La Médiation du Crédit fête ses dix ans

La Médiation du crédit, qui accompagne les entreprises connaissant des difficultés avec leurs banques, fête ses dix ans. Elle a permis à 23 227 entreprises de trouver une solution à l’amiable. Mais est-elle connue des dirigeants ?

6,8 milliards d’euros d’encours de crédits débloqués, 23.227 entreprises qui ont trouvé une issue satisfaisante à leur situation, soit 414.140 emplois préservés entre 2008 et 2018. Tel est le bilan de l’activité de la Médiation du crédit. L’entité publique, aujourd’hui adossée à la Banque de France, est destinée à accompagner les entreprises connaissant des difficultés relationnelles avec leurs banques et qui souhaitent trouver une solution autre que judiciaire. Le 11 avril, à Paris, Frédéric Visnovsky, Médiateur national du crédit, a présenté ce bilan lors d’une conférence de presse.

Sur dix ans, « nous avons connu une baisse continue des saisines de la Médiation, largement liée au fait qu’il n’existe pas de problèmes fondamentaux de distribution du crédit en France », explique le Médiateur, qui note toutefois que des difficultés spécifiques ou ponctuelles subsistent. En 2018, l’activité de la Médiation du crédit a en effet été réduite : 2.009 entreprises ont fait appel à elle et 1.322 dossiers ont été acceptés. Résultat : 757 entreprises ont été confortées, pour 10.565 emplois préservés et des encours de crédit débloqués à hauteur de 208 millions d’euros. Le taux de succès de la médiation s’élève à 65,8 %, « un taux stable » au fil des années, commente Frédéric Visnovsky.

Aujourd’hui, d’après les données de la Banque de France, le crédit bancaire aux TPE est dynamique. En 2018, il a atteint 281,7 milliards d’euros, soit 9,1 % de plus que l’année précédente. Il s’agit d’une croissance nettement supérieure à celle du crédit aux PME (+ 6,2 %), aux entreprises de taille intermédiaire dites ETI (+ 3,9 %) et aux grandes entreprises (+ 2,9 %). Partant, les taux d’accès au crédit demeurent plutôt élevés, y compris pour les plus petites entreprises. Au quatrième trimestre 2018, il était au plus haut, de l’ordre de 97 % pour les crédits d’investissement pour les PME, et au plus bas, de quelque 70 %, pour les crédits de trésorerie demandés par les TPE.

4 000 dossiers et des millions d’entreprises

En dépit d’un contexte de crédit favorable et d’une décrue de son activité, faut-il supprimer la Médiation du crédit ? « Non. La situation aujourd’hui est bien différente, mais l’objectif reste le même », répond Frédéric Visnovsky. Historiquement, en effet, la Médiation du crédit avait été créée en réponse à la crise financière de 2008, afin d’éviter un risque d’effondrement du crédit. Pour autant, la courbe descendante du nombre de saisines de la Médiation saurait difficilement être totalement corrélée à l’amélioration du crédit. Au maximum, la Médiation n’a jamais été saisie que par quelques milliers d’entreprises par an (au plus, 17.000 environ en 2009, par exemple). Or, en 2018, d’après la Banque de France, la France comptait près de 10 millions d’entreprises de moins de 10 salariés, ou dont le chiffre d’affaires ne dépassait pas 2 millions d’euros. « Les pouvoirs publics mettent en place des dispositifs, mais les entreprises ne les connaissent pas forcément », reconnaît Frédéric Visnovsky. La Médiation du crédit entend donc réactiver les réseaux, comme ceux des experts-comptables, susceptibles de diriger vers elle les petites entreprises.

Et sur le territoire, dans les succursales départementales de la Banque de France, les « correspondants TPE », auxquels peuvent s’adresser celles qui se posent des questions sur leur activité, drainent aussi déjà ces entreprises vers la Médiation. Le dispositif est gratuit, simple et « rapide » promet Frédéric Visnovsky. En 48 heures, en faisant une demande via Internet, l’entrepreneur sait si son dossier est éligible ou pas. Après cela, le traitement du dossier dure en général entre un mois et un mois et demi. « Le délai peut varier en fonction du comportement des banquiers », poursuit Frédéric Visnovsky. La Médiation repose sur un accord noué entre les pouvoirs publics et le secteur bancaire. Lequel prévoit notamment l’obligation, pour l’établissement bancaire, de participer au processus de la médiation, et le maintien des crédits existants pendant la durée du processus.


Commerce et « gilets jaunes » : Bercy soutient le retour des courses du samedi

Avec la succession des manifestations des « gilets jaunes », les commerçants des centres-villes ont vu fuir les clients. Le 9 avril, lors d’un point presse, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, a annoncé que l’État débloquait 3 millions d’euros pour des « dispositifs d’animation commerciale », aux côtés des collectivités locales, afin d’inciter les consommateurs à reprendre leurs courses du samedi chez les commerçants de proximité. « Ils ont un rôle économique et social important sur le territoire », a-t-elle souligné. 


Anne DAUBREE

Nette baisse de l’investissement des TPE-PME en 2018,
selon les experts-comptables

Dans le cadre de son dernier baromètre de l’activité économique des TPE-PME, l’Ordre des experts-comptables révèle une baisse tendancielle de l’investissement annuel moyen des TPE-PME françaises en 2018, de – 3,3 %, après avoir enregistré un résultat convaincant en 2017 (+ 1,9 %). Une inversion visible depuis les cinq derniers trimestres.

A l’échelle des territoires, seules trois régions administratives voient l’effort d’investissement de leurs TPE-PME augmenter. La Corse reste le territoire le plus dynamique, avec une hausse de 2,6 %, suivie par la Réunion (+ 1,2 %). Pour ces deux régions, il importe, selon les experts-comptables, de rester prudent quant à l’interprétation de ces résultats au regard de la taille de l’échantillon d’entreprises. La région Île-de-France est elle aussi dynamique, affichant une belle évolution (+ 1,1 %). Pour les autres territoires de l’Hexagone, des contraintes freinent les TPE-PME à investir, notamment en Bretagne (- 0,4 %), Pays-de- la-Loire (- 0,8 %), Hauts-de-France (- 1,9 %) et Centre-Val de Loire (- 2,4 %), où les montants investis sont en recul, mais avec un résultat final néanmoins encore supérieur à la moyenne nationale. Dans les autres régions, la baisse est plus nette : – 3,4 % en Nouvelle-Aquitaine, – 3,6 % en Bourgogne-Franche-Comté et Normandie, – 3,9 % en Auvergne-Rhône-Alpes, et jusqu’à – 5 % en Occitanie, – 6 % dans le Grand Est et – 7,2 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Hétérogénéité sectorielle

Au niveau sectoriel, la situation en matière d’investissement de la majorité des TPE-PME n’est pas très favorable. Seuls quatre secteurs affichent une évolution positive des montants investis, en moyenne, sur toute l’année 2018 : les activités financières et d’assurance (+ 3,9 %), les activités spécialisées, scientifiques et techniques (+ 2,8 %), les transports et l’entreposage (+ 2,9 %) et l’information et la communication (+ 0,3 %). A contrario, les entreprises des activités immobilières (- 2,3 %), l’industrie manufacturière (- 4,5 %) et la construction (- 4,6 %) enregistrent une forte chute de leurs investissements, après une année 2017 réussie. Quant aux secteurs des services (- 8 %), du commerce (- 3,5 %) et de l’hébergement-restauration (qui enregistre le plus net recul à – 8,8 %), ils suivent une tendance lourde à la baisse.

Romain MILLET

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