Innovation en Europe : l’OEB a délivré plus de 100 000 brevets en 2017

Dans son rapport annuel 2017 publié début mars, l’Office européen des brevets a confirmé l’attractivité de l’Europe comme principal marché de l’innovation. Pour la première fois, le nombre de brevets délivrés par l’OEB passe la barre des 100 000, soit une hausse de 10 % par rapport à 2016. La France se maintient à la deuxième place des pays déposants, en Europe, avec 6,4 % des demandes totales.

«En termes de brevets, 2017 a été une année positive pour l’Europe», s’est félicité Benoît Battistelli, président de l’OEB, lors de la présentation, à Bruxelles, du bilan annuel de l’organisme, début mars. L’an dernier, près de 166 000 demandes de brevets européens ont été reçues (+ 3,9% par rapport à 2016). Et, pour la première fois, le nombre de brevets délivrés par l’OEB dépasse la barre des 100.000, s’élevant à 106.000, soit une hausse de 10,1 % par rapport à l’année précédente.

Les Etats-Unis, avec 42.300 demandes, conservent leur position de leader. L’Allemagne (25.490), le Japon (21.712), la France (10.559) et la Chine (8.330) suivent dans ce palmarès des pays déposants. La Chine intègre pour la première fois ce classement, avec une croissance de 16,6 % de ses demandes de brevets, prenant la place de la Suisse (Huawei est en tête des entreprises ayant déposé le plus de demandes). Pour le Japon et les Etats-Unis, 2017 marque un renouveau : après les baisses enregistrées les années précédentes, les demandes déposées ont connu respectivement des augmentations de 3,5 % et 5,8 %. Seule la Corée du Sud fait figure d’exception parmi les pays déposants, avec une diminution de 8,2 % après deux années d’augmentation. Le nombre de demandes provenant des 38 Etats membres de l’OEB a augmenté de 2,8 %, représentant 47 % du total des demandes déposées.

La France à la pointe de l’innovation

Avec 10.559 dossiers déposés auprès de l’OEB en 2017, la France est le second pays demandeur de brevets, en Europe, après l’Allemagne. Après un déclin de – 2,4 % en 2016, la croissance a repris légèrement en 2017, à la faveur d’une amélioration de la conjoncture économique, soit + 0,5 %. L’Ile-de-France, compte tenu de son poids dans l’économie et de la concentration de sièges sociaux et de start-up, est à la fois la deuxième région la plus innovante d’Europe avec 7 015 demandes de brevets européens, derrière la Bavière, toujours en tête du classement (7 541), et la première de l’Hexagone avec 66,5 % des demandes françaises effectuées en 2017. L’Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d’Azur comptent également parmi les régions les plus dynamiques en matière d’innovation, avec, respectivement 12,2 % des demandes françaises (1 290, + 7,1 %) et 3,8 %. Les Hauts-de-France et les Pays de la Loire ont été très actifs en 2017 : ils enregistrent de fortes progressions des demandes de brevets : + 23 % et + 19,5 %.

Trois domaines d’excellence

L’Office européen des brevets souligne que la France détient un «portefeuille d’innovation très diversifié ». Au niveau mondial, au moins une entreprise françaisese classe dans les dix premiers demandeurs de brevets pour sept des dix secteurs d’innovation. A l’échelle européenne, la France figure toujours dans le Top 3 des pays demandeurs, tous domaines confondus.

Le principal secteur d’innovation des entreprises françaises reste celui des transports. Dans ce domaine, la France totalise 12,7 % des demandes soumises à l’OEB, avec un peu plus d’un millier de dossiers. Quatre entreprises intègrent le Top 10 : Valéo (premier déposant français), Michelin, PSA et Renault. Pour le sous-domaine de l’aéronautique et l’aviation, les groupes Safran et Zodiac Aérospace sont présents dans le Top 10 mondial.

Le second secteur de prédilection en matière d’innovation pour la France est celui des machines, des appareils électriques et de l’énergie électrique : près de 698 demandes de brevets ont été déposées en 2017. Les technologies médicales, troisième secteur pour lequel les demandes sont importantes, enregistrent une forte hausse de 23,2 % pour 600 dossiers déposés. Sanofi se démarque, en se classant sixième. La multinationale française est également dynamique dans le domaine des biotechnologies (huitièmeplace), tout comme l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, qui arrive en quatrième position. L’Inserm est également le premier demandeur de brevets pour les produits pharmaceutiques. Autre organisme public français de recherche, le commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) se positionne à la neuvième place dans les techniques de mesures. Pour la chimie fine organique, L’Oréal se classe troisième.

En pointe dans l’intelligence artificielle

Le dynamisme des entreprises françaises se confirme également dans les domaines de la quatrième révolution industrielle, en particulier dans l’intelligence artificielle, la sécurité et les systèmes 3D. Les demandes de brevets dans ces domaines ont plus que doublé au cours des cinq dernières années, note l’OEB.

Emma BUTTIN et B.L

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