#DigitAg, l’agriculture numérique inspire la recherche

Dossier - Seconde partie de notre dossier sur l’agriculture numérique. Alors que cette nouvelle vision d’une agriculture « de précision » devient un nouveau champ de recherche des plus prometteurs, l’Institut Convergences #DigitAg dédié à l’agriculture numérique a été inauguré en juin dernier à Montpellier. Il a pour ambition de devenir une référence mondiale dans ce domaine. Il fédère plusieurs projets concrets de développement.

green robot#DigitAg est l’Institut Convergences dédié à l’agriculture numérique. Son objectif est de créer les bases scientifiques pour le développement de l’agriculture numérique. Ceci en se basant sur une approche interdisciplinaire. L’institut recense déjà plusieurs avancées en matière de recherche qui débouchent ainsi sur des équipements et techniques applicables à l’agriculture (http://www.hdigitag.fr/).

 

Un Hackathon pour l’agriculture numérique

 

Pour mettre en évidence les recherches les plus prometteuses, un Hackathon #DigitAg Challenge a été lancé au niveau national. Il est coorganisé avec l’Irstea et 6 pôles de compétitivité regroupés au sein du Club Sully. Cette association est elle-même composée de 12 pôles agri/agro. Le concours propose un format innovant dans sa durée et par sa dimension nationale. Il a été impulsé par Isabelle Guichard, représentante du Club Sully et présidente du jury du DigitAg Challenge. Ce concours a été construit avec une idée forte. Celle de concevoir des projets, des produits, des services innovants et d’obtenir des résultats concrets. Cette initiative prend fortement racine dans les territoires. En exemple, la finale nationale du DigitAg Challenge qui a eu lieu les 1er et 2 juillet derniers. Elle a distingué deux projets de la Région Occitanie pour leur performance et leur potentiel.

3163 1Ces professionnels de l’agriculture et du numérique d’Occitanie ont en effet été invités à valoriser les nombreuses données agricoles. Ils doivent proposer des services innovants répondant aux besoins de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain. Les équipes finalistes ont proposé des services numériques pour optimiser la production. Mais aussi pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires. Ou encore gérer une exploitation ou bien aider à l’installation de jeunes agriculteurs.

 

L’Occitanie, creuset des Agtech

 

Une quinzaine d’équipes ont été sélectionnées lors des demi-finales régionales de juin. Elles ont eu lieu à Angers, Bordeaux, Lyon, Montpellier et Saint-Denis (Ile de la Réunion). Elles devaient relever des défis construits sur la base des besoins des filières agricoles. Ceci, à partir de l’atelier d’échanges #ImagineAgri du ministère de l’Agriculture du 21 mars dernier et de l’appel à contributions #DigitAg Challenge. Lancé auprès des acteurs du monde agricole, celui-ci avait reçu plus d’une centaine de contributions…

digitag manLe jury a sélectionné 3 projets finalistes :
• IFV/Irstea : PulVeco (Occitanie), service d’optimisation et de réduction des doses de produits phytosanitaires,
• Studio Agro Digital / Permagro – OuiAg (Occitanie), comparateur des performances agro-économiques des exploitations,
• MyOptimo (Centre Val de Loire), outil destiné à optimiser la compaction des sols.

Le jury a également remis un prix Coup de coeur à un projet venu de l’Île de la Réunion, porté par l’équipe Eloleo. Il s’agit d’un outil mobile de partage pour les circuits ultracourts.

 

Pulveco : réduire les intrants en viticulture

 

L’équipe mixte IFV / Irstea s’est distinguée par son projet Pulveco. Il s’agit d’un service numérique prenant en compte les systèmes de pulvérisation utilisés par les producteurs pour réduire les intrants phytosanitaires en viticulture. Issu de la demi-finale de Montpellier (Qualimed), le projet de l’UMT EcoTechViti a pour objectif d’aider les viticulteurs à ajuster leurs doses de produits phytosanitaires en fonction de la performance de leur pulvérisateur et de leurs pratiques d’utilisation. La problématique réside dans le fait que le parc de pulvérisateurs viticoles se caractérise par une grande diversité de matériels, tant en termes de configuration (voûtes, face par face, aéroconvecteurs) que de technologies (jet porté ou projeté, pneumatiques).

pulveco IFV Irstea
© Pulveco-IFV-Irstea

Cette diversité se retrouve au niveau de la qualité de pulvérisation, qui peut varier du simple au double en pleine végétation et jusqu’à un facteur 5 en début de végétation. L’UMT EcoTechViti (IFV, Irstea et Montpellier SupAgro) a mis au point le banc d’essai EvaSprayViti, déjà primé d’une médaille d’argent au Sitevi 2013. Il permet d’évaluer les pulvérisateurs viticoles en conditions standardisées.

Le projet Pulveco s’appuie sur une base de données recensant plus de 520 essais. Son hébergement aura lieu sur la plateforme Api-Agro. L’outil numérique va permettre de comparer les différents types de pulvérisateurs viticoles présents sur le marché, d’ajuster les doses d’intrants phytosanitaires en fonction de la performance du pulvérisateur, des modalités d’utilisation (type de buse, nombre de rangs traités) et du stade de la vigne. L’outil sera développé sous la forme d’une application mobile et d’un site web. Le lancement de l’application est prévu pour 2018.

 

OUI AG, le 1er site qui rémunère les données agricoles

 

Une équipe pluridisciplinaire – conjuguant les compétences du Studio Agro Digital, de Smag et de la start-up Permagro – envisage de valoriser les data agricoles et de les transformer en outil ou service pour les agriculteurs. Elle a créé OUI AG. Ce comparateur online de performances agro-économiques s’adresse aux agriculteurs qui souhaitent s’installer et à ceux qui envisagent de modifier leur structure.

L’objectif est d’aider les jeunes à se lancer dans l’agriculture et les agriculteurs installés à changer de pratiques culturales. OUI AG propose d’organiser des campagnes annuelles de datafunding. Ces
campagnes sont comparables à celles du crowdfunding, mais au lieu de lever des fonds, OUI AG lèvera des données comptables et agronomiques. Le concept va encore plus loin en proposant de devenir aussi le premier site qui rémunère les data agricoles. Ces données alimenteront un moteur qui analysera tous les modèles de référence pour que l’agriculteur puisse comparer ses performances à celles des exploitations similaires situées autour de lui. Le concept

OUI AG vise à rassurer un agriculteur qui s’installe sur la viabilité et la rentabilité de l’exploitation qu’il crée ou qu’il reprend. Il souhaite également mieux conseiller les agriculteurs dans leur choix pour les structures d’accompagnement. C’est-à-dire les chambres d’agriculture, banques et centres de gestion. Enfin, OUI AG proposera des scénarios alternatifs rentables pour les agriculteurs déjà installés, et qui s’interrogent sur un changement de leurs pratiques culturales.

 

Télégonflage en temps réel et suivi à distance

 

Le troisième lauréat allie partenariat industriel et recherche. Avec le projet MyOptimo, l’équipe Monroc (fabricant d’essieux industriels et agricoles) rend le télégonflage facile, intuitif, intelligent et automatique. Il permet de suivre et de moduler la juste pression dans les pneumatiques en temps réel (télégonflage et TPMS), sans intervention du conducteur. L’autre grande utilité est de simplifier le suivi des équipements à distance (maintenance et utilisations). Ce projet est issu de la demi-finale d’Angers/Végépolys en Centre Val de Loire. MyOptimo est une nouvelle société du groupe Kerpro-Sonamia-Monroc.

Le coup de coeur du jury est allé à l’équipe d’All Over App, portée par le pôle de compétitivité Qualitropic (Île de la Réunion), pour son projet Eloléo, outil mobile de partage pour les circuits ultracourts.

Plus d’infos sur : www.digitag-challenge.fr

 

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