 2 :
     Maintenir une « trame verte » pour « bloquer » l’extension urbaine « néfaste » : Mont St Loup, colline St Martin, Bagnas, Verdisses « garantir le respect du milieu et lutter contre l’installation des gens du voyage ».
« Une trame bleue » à préserver et valoriser (port sur le canal, diversification du port du Cap, protection du littoral)
« Une trame agricole » (autoriser les exploitations existantes à se diversifier vers le tourisme à condition que l’activité première reste prépondérante), préservation du paysage
« Une trame urbaine » (conserver la spécificité de chacun des pôles de « l’archipel »)

 Objectif 3 :
« Une recomposition urbaine » primant sur l’extension, le qualitatif plutôt que le quantitatif.
Croissance démographique = Construction de 2 500 logements (2 occupants par  logement) soit 3000 personnes sur Agde centre, 1600 sur le Cap (essentiellement Malfato) et 400 entre le Grau et la Tamarissière.
Après les Cayrets et le Capiscol, un seul projet d’envergure : Malfato avec 750 logements
« Reconstruire la ville sur la ville » pour renforcer la fréquentation du cœur de ville.

20 % de logements locatifs sociaux
Programmes adaptés aux personnes âgées, handicapés et jeunes ménages
Traiter en priorité le quartier de la gare, l’île des Loisirs, Malfato et les Champs Blancs
Calibrer et requalifier la route de Rochelongue
Plateformes multimodales au Grau, au Cap et à la gare et recherche de « parkings relais ».

 Objectif 4 :
        Trouver un équilibre entre la fonction résidentielle et la fonction économique avec une offre foncière adaptée pour le site de la Méditerranéenne (quartier de la gare) et la ZAC des 7 fonts (extension au-delà de la voie ferrée) ; offre commerciale de proximité à Malfato, extension de la criée du Grau.

 Objectif 5 :
         Renforcer l’attractivité en « inventant une nouvelle économie du tourisme » : 3 sites à réaménager (Ile des Loisirs, Centre Port, village naturiste), extension du golf, aménagement des Champs Blancs, création du port fluvial, un soin particulier sera apporté aux berges de l’Hérault, la « haute qualité environnementale » étant une « exigence de la municipalité »

Gilles d’Ettore ouvre le débat : « Nous attendons vos réactions. »

Nathalie Dubois : « La concertation ? Des apéros…C’est Alice au pays des merveilles… Objectivement comment croire à ces bonnes paroles ? …Seulement 5,5 % de logements sociaux…27 % de la population active au chômage…Vous avez 3 ans devant vous, nous avons choisi la vigilance. »

Serge Jené : Les termes employés dans « ce document de travail » sentent  l’élaboration par « un cabinet de communication ». Il serait bon « d’impulser une accélération du rythme de croissance de l’emploi »… Votre objectif 2 présente « une multitude  de trames ; c’est sûr, il se trame quelque chose »… « Vous parlez de reconstruire la ville sur la ville » pour favoriser la mixité sociale, « il suffit de voir votre action sur le cœur de ville depuis 10 ans…Il y avait 2684 chômeurs en 2009, 3206 en 2010…Nous devons tous nous remettre en question ».

Réponse de Frey, devenu expert en sémantique: «  Tout d’abord, il n’y a pas de cabinet de communication, seulement un bureau d’études spécialisé sur l’urbanisme. La terminologie employée est celle d’un bureau d’études et pas celle d’un cabinet de communication. » (Un cabinet d’études donc…La précision méritait d’être apportée, cela change tout au projet). « Vous dites que la communication n’a pas eu lieu ? … On est allé au-delà des exigences imposées (14 réunions de quartiers plus une exposition itinérante) ». « Ce n’est pas, selon moi, la façon d’aborder le débat. Ce soir, ce projet vous est présenté pour que nous en prenions acte, pour que nous en débattions, il faut que vous en preniez acte comme nous ».

Effectivement, si débattre consiste à prendre acte, la concertation a due être menée tambour battant par le PPDA du PADD ; manque plus que l’interview de Fidel Castro.

Avec d’Ettore le « débat » va atteindre les sommets. Ainsi s’interdisant d’être « au pays des merveilles »,  il reproche à Nathalie Dubois d’être « au pays du néant » (dont il est le maire soit dit en passant)

« Il est difficile de faire 20% de logements sociaux ; je me bats contre cette espèce de généralité à l’Assemblée…On n’a personne à Agde qui dorme sous les ponts…Je préfère le Jené de droite que le Jené de gauche…On n’est pas parfait, on a commis des erreurs (les actes de contrition, c’est nouveau, mais ça vient de haut), de grâce faites nous des propositions ; à  nous taper dessus vous allez finir par être inaudibles. »

Nathalie Dubois : « On vous fera des propositions alternatives. Si je vis dans le pays du néant, Agde vit dans la réalité de 27% de chômeurs…On a besoin de logements sociaux. »

 Frey, nouveau expert comptable : Pendant les 15 ans à venir, pour atteindre les 20% de logements sociaux « il faudrait en faire 107 pour 100 logements construits. »

D’Ettore : « Agde est la ville qui paye le plus d’ISF, donc si il y avait des chômeurs on le saurait…Il n’y a pas plus de misère qu’ailleurs… La société sur cette cité se porte plutôt bien eu égard à la crise (on l’avait oubliée celle là)… Avec le CCAS on essaye de faire face à toutes les situations d’urgence qui se présentent (ce devrait être facile puisqu’ il n’y en a pas) … Encore une fois, je ne serai pas dans l’exagération des chiffres ( ?)… »

Florence Denestebe : « Il s’agit d’un document politique plein de bonnes intentions…Un catalogue de promesses électorales »…Mais comment les mettre en œuvre, avec « quelle capacité financière ? »… « Un certain nombre d’approximations » : une partie des terres  de la zone Malfato-Rochelongue sont « submersibles », le « secrétaire national chargé du littoral » devrait veiller à la chose

(NB : G. d’Ettore vient en effet d’être nommé secrétaire national de l’UMP, comme 200 de ses camarades politiques, « l’armée mexicaine » dont a parlé Canal +)

D’Ettore : « Je suis ici en tant que maire et pas en tant que secrétaire national (mais, il va aussitôt embrayer pour expliquer qu’il participe à des commissions régionales avec des universitaires auxquels il apporte ses lumières)… Il ne s’agit pas de promesses électorales puisque certaines actions vont être mises en œuvre avant les élections. »
Et comme il n’y a « pas de vote, on passe donc à la phase d’écriture du PADD. »

Commentaires (non) autorisés :

Quoique notre député maire en dise, ce projet est un catalogue électoral (dont nous retrouverons nombre de propositions en 2014, j’en prends le pari). Ce véritable fourre-tout ne connait aucune limite puisqu’il est inutile de chiffrer  les investissements et que les choses peuvent changer (« Peut-être que certains partis pris aujourd’hui ne seront pas valables dans 2 ans » dixit d’Ettore himself). Mais comme il mêle allègrement visions « futuristes » et (début de) réalisations en cours, on peut quand même préjuger de sa mise en œuvre, si mise en œuvre il y a.

–          Dans un premier temps, il s‘agirait donc d’ « affirmer le rayonnement d’Agde au cœur d’un territoire élargi » à travers les avantages que constituent la gare et la proximité de l’autoroute.

Or notre maire a complètement laissé passer en faveur de Béziers l’occasion de l’arrivée de l’A75 sur l’A9 (car l’avantage, s’il existe, se trouve au carrefour des nœuds autoroutiers : cf. Narbonne), il avait alors d’autres chats à fouetter. Aujourd’hui, les projets d’implantation de gares TGV se situent bien à l’ouest ou bien à l’est de notre commune : que fait notre député ?

Si élargir notre rayonnement (bien que cela ne soit pas avancé) veut dire s’agglomérer à une communauté plus importante, celle dont notre président d’agglo rêve, cela signifie que tout le beau projet doit être revu. En effet, les compétences et les exigences en matière économique des agglomérations (en particulier en ce qui concerne l’implantation des zones d’activités) l’emportent sur les velléités communales; et voilà mis à mal le quatrième objectif.

–          Un deuxième point consisterait à valoriser le patrimoine (notamment naturel) à travers la pérennisation de zones « colorées ». L’expérience en ce domaine nous oblige à être pour le moins dubitatifs :

 L’adjoint nous parle de loi littorale alors que le député a contribué à en vider toute substance (amendements votés majoritairement à l’assemblée).

L’équipe qui nous parle de protéger le Mont Saint Loup est celle qui en a entrepris l’urbanisation à travers le Capiscol ; c’est la même qui a voté une ZPPPAUP (zone protégée) avant de la démembrer pour cause de centre aquatique.

Celui qui nous parle de haute qualité environnementale pour les berges de l’Hérault est en train d’aménager un parking à hauteur du St Christ sans respecter quelque règle que ce soit.

–          Comment porter quelque crédit au troisième objectif (extension urbaine : «
–          privilégier le qualitatif ») lorsqu’il est avancé par une équipe qui a fait du développement immobilier sa profession de foi.

A qui voudrait-on faire accroire que le programme Malfato Rochelongue serait le dernier en termes de constructions ? Qu’advient-il donc par exemple de l’aménagement du secteur de la Prunette qui avait été déclaré prioritaire bien avant celui de Malfato ?

Quelle cité nous prépare-t-on pour demain alors que 2500 logements nouveaux sont prévus pour abriter chacun seulement deux personnes ? Voulons-nous créer une ville de couples retraités ou de ménages sans enfants ?

La véritable nouveauté de ce projet est le développement du secteur de la Méditerranéenne (rejeté d’ailleurs dans sa forme actuelle, à bon escient me semble-t-il, par Florence Denestebe). Il s’agirait de faire coexister, entre canal du Midi et voie ferrée, un port fluvial, une zone artisano-industrielle et une importante zone d’habitations nouvelles avec ses commerces de proximité… Voilà la parfaite illustration de la « reconstruction de la ville sur la ville » : un empilement irréaliste et invivable.

Au-delà du projet à écrire, ce qui me gêne le plus, c’est ce qui ne sera pas écrit mais qui reste la vision politique avouée de notre député : le projet évoque la mixité sociale et le respect de construction de 20% de logements sociaux alors que lui dit se battre « contre cette espèce de généralité ».

 Il y aurait donc des communes destinées à accueillir toutes les misères du monde et d’autres qui serait à l’abri de la plèbe, des Neuilly en puissance.

Si c’est cela le fond du projet pourquoi ne pas le coucher sur le papier ? :

Après Agde-destination CAPitale, Agde-NEUNEUilly sur mer…

                                                                                                             Antoine Allemand


 

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