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HERAULT - Pour que vive notre littoral : l’entreprenariat populaire doit l’emporter sur la fétichisation de la norme

Plages aménagées : 20 ans après, l’Etat doit continuer à accompagner cette nouvelle économie…

Plages aménagées : 20 ans après, l’Etat doit continuer à accompagner cette nouvelle économie touristique qui s'est tenue jeudi 16 juillet 2015, retrouvez ma tribune :

Pour que vive notre littoral : l’entreprenariat populaire doit l’emporter sur la fétichisation de la norme

Depuis maintenant des années, la France tourne au ralenti. Seulement voilà : le monde lui accélère. Nous vivons aujourd’hui une époque de l'immédiat, de la diffusion quasi-instantanée de l'information, des modes, des nouvelles pratiques économiques. Tout cela évolue de plus en plus vite.

A ce contexte français inédit s’ajoute une crise sociale, économique, politique, une crise de la confiance entre les citoyens et leurs élus, et parfois avec l’Etat lui-même. Il faut voir ce que cette crise révèle : l’excès de démarches administratives, ainsi que leur lourdeur, qui découragent souvent les initiatives populaires, qui découragent les français d'entreprendre, de prendre des risques, et qui allongent la réalisation de projets au détriment de leur coût, de leur probabilité, et de leur succès.

Il faut voir aussi les oppositions de principes, les postures partisanes et dogmatiques, qui fusent à travers l’espace public dès qu’il est question de développement économique. Seulement, on a vite fait de se briser contre la réalité et les faits : contrairement à un travail concret, les dogmes n’ont jamais nourri personne.

C’est pour cela que j’ai décidé d’apporter mon soutien aux plagistes présent sur le littoral dans la 9è circonscription de l’Hérault. Je suis chef d’entreprise et je sais reconnaître l’expérience et le travail de ces professionnels, de ces enfants du pays qui ont su transformer une opportunité en un succès local. Les plagistes apportent, par leur activité commerciale, une vraie plus-value pour notre territoire régional qui en a besoin plus que jamais : ils renforcent des circuits économiques courts avec d’autres sociétés du territoire et avec des producteurs locaux, ils renforcent l’activité touristique sur le littoral, contribuent aux recettes fiscales des collectivités locales et de l’Etat.

Occupant seulement 5 % des plages sur l’ensemble du Languedoc-Roussillon par le biais de concessions délivrées par les collectivités territoriales (les plages ne sont pas « privatisées ») (contre 20 % des plages dans la région Provence-Alpes Côte d’Azur), privilégiant le respect de l’environnement en faisant appel à d’autres professionnels pour encadrer leur période d’exploitation pendant six mois, quand dans d’autres régions certains font le choix de bétonner leurs plages et de détruire le bien public, les plages privées constituent une activité commerciale saine, vivante et durable. Que les citoyens se rassurent : dans la 9è circonscription de l’Hérault et dans le Languedoc-Roussillon, les vacanciers, les riverains du littoral et l’environnement sont respectés, parce que ce respect représente une des conditions nécessaires, sinon la plus importante, pour pérenniser cette activité commerciale.

Les plages privées représentent un modèle économique innovant, qui remporte un peu plus l’adhésion des citoyens chaque année. Et en matière commerciale, ce sont eux qui demeurent, par leur consommation, les vrais décideurs. Je ne conçois pas que l’on puisse brider un modèle économique et commercial qui est viable et respectueux de son environnement.

Il faut se mobiliser pour éviter que ne s’opère une trop grande déconnexion entre les acteurs économiques et l’administration centralisée, entre les citoyens et le personnel politique. Dans le cas présent, il est inconcevable que les services de l’Etat brident l’activité des professionnels en entrainant une baisse de 45 % de leur volume d’activité en pleine période de crise économique.

 

Comment justifier aujourd’hui les licenciements des dizaines d’emplois en CDI ou d’emplois saisonniers à mi-temps ? Comment justifier aujourd’hui qu’un restaurant de plage aménagé (bien loin d’entamer la concurrence traditionnelle par son activité) doive réduire ses couverts de 200 à 70, alors qu’il en refuse déjà 30 chaque soir ?

Dans une période de crise comme celle que nous traversons, notre région (relativement dépourvue d’industrie par rapport à d’autres régions) doit continuer à jouer de tous ses atouts pour favoriser l’emploi et le développement économique, dans le respect de la richesse et de la diversité de son environnement. Le cri de détresse des professionnels qui gèrent ces plages privées mérite d’être entendu.

Il ne faut pas tomber dans la fétichisation de la norme. Les français attendent des hommes ou des femmes politiques qu’ils élisent qu’ils tiennent leurs promesses dans le temps raisonnable de leur mandat. Malgré la perte de confiance dans leurs élus, les français ne s’arrêteront pas de vivre, d’espérer, d’entreprendre. Les français ne manqueront jamais d’audace, c’est pour cela que la classe politique ne doit pas disparaître sous son paraître, dans la posture, et doit continuer à s’engager dans des réformes courageuses, nécessaires pour notre pays. Sans notre soutien d’élu(e)s, il n’y aura jamais dans notre belle région de réalité sociale sans réalité économique.

 

Patrick Vignal

Député de l'Hérault

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