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Innovation

Lab-O : les services de l’Etat en mode innovation

Opérationnelle depuis dix-huit mois, l’antenne montpelliéraine du laboratoire d’innovations publiques en région a été inaugurée le 19 février dernier. Découverte d’un lieu d’échange et de création animé par et avec les agents de l’Etat, implanté dans les locaux de la DRAC, à l’hôtel de Graves.

« Nous sommes là dans un lieu parfait pour déployer l’innovation. » Pascal Otheguy, secrétaire général de la préfecture de l’Hérault, a ainsi salué à la fois la performance des agents qui l’animent et un outil inédit dédié à l’acculturation de l’innovation par la puissance publique. Si l’inauguration de l’antenne montpelliéraine du Lab-O a eu lieu le 19 février dernier, dans les faits, le laboratoire d’innovations en région existe depuis dix-huit mois. 2.000 agents y sont déjà passés pour être accompagnés ou porter des projets, 170 actions ont été engagées (ateliers, séminaires, formations, conférences…) et une dizaine de projets entrepris. Ils ont été présentés au cours de la journée inaugurale. Bicéphale, avec une antenne à Toulouse et une montpelliéraine, le laboratoire d’innovations régional est piloté depuis sa création par Sarah Netter, chargée de mission modernisation (SGAR) auprès du préfet de région. Le Lab-O intervient sur tout le territoire et auprès de l’ensemble des préfectures, en fonction des attentes et des demandes des services.

« L’innovation est avant tout une question de réseau », a commenté le secrétaire général, indiquant que le réseau de référents innovation au sein des services de l’Etat était désormais bien réel et actif. « C’est ce qui fait l’essentiel de cet outil Lab-O et qui le fait vivre au niveau local. Les chiffres traduisent une réelle dynamique, en réponse aux attentes de nos agents » poursuit Pascal Otheguy. Après enquête, 90 % des agents qui l’ont testé sont satisfaits ou très satisfaits du Lab-O ; 60 % pensent que c’est un outil indispensable pour faire évoluer l’administration, notamment pour changer les manières de travailler ; et 40 % estiment que son impact est fort !

Passé un temps par la French Tech, le Lab-O montpelliérain s’est émancipé pour revenir dans les « murs » de l’Etat. Il est installé dans les locaux de la DRAC, à l’hôtel de Graves. « Je suis d’autant plus ravi que ce soit à la Culture, parce que la Culture est vraiment le lieu de l’innovation par excellence et le lieu des pratiques de l’innovation des politiques publiques… Le symbole est d’autant plus fort que les deux cultures, de l’innovation publique et du ministère de la Culture, se répondent » a souligné Pascal Otheguy, qui connaît parfaitement les arcanes de la modernisation des services de l’Etat. Il a évoqué le Pass Culture en voie d’expérimentation : « J’y vois la parfaite incarnation des politiques culturelles et des outils issus de l’innovation, à travers les start-up d’Etat et le développement de plateformes numériques. C’est la parfaite jonction de la culture et de l’innovation technologique qui produit ce Pass, en expérimentation dans le département de l’Hérault auprès de 3.000 jeunes de 18 ans ».

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Sarah Netter, chargée de mission modernisation (SGAR) auprès du préfet de région, pilote depuis dix-huit mois le laboratoire d’innovations publiques.

Des espaces et des innovations

Le Lab-O est composé d’un large espace entièrement mobile « où rien n’est fixé au sol et où tout bouge » pour laisser libre cours à la créativité (La rose des vents, pour les conférences), d’un autre espace plus confiné sous une voûte classée (la salle de créativité, dite salle du Lab), d’un lieu mixte doté d’un amphithéâtre appelé La Piscine (curieuse pièce en contrebas – d’où son surnom – dont les murs blancs peuvent être entièrement investis par l’innovation) et enfin d’un salon Grands voyageurs, sorte de lounge à l’esprit coworking, pour les agents en transit entre Toulouse et Montpellier qui souhaitent se poser et travailler à leur mesure. Avec d’autres relais dans les étages de la DRAC et un jardin agréable, pour l’inspiration…

Les innovations présentées à l’occasion de l’inauguration montrent d’une part l’implication des agents de l’Etat, leur sens de l’innovation, et d’autre part la pluralité des actions proposées, qu’elles soient technologiques, organisationnelles ou tout simplement pratiques. Parmi les projets innovants portés par les services figurent un serious game du télétravail, un outil de partage d’informations en mode start-up d’Etat, du design social pour accompagner la mise en place de conseils citoyens et l’inclusion numérique, une expérimentation de la plateforme Pix pour mesurer la maturité numérique des agents en Aveyron, ou encore des projets d’intelligence artificielle avec recours à des drones pour optimiser les contrôles sur le terrain (cabanisation), etc.
Le Lab-O permet aux agents des services de l’Etat de découvrir et d’expérimenter de nouvelles manières de travailler, de concevoir et de mettre en œuvre des politiques publiques. Il propose diverses activités dans des lieux inspirants, hors des murs de l’administration, qui suscitent la créativité et l’émergence de services inédits.

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Le Serious Game du télétravail, désormais distribué dans tous les services de l’Etat.

Ainsi est né Incub-O, dispositif d’accompagnement à l’acculturation au numérique des agents de l’Etat. Lauréat du premier appel à projets du Fonds pour la transformation de l’action publique (FTAP), le projet est porté par le préfet de la région Occitanie pour l’ensemble des services de l’Etat de la région. Il s’agit d’un programme d’acculturation des agents au numérique, afin de faire émerger une logique d’autonomisation. Coconstruit avec la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) — un think tank qui aide les entreprises, les institutions et les territoires — il doit permettre d’anticiper les comportements liés aux technologies et à leurs usages.
Le premier atelier de lancement d’Incub-O s’est tenu le 13 février dernier. Des agents issus des Dreal, Direccte, DRJSCS, Drac, rectorat, Chambre régionale des comptes, préfectures de l’Hérault et du Gers, directions départementales de l’Hérault et de l’Aveyron et du SGAR ont partagé leurs constats sur les besoins et les points irritants observés. Il s’agit d’un premier pas vers la définition d’un programme d’acculturation commun au service des agents de l’Etat.

L’intelligence artificielle pour lutter contre la cabanisation

Autre exemple, la Direction départementale des Territoires et de la Mer de l’Hérault (DDTM34) a mis un pied dans l’intelligence artificielle en répondant  à un appel à manifestation d’intérêt national, et en étant l’un des 6 projets retenus parmi les 32 présélectionnés. L’idée qui a prévalu à cette sélection est d’utiliser des algorithmes de reconnaissance d’images pour identifier des objets illicites – ici dans le cadre de la cabanisation (caravanes, mobil-homes ou bâti en dur) – dans des zones à enjeux et sensibles, à la fois pour les populations qui y vivent (zones inondables ou difficiles à défendre en cas d’incendie de forêt), et des zones naturelles classées (Natura 2000) où le milieu doit être préservé. Afin de faciliter le travail des contrôleurs sur le terrain, réalisé à ce jour de manière relativement empirique via Google Earth ou dans le cadre de leurs tournées physiques en zones de vigilance territoriale, le nouveau dispositif prélocalise, cartographie et signale les objets repérés par ces algorithmes. Sur les tablettes des agents, l’objet illicite repéré se met à clignoter en rouge sur la cartographie interactive, ce qui facilite son repérage et son identification. Ce ciblage direct et automatisé va permettre un gain de temps pour la localisation et la verbalisation des contrevenants. Les agents seront en effet prochainement reliés à une autre application imaginée par la DDTM66 pour la lutte contre la cabanisation. Celle-ci assiste le contrôleur dans la rédaction des procès-verbaux grâce à des mots-clés de référence au Code de l’urbanisme.

L’idée de la DDTM34 est d’apporter cette dimension juridique à l’outil existant afin d’automatiser la rédaction du PV, son émission et son suivi administratif. Tous les acteurs chargés du contrôle – des collectivités et communes aux agents de l’Etat – utiliseront à terme le même dispositif pour analyser de manière exhaustive tous les signalements et l’historique des observations sur un territoire donné, notamment au titre de la lutte contre la cabanisation. Il permettra ainsi de visualiser concrètement les zones où les PV se multiplient et d’adapter la prévention ou les sanctions à apporter.

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