De « l'Usine » à Ricard : des ingrédients d'une dynamique aux défis de l'avenir

L'annonce de la fermeture du site Ricard à Bessan sonne comme un coup de…

L'annonce de la fermeture du site Ricard à Bessan sonne comme un coup de tonnerre. Cette unité de fabrication participe depuis longtemps à la vie économique locale. Son ancrage constitue un véritable marqueur : il s'agit bien ici d'un point de repère qui caractérise la contribution de cette activité à la vitalité et au rayonnement de la Commune. Même sur le plan festif et culturel, le nom de cette enseigne était associé au club taurin. Sur le plan social et humain, le groupe témoigne sa solidarité à l'égard des personnels et de leurs familles. En témoignage, quelques lignes d'histoire locale sont à rappeler : c'est en juin 1965 que la première bouteille de « pastis » était tirée à Bessan. Le site racheté par Paul Ricard avait déjà une vocation industrielle depuis 1936. L'ancienne distillerie locale traitait les sous-produits des vignes (marcs, lies et vins) ; puis, une confiture à base  de concentré de moût de raisin, un quinquina et des jus de fruits étaient produits. Le lien avec la vigne était très marqué comme l'illustre la proximité immédiate de la Cave coopérative, construite en 1938. Plus tard, les aléas de la vie économique ont contraint les dirigeants des entreprises successives à s'adapter aux mutations induites par le marché : d'où la reconversion de la petite distillerie en centre d'élaboration et conditionnement du jus de raisin, puis à l'élaboration du pastis. Le bulletin municipal de 1965 narre ainsi cette transition : « Un matériel important fut installé. Les techniques les plus modernes furent mises en œuvre. La conservation stérile donne droit à la qualification de « Pur Jus » puisque ces fabrications étaient obtenues sans l'aide d'aucun produit chimique. En 1965, Paul Ricard décida de donner encore plus d'importance à cette Usine en lui confiant l'élaboration et le conditionnement du célèbre apéritif et sa distribution dans dix départements. Immédiatement, on construisit de nouveaux bâtiments. Ce que les Bessanais appelaient « l'Usine » est devenu un Centre dont le rayonnement s'étend de Cerbère à Tarascon et de Toulouse, Foix à Pont Saint-Esprit ». Un livre renseigne qu'au fil du temps, c'est ici qu'est « produit l'anéthol à base de badiane » d'Asie et de fenouil tarnais. C'est ici  également que la réglisse turque, libanise, italienne est « broyée en copeaux pour être plongée dans une solution alcoolisée afin d'en extraire un jus entrant dans la composition du Ricard ». 

L'aventure de l'élaboration du petit jaune est appelée à cesser en terre bessanaise. Cette fermeture se réalise dans ce contexte où l'on peut se demander si « la France serait condamnée à faire se juxtaposer  des campagnes résidentielles désindustrialisées et une poignée de métropoles dominées par une économie de service ». Telle est la question versée au débat par un responsable économique qui déplore que « les emplois détruits sont localisés pour l'essentiel dans la France des sous-préfectures » appelant à corriger cette situation, en urgence. Le devenir des employés impactés par ces délocalisations nous interpelle tous.

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