HERAULT - "Pour un droit effectif à la poursuite d’études ! " par Clara Gimenez et Muriel Ressiguier

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La logique de la sélection dans l’enseignement supérieur bafoue de fait le droit à la poursuite d’études et laisse de plus en plus d’étudiants sur le carreau. 

La loi du 23 décembre 2016 portant adaptation du deuxième cycle de l’enseignement supérieur français au système Licence-Master-Doctorat stipule que « les formations du deuxième cycle sont ouvertes aux titulaires des diplômes sanctionnant les études du premier cycle ». Et en même temps que « les établissements peuvent fixer des capacités d’accueil pour l’accès à la première année du deuxième cycle. L’admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l’examen du dossier du candidat. » 

Ceci conduit à une rupture d’égalité entre les étudiants sur le territoire, les critères pour accéder à une première année de Master étant laissés à l’appréciation de chaque établissement. 

C’est l’égalité républicaine et l’accès au savoir émancipateur qui sont ainsi remis en cause. Le déterminisme social déjà à l’oeuvre à l’université se voit ainsi renforcé. Ainsi, selon le ministère de l’Education Nationale, seulement 17,6% des enfants d’employés et 13,1% des enfants d’ouvriers accèdent à la licence, en Master il ne sont plus que 12,1% et 9,2%. 

De plus, le nombre d’étudiants augmente chaque année, c’est plus de 30 000 étudiants supplémentaires pour l’année 2020. Or, le nombre de places et les moyens alloués à l’université ne suivent pas la même trajectoire. 

Nous étions aux côtés de Mehdi, étudiant en grève de la faim, qui malgré de nombreuses demandes sur l’ensemble du territoire, n’a obtenu aucune affectation pour poursuivre ses études dans un Master de droit. La mobilisation autour de sa problématique a permis de dénouer sa situation. 

Une cinquantaine d’étudiants à Montpellier dans le même cas se sont manifestés en quelques jours et se sont rassemblés devant le rectorat. 

Combien de Mehdi isolés et précarisés ont mis fin à leurs études ? Combien de vies brisées ? 

Nous appelons à une large mobilisation nationale pour que le droit à la poursuite d’études redevienne une réalité. Il y a urgence ! 

Clara Gimenez, conseillère municipale déléguée à la vie étudiante, 

Muriel Ressiguier, députée de la 2ème circonscription de l’Hérault. 

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