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La légende de l'Ephèbe d'Agde, et si … Par Thierry Gausserand

Une visite au château Laurens en introduction 20 ans passé à Agde, ça vous…

Une visite au château Laurens en introduction
20 ans passé à Agde, ça vous donne obligatoirement une envie irrépressible de visiter le château Laurens, un lieu, étrange et dont on disait qu’il avait été une des fiertés de la cité agathoise au début du siècle dernier. Le hasard mêlé d’une bonne dose d’entêtement me permettait dans les années 90 de rencontrer le gardien du château qui m’introduisit dans ce lieu. J’étais saisi par les richesses qu’il contenait. Point de réels trésors, mais les décorations, les vestiges de salle de bains avec baignoire-piscine décorée de faïences des ateliers de Sarreguemines due à Eugène Simas, les petits appartements signés Eugène Simas et Théophile Laumonnerie, les systèmes de chauffage, les meubles réalisé par Léon Cauvy ; la majestueuse salle de musique, le laboratoire, les caisses de livres, la fumerie d’opium, me laissait l’étrange impression d’avoir visité un lieu hors du commun. Je quittais les lieux, convaincu que l’histoire du château Laurens renfermait des zones d’ombre. Mon guide me fournissait quelques indications qui devaient plus tard me plonger dans un brouillard, difficile aujourd’hui encore à dissiper.

La vie de château
Quelques recherches me permirent aisément de découvrir que le château connu des heures fastes, d’autres plus lugubres. Emmanuel Laurens était un homme éclairé, devenu richissime. Il héritait d’un lointain cousin, le baron de Fontenay, d’une somme colossale. Il décide de construire une superbe villa sur les berges de l’Hérault. Cette bâtisse est une véritable folie des temps modernes, dans l’esprit Art Nouveau. À Agde, tous les villageois s’enorgueillissent des réalisations et des succès de ce jeune docteur, fils du directeur de l’usine à gaz. Ils se prennent d’affection pour le couple que forme Emmanuel Laurens et la cantatrice, Louise Blot. La famille Laurens organise de nombreuses fêtes « au château Laurens », comme disent les agathois. De nombreuses personnalités du monde sont conviées à ces réjouissances. Les « intellectuels » se retrouvent à Agde ; ils y sont transportés par un train spécialement affrété Emmanuel Laurens. Le personnel de service, est embauché au sein de la population agathoise. C’est la vie de château, la bonne fortune, Agde (agathe tyche) portait alors, on ne peut mieux son nom. Des jours obscurs se profilaient pourtant à l’horizon. Les coffres se vidaient, Emmanuel, certes docteur, spécialisé en radiologie, n’excellait pas en économie. Et la seconde guerre clôturait définitivement une époque faste.

Une histoire de coup de plumeau dans les années les plus sombres d’Agde,
Mes recherches m’amenait à rechercher des témoins de cette époque. En 1990, je rencontrais une très vieille dame. Elle était installée à l’hôpital d’Agde où elle coulait tranquillement les dernières années de sa vie. Malgré son âge avancé, elle conservait encore toute sa tête. En me racontant les années d’occupation d’Agde, sa gorge se serrait d’émotion. Elle se souvenait de sa mère. Elle l’épaulait dans ses travaux de femme de ménage au château Laurens, alors quartier général de l’armée allemande. « Maman me confiait parfois son plumeau pour épousseter les nombreuses œuvres d’art qui garnissaient la grande demeure. Dans l’escalier se tenaient de magnifiques sculptures. Je me souviens parfaitement de cette époque, j’étais gamine, ajoutait-elle. Il est des moments difficiles que l’on ne peut oublier ». Je l’ai longuement écouté, elle ne manquait pas d’anecdotes sur ce château Laurens qu’elle avait également connu avant la guerre : « A cette époque heureuse, nous ne manquions de rien, les Laurens étaient généreux, trop peut-être ».
Enfin, son visage devenait malicieux, elle souriait, espiègle. « J’ai une histoire à vous raconter, me soufflait-t-elle, comme si elle me confiait un secret ; le fameux Ephèbe d’Agde, celui que l’on a repêché dans l’Hérault, je peux vous dire que je lui ai passé de nombreux coup de plumeau. Je souris quand certains disent qu’il est dans le lit de la rivière depuis les Grecs ou je ne sais trop quand ». La légende de l’Ephèbe semblait s’envoler. « L’Ephèbe, terminait la mamie, ce sont les allemands qui l’ont jeté dans la rivière avec tout ce qu’ils ne purent emporter, quand ils se sont enfuis. Voilà l’histoire de cette statue. Qu’elle soit grecque, c’est sûr, je veux bien le croire, mais qu’elle soit dans les eaux du fleuve depuis autant de temps que le prétendent nos scientifiques agathois, c’est une bêtise».

Cette vieille dame est aujourd’hui décédée. « Paix à son âme ».
Il est des révélations qui doivent parfois être rapportées. Notre jeune femme de ménage se serait-elle trompée de bronze ? Les Allemands du IIIème Reich, à l’époque, étaient des passionnés d’art. Ils ont pillé, durant la guerre, de nombreuses collections. Si notre agathoise s’est trompée, nul doute qu’il doit demeurer dans les limons de l’Hérault quelques pièces de valeur.

La chasse aux trésors est ouverte, à moins que ces trésors soient déjà repêchés et,… Mais, cela est une autre histoire.

Thierry Gausserand

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