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Faits divers

Eoliennes offshore : nouveau souffle ou vent de prestige ?

Nous avons eu vent, dans la presse quotidienne régionale, d’un nouveau projet d’éoliennes offshore. Compte tenu de l’importance du rédactionnel sur ce sujet, nous avons décidé de le diffuser en deux parties. Dont ci-dessous la première. – Première partie – Surfant sur la vague du Grenelle de l’Environnement, EDF, société anonyme à capitaux publics, utilise […]

Nous avons eu vent, dans la presse quotidienne régionale, d’un nouveau projet d’éoliennes offshore. Compte tenu de l’importance du rédactionnel sur ce sujet, nous avons décidé de le diffuser en deux parties. Dont ci-dessous la première.

– Première partie

Surfant sur la vague du Grenelle de l’Environnement, EDF, société anonyme à capitaux publics, utilise le nerf de la guerre pour :

Implanter une zone industrielle de 20 km2 en mer, à 5 km de notre bord littoral, entre le Cap d’Agde et Leucate.

Rappel

En 2005 un projet, porté par la Compagnie du Vent (aujourd’hui filiale de GDF SUEZ) et le Groupe SHELL, en réponse à un appel d’offre du Ministère de l’Industrie, prévoyait d’implanter 34 aérogénérateurs sur une zone industrielle de 11 km2, à 5 km au large du littoral ouest héraultais. Chaque éolienne culminait à 125 m de haut, c’est-à-dire la hauteur d’un immeuble de quarante étages, visible à quarante kilomètres. But : produire 300 millions de kWh d’électricité, soit de quoi alimenter une ville de 110 000 habitants. Un parc d’une puissance globale de 102 Mégawatts (MW) moyennant un investissement de 250 M€ (Millions d’€uros). Comment ce projet avait-il été accueilli ? Eh bien, après le débat contradictoire public de Portiragnes, des contacts ont été établis entre plusieurs associations et certains élus des six communes héraultaises concernées : Agde, Portiragnes, Sérignan, Valras, Vendres et Vias. Un Comité citoyen de défense s’est créé et a mobilisé, en grand nombre, leurs habitants. Cette solidarité intercommunale a fait échouer l’installation de cette inacceptable, parce qu’aberrante, verrue industrielle. A contre-courant de ce qu’on est en droit d’attendre, en termes d’EnR (Energies Renouvelables), de la concrétisation du développement durable.

Projet actuel

Aujourd’hui, c’est au tour d’EDF de vouloir implanter une zone industrielle de 20 km2 comprenant une trentaine d’éoliennes. Chacune de 150 m de haut, soit la hauteur d’un immeuble de cinquante étages, et d’une puissance double : 6 MW au lieu de 3. Un ensemble, donc, d’une puissance globale de 180 MW, pour un investissement de 400 M€. Sachons qu’au 31 décembre 2008, l’Etat français détenait 84,66% du capital d’EDF. Le solde étant détenu par les investisseurs institutionnels et particuliers (13,33%) et les salariés du Groupe (2,01%).

Qu’en penser ?

Pour les mêmes raisons qu’il y a quatre ans nous devons, en bloc, le rejeter. Pourquoi ? Les raisons sont multiples. Et les arguments d’hier s’imposent encore plus aujourd’hui ! Un tel projet ne relève-t-il pas du gigantisme ? Par son dimensionnement : 20 km2. Et par la puissance de ses aérogénérateurs : multipliée par deux. D’autant que si l’on en croit Gilbert Ruelle qui préside la Commission Energie et Changement climatique à l’Académie des Technologies : « la France ayant choisi le nucléaire (énergie non carbonée), a fortiori à partir de l’EPR (deux de plus sont en projet), l’éolien à terme ne présente aucun intérêt ». Sachant de surcroît, que ce projet aura pour effet de :

Supprimer le levier économique le plus important de nos communes littorales. Dont le développement durable est étroitement lié à la croissance de leur tourisme. En outre, cette implantation anéantira les trente années de travail qui ont été indispensables pour construire l’image notoire d’un littoral languedocien investi dans la qualité. De plus, deux ans de travaux seront nécessaires pour implanter les 30 ‘’géants de la mer”, réaliser la plate-forme et le réseau impressionnant de raccordements électriques : câbles de connexion pour relier les éoliennes entre elles et la zone industrielle à la terre, infrastructure d’atterrage et câble terrestre raccordant le champ d’éoliennes au poste de livraison. D’où : des risques et des nuisances qui auront des conséquences néfastes notamment sur la pêche professionnelle des petits métiers et sur la fréquentation touristique.     

Détruire notre paysage naturel et la pureté de sa ligne d’horizon, alors que cette implantation n’a pas sa place à quelques kilomètres de deux réserves naturelles et de trois zones d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Elle hypothèquera aussi,  l’équilibre écologique entre les embouchures de l’Hérault et de l’Aude. Par ailleurs, devant l’inexorable dégradation des plages, une étude globale a été finalisée aux fins de réhabiliter cet espace littoral. Action urgente, prioritaire, et que rien ne doit entraver. En outre, ce projet présente des dangers importants : la dégradation de la couche qui étanche la nappe de l’astien par l’ancrage des machines dans le sous-sol marin. Et, de plus, la perturbation des courants marins par cette zone industrielle de 20 km2 risquerait d’accentuer les phénomènes d’enfouissement et donc d’érosion du bord littoral.

Produire plus de CO2 et plus de polluants, donc plus de gaz à effet de serre et plus de risques pour notre santé. L’irrégularité du vent induit une production d’énergie intermittente qu’il faut réguler par le couplage d’une centrale thermique. Parce que la demande de consommation, elle, est continue. Les pales sont arrêtées si le vent souffle trop fort et/ou s’il ne souffle pas. En conséquence, pour chaque kWh produit par les aérogénérateurs, 3 kWh doivent être produits par l’énergie thermique, dont  l’éolien industriel est dépendant. L’Allemagne qui produit 12 000 MWh d’énergie éolienne et importe beaucoup d’électricité nucléaire française, est le deuxième producteur de GES (Gaz à Effet de Serre) d’Europe. Le Danemark qui est le premier, à cause du thermique, produit le kWh éolien à un prix de revient trois fois plus important que celui du kWh nucléaire français.

Quelle énergie a le vent en poupe sur l’hexagone ?

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, celui de l’énergie nucléaire ! La première centrale, Marcoule, date de 1956. Après les deux chocs pétroliers (1974 et 1979), une centrale solaire ‘’Thémis” a été expérimentée à Targasonne (Cerdagne). En 1986, l’Etat entérinait le choix du nucléaire comme principale énergie pour produire son électricité. Exit le développement du solaire ! Plus récemment, en juillet 2005, la loi fixant les orientations de sa politique énergétique, confirmait le nucléaire comme source essentielle d’électricité. Aujourd’hui, 58 réacteurs nucléaires sont opérationnels et la construction d’un réacteur de 3ème génération, EPR, a été lancée en avril 2007 à Flamanville (Manche). Il verra le jour en 2012. Simultanément, des programmes de recherche sont mis en œuvre sur la 4ème génération. Déploiement prévu vers 2040. Cependant, faut-il le rappeler, l’énergie nucléaire est bénéficiaire parce qu’elle a toujours été subventionnée !

Développement de l’éolien

Cette filière énergétique, incluse dans les EnR, s’est rapidement développée en ce début du XXIème siècle. Notamment dans les pays utilisant le charbon (centrales thermiques) pour la production d’électricité, donc grands émetteurs de CO2 (Allemagne, Danemark, Espagne). Elle se développe en France malgré la faible consommation d’énergies fossiles pour sa production d’électricité. Dynamisée comme dans les trois pays précités grâce au niveau élevé d’aides publiques qui attire les investisseurs. Or s’il est logique d’admettre que l’éolien représente un intérêt dans les pays qui produisent de l’énergie sur la base de 60% à 70% de charbon, fort émetteur de CO2, que penser de cet engouement en France, où seulement 5% d’énergies produites sont carbonées ? Et qui peut croire que l’éolien peut avoir une incidence sur la réduction de ses émissions de CO2 ? Outre le fait que le groupe EDF s’impose sur le photovoltaïque, l’hydraulique et sur le nucléaire dont il est leader mondial, il veut aussi s’imposer sur le marché de l’éolien. Or le kWh éolien coûte plus cher à produire que celui des énergies hydraulique, nucléaire et/ou thermique. Quelle motivation souffle donc sur ce puissant groupe que le législateur a maintenu sous « le contrôle de l’Etat » ?

Deuxième partie diffusée dans quelques jours …

Christian Joviado
Ecocitoyen engagé

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