Clermontais : le bâtiment de la future Régie des eaux sera durable et novateur

Reportage

Depuis le 1er janvier 2018, la gestion de la compétence “Eau et assainissement” appartient à la Communauté de communes du Clermontais.

©Atelier d’Architecture Alain Fraisse

Engagée à partir du 1er janvier 2023, la responsabilité de la Communauté de communes exige aujourd’hui de réaliser plusieurs travaux de forage, de sécurisation de la ressource et d’interconnexions. Une dynamique qui a poussé l’Intercommunalité à mener une réflexion sur la création d’une nouvelle Régie des eaux, de plus grande capacité et novatrice en matière de développement durable.

Explications avec Joseph Rodriguez, vice-président de la Communauté de communes délégué à l’eau et la GEMAPI, Julien Golembiewski, directeur du Pôle Eau et Environnement du Clermontais, et Claude Revel, président de la Communauté de communes.

Vous avez décidé de construire un nouveau bâtiment pour la Régie des eaux…

Claude Revel : “Pour gérer au mieux l’arrivée des nouveaux abonnés et le développement des réseaux, nous avons décidé de construire une nouvelle régie au cœur du territoire, au niveau de la zone de la Salamane à Clermont-l’Hérault. Après réflexion, nous avons choisi d’en faire un exemple sur notre territoire, d’établir une régie zéro consommation. Pour donner vie à ce projet, nous avons échangé avec des entreprises spécialisées dans le domaine de l’eau et des start-up. Elles ont été pleinement intégrées dans la conception du bâtiment, particulièrement sur le sujet du traitement des eaux grises.”

Julien Golembiewski : “Nous avons longuement discuté avec Chemdoc Water Technologies et des nouvelles sociétés qui nous ont expliqué qu’elles manquaient de moyens et de surfaces pour mettre en place un pilote ou un projet. Nous avons donc décidé de réserver un local de 45 m2 dédié aux entreprises qui souhaitent expérimenter.”

Quelles sont les innovations qui vont vous permettre d’accéder au zéro consommation ?

Claude Revel : “Les eaux grises vont servir au lavage des véhicules et aux toilettes et des panneaux photovoltaïques seront installés sur le toit. Nous avons trouvé une alternative au système de climatisation avec un procédé passif de puits canadiens complété par la plantation d’un bois sur 2 000 m2, de façon serrée et dense selon“la méthode Miyawaki”, du nom d’un célèbre botaniste japonais. Le principe est de mettre en concurrence les arbres pour qu’ils poussent plus rapidement et faire naître ainsi de la biodiversité. Pour ce projet, nous allons travailler en étroite collaboration avec le lycée agricole de Gignac afin de permettre aux élèves d’expérimenter cette technique novatrice.”

Julien Golembiewski : “Du côté des matériaux, nous avons choisi de construire le bâtiment autour d’une ossature en bois. Nous cherchons évidemment à utiliser une essence de proximité. La consultation est en cours et nous devrions en savoir plus d’ici la fin du mois de juin.”

Quels sont vos objectifs avec ce projet ambitieux ?

Joseph Rodriguez : “C’était une évidence que le bâtiment ayant vocation à accueillir la régie de l’eau, régie qui poursuit des objectifs d’exemplarité environnementale (économie d’eau, politique tarifaire incitative …), s’inscrive dans une démarche de développement durable. Nous ne pouvions pas demander des efforts aux habitants et nous contenter d’un bâtiment classique. Notre volonté était d’avoir un bâtiment durable qui soit fonctionnel dès le départ. Nous avons pour cela travaillé avec l’équipe de maitrise d’œuvre constitué du cabinet Alain Fraisse, F3A Architectes et DME Ingénierie. Pour atteindre ce but, nous avons impliqué tous les membres du personnel afin d’avoir une vision globale. En mettant en place toutes ces innovations au sein du bâtiment, nous mettons également en lumière les start-up et entreprises locales spécialisées dans le secteur. C’est parce que nous avons construit un projet particulièrement réfléchi que avons présenté le dossier en commission auprès de la Région Occitanie. Cela nous a permis d’obtenir la classification Or du label Bâtiment durable d’Occitanie.”

4 régie de leau Crédit Atelier dArchitecture Alain Fraisse
©Atelier d’Architecture Alain Fraisse

Claude Revel : “ Les gens peuvent s’interroger sur les dépenses liées à cette installation. Le fait est que notre projet à un coût plus élevé qu’un bâtiment classique. Sur la durée de vie de la régie, c’est dérisoire. En plus, il y a un delta intéressant entre la rentabilité et l’investissement qui va permettre de l’amortir rapidement. Cette exemplarité va également nous permettre d’asseoir l’image de notre territoire en matière de développement durable. Notre vision a d’ores et déjà été récompensée par l’obtention de la qualité “or”, et nous espérons que cela emporte l’adhésion d’autres cofinanceurs : Europe, État, Région, Département. Aujourd’hui, il nous suit financièrement à hauteur de 400 000 euros sur deux ans, alors que les régies des eaux sont rarement accompagnées à ce niveau. Avec de la chance et quelques appels, nous espérons que l’Europe sera le prochain partenaire…”

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