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Immobilier

Jean-Luc Estournet : 20 ans de Villages d'Or et des projets

Le 20 novembre 2017, Jean-Luc Estournet, agathois d’origine et fondateur-président-directeur général du groupe Les Villages d'Or - concept de résidences pour seniors - a fêté les 20 ans de la création d'une entreprise atypique dans le secteur de l'immobilier. Il revient pour l'Hérault Juridique aux origines d'un groupe qui prévoit la création de 6.200 logements d'ici 2020 et évoque son proche avenir dont son déploiement outre-mer.

Comment l’idée de ce concept de résidence pour seniors vous est-elle venue ?

« Tout simplement en voyant ma mère et les amies de ma mère, et en imaginant leur futur proche. C’était il y a environ vingt-cinq ans (NDLR : lire l’article Après 20 ans de succès, Les Villages d’Or s’ouvrent à l’outre-mer). Le lancement du concept a heureusement coïncidé avec les premières lois fiscales liées à l’immobilier, ce qui nous a permis de commercialiser assez vite quelque chose qui était innovant et peut-être pas très rassurant pour les investisseurs. Les lois fiscales aidant, il a fallu aussi trouver les locataires. La médiatisation, d’abord par la presse locale, les radios puis la télévision, a fait connaître ce premier village plus accessible parce que destiné à la location, ce qui n’existait pas en France à l’époque. »

Avec deux concepts en un : le pavillonnaire avec Les Villages d’Or et le collectif avec Les Patios d’Or…

« Nous avons depuis gommé Les Patios pour développer le concept sous une seule marque, Les Villages d’Or, ce qui est plus simple sur le plan de la communication. Aujourd’hui, le vertical est désormais le plus répandu. Le pavillonnaire est d’autant plus difficile à mettre en place que le concept nous oblige à être en centre-ville, près des commerces, pour le confort et la mobilité de nos futurs résidents et résidentes. Si nous avons la chance de disposer de grands terrains, nous développons alors le pavillonnaire ; ce que nous faisons près de Saint- Tropez, sur 3,5 hectares. Le projet de 130 logements va être lancé à la construction. »

villages d or 20 ans
Jean-Luc Estournet, fondateur des Villages d’Or et Gilles D’Ettore, maire d’Agde, le 20 novembre 2017. © HJE 2017 D Croci

Aujourd’hui, votre groupe dispose d’un parc de 40 résidences, et 20 nouvelles sont en construction…

« Nous avons en effet 6 200 logements dans les tiroirs ; ils seront lancés et terminés d’ici 2020. Plus de 2 000 sont actuellement en construction. Nous intervenons exclusivement en France métropolitaine et désormais outre-mer. Nous avons essayé la Belgique et le Maroc, mais ce concept est déjà assez compliqué à développer en France. Hors métropole, nous avons un partenariat avec le ministère des Outre-mer pour réaliser 1 000 logements à la Réunion ; ce que l’on est en train de faire. Ils seront achevés fin 2019-2020. Le ministère a souhaité que nous fassions la même chose en Martinique, en Guadeloupe et à Cayenne. Nous avons déjà des terrains, et les projets sont en cours. »

« Dès 2018, chaque appartement des nouveaux Villages d’Or intégrera une offre gratuite de télé-assistance active avec tablette numérique tactile. Le tout, sans coût supplémentaire pour le résident… »

Quels sont vos projets dans l’Hérault ?

« Nous construisons actuellement à Montpellier, où nous avons 6 ou 7 chantiers en cours. Nous réalisons une résidence à Gigean, une autre va démarrer à Pignan, et nous venons de gagner un concours sur Clapiers. Nous avons également un projet très important à Saint-Clément-de-Rivière. »

Comment voyez-vous l’avenir des Villages d’Or ?

« On ne s’arrête pas [rires]… Le groupe Les Villages d’Or n’intervient pas seulement sur le marché de la résidence pour seniors. Nous créons des résidences étudiantes à travers la marque Campus. 1 000 logements sont en cours de réalisation, et nous construisons en copromotion une entité de 350 logements à Montpellier. Nous faisons aussi du logement classique, comme nous l’avions fait pour l’île Saint-Martin, à Agde. A travers nos sociétés, nous réalisons annuellement un chiffre d’affaires global se situant autour de 100 millions d’euros. (…/…) »

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Avez-vous fait le tour de la France métropolitaine ?

« Les besoins pour ce type de projet sont partout et nous intervenons sur l’ensemble des régions. Le concept Les Villages d’Or a évolué dans le temps. Le principal ajustement a été de rectifier notre vision erronée d’un retraité forcément fortuné, qui peut aisément consommer des voyages, des voitures, du loisir, etc. Ce n’est pas du tout le cas pour la majorité d’entre eux. Une fois à la retraite, les revenus diminuent ; c’est d’autant plus vrai pour les conjointes qui survivent à leur époux avec seulement la fameuse pension de réversion. La première correction de stratégie que l’on a faite a été d’adapter le concept pour qu’il soit davantage accessible. Nous avons regroupé les services indispensables dans notre offre de base, afin de limiter les charges d’usage. Le tronc commun de ces services revient à 70 euros par mois, ce qui est très accessible au vu de la qualité des prestations assurées. Les autres prestations sont en option et facultatives, et en fonction des revenus et des moyens de chacun des résidents. »

Vous prolongez votre concept en créant des résidences seniors très sociales…

« Depuis quatre ou cinq ans, nous développons ce type de logements vendus en blocs à des bailleurs sociaux. Nous réalisons exactement les mêmes villages et les mêmes services. Mais nous sommes ici particulièrement accessibles, dans la mesure où nous sommes au prix du PLAI Plus, prêt locatif à usage social. Avec, en moyenne, un loyer à 5 euros du mètre carré. Des logements de 40 m² sont ainsi loués entre 200 et 250 euros. Les gens entrent dans une résidence Villages d’Or comme ailleurs en France, pour 350 euros par mois, charges et animation comprises. Avec ce concept, nous nous adressons véritablement au plus grand nombre. D’autant plus que nous connaissons un fort développement sur ces produits en région parisienne, notamment avec le groupe SNI, pour Grand Paris Habitat. SNI nous a demandé de réaliser l’hébergement de plus de 1 500 seniors avec des loyers adaptés à leurs ressources. »

Qui dit senior dit aussi nouvelles technologies et Silver Economy…

« Nous sommes bien sûr toujours à l’affût pour renforcer le service apporté à nos résidents. A partir de 2018, toutes nos résidences vont être équipées d’une télé-assistance active, c’est-à-dire avec des capteurs de suivi placés dans l’appartement. Un logiciel calculera le mode de vie de la personne et signalera toute anomalie perçue par la téléassistance, en adressant une alerte à la plate-forme de suivi. Nous avons travaillé auprès des ministères pour que ce service soit gratuit. Nous essayons en effet de trouver des solutions au niveau national pour proposer la même offre dans l’ensemble des résidences du groupe. Toujours à partir de 2018, les résidents disposeront dans chaque appartement d’une tablette tactile remise gracieusement.

Pour valider ces technologies, nous travaillons avec des start-up, dont certaines basées à Montpellier. Ces applications sont destinées aux seniors pour leur faciliter la vie. C’est une idée que nous avons pris le temps d’affiner. Il y a plus de dix ans, j’étais sur le point de racheter une société fabriquant des tablettes, mais le concept était trop onéreux pour l’intégrer à cette époque à nos services. Depuis, le marché s’est démocratisé, et le coût d’accès à ces technologies aussi. Nous sommes attentifs à ce que toute évolution de nos services reste accessible. Ces nouveaux services auront l’avantage d’être gratuits pour nos résidents et résidentes. C’est là l’essentiel de notre philosophie et la finalité de notre démarche d’accessibilité. »

Comment voyez-vous l’avenir des Villages d’Or ?

« On ne s’arrête pas [rires]… Le groupe Les Villages d’Or n’intervient pas seulement sur le marché de la résidence pour seniors. Nous créons des résidences étudiantes à travers la marque Campus. 1 000 logements sont en cours de réalisation, et nous construisons en copromotion une entité de 350 logements à Montpellier. Nous faisons aussi du logement classique, comme nous l’avions fait pour l’île Saint-Martin, à Agde. A travers nos sociétés, nous réalisons annuellement un chiffre d’affaires global se situant autour de 100 millions d’euros. Tous ces métiers et ces sociétés sont indispensables, car ils contribuent à assurer la pérennité du concept. Mais notre avenir passe aussi par une remise en question permanente.

Nous organisons deux fois par an, en juin et décembre, les séminaires des régisseurs de nos villages au siège de Montpellier. Pendant trois jours, les régisseurs de toute la France participent à des ateliers de formation et, par les échanges, permettent d’améliorer notre concept, qui est en évolution permanente. Le plus important est d’être à l’écoute des résidents pour leur apporter le meilleur. C’est pour cela qu’il était important de fêter les 20 ans du village d’Agde, de montrer que nos résidences vieillissent bien. Comme nos résidents d’ailleurs ! De montrer que notre premier village reste, vingt ans après, toujours occupé par des seniors et que leur régisseuse est toujours présente. C’est un beau signe de longévité et de fidélité à un concept qui, je le pense, a prouvé son utilité et trouvé sa juste place… »

Propos recueillis par Daniel CROCI    croci.daniel.hje@gmail.com

 

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