Le marché du bâtiment se crispe de nouveau

Depuis le début de l’année 2018, le retournement des ventes de logements neufs se confirme, sans toutefois perturber le non-résidentiel neuf, qui poursuit une belle dynamique. La rénovation demeure atone. Dans une conjoncture où la création d’emplois reste à des niveaux intéressants, la situation financière des entreprises de construction se tend de nouveau, avec des marges qui s’amenuisent.

Le « décrochage » des ventes de logements neufs inquiète la Fédération française du bâtiment (FFB). Selon sa dernière note de conjoncture publiée le 11 juillet dernier, sur le segment du logement neuf, en glissement annuel, le recul s’établit à 5,1 % au premier trimestre 2018 du côté des promoteurs, et jusqu’à 14,3 % sur cinq mois à fin mai, pour les constructeurs de maisons individuelles. Ces tendances s’expliquent en grande partie, pour les professionnels, par la dégradation de l’environnement institutionnel, notamment la révision du PTZ (Prêt à Taux Zéro), du dispositif fiscal Pinel et du modèle HLM. En matière d’accession, le nombre de PTZ dans le neuf chute nettement, particulièrement en zones B2 et C (moyennement et faiblement tendues), respectivement de 67,7 % et 69,1 % en glissement annuel sur le premier trimestre 2018.

Au niveau de la délivrance des permis de construire, le recul commence aussi à se faire sentir. Les autorisations chutent en effet de 1,8 % en glissement annuel sur cinq mois à fin mai, mais la baisse est encore plus nette sur les trois derniers mois (- 5,6 %), en raison d’un fort décrochage du logement individuel (- 11,7 %). Autre indicateur, le taux d’annulation des permis dans le collectif progresse assez fortement, de + 25 % sur les cinq premiers mois de 2018, 8 points au-dessus de sa moyenne de long terme. Les mises en chantier diminuent de 4,3 % en glissement annuel sur cinq mois à fin mai, l’individuel et le collectif affichant des baisses respectives de 2,4 % et 6,1 %. Ce décrochage s’explique avant tout par les intempéries survenues ces derniers mois, ainsi que par le retrait des permis observé dans le collectif au quatrième trimestre 2017.

Le non-résidentiel neuf poursuit sa lancée

Moins dépendant des aléas liés à l’environnement institutionnel, le non-résidentiel neuf (hors locaux agricoles) suit une belle tendance haussière avec des surfaces autorisées et commencées respectivement en augmentation de 7,5 % et 13,3 % en glissement annuel sur les cinq premiers mois de 2018. Tous les segments issus du non-résidentiel contribuent à cette embellie, en particulier les bureaux (+ 26,6 %), sauf les commerces, dont les surfaces autorisées ont fortement diminué sur la période (- 11,1 %).

Quant à l’amélioration et à l’entretien, hors effet prix, l’activité n’enregistre qu’une faible hausse, de 0,9 % entre les premiers trimestres 2017 et 2018. Par segment, on relève de fortes disparités, puisque le logement affiche une progression de 1,7 %, tandis que le non-résidentiel accuse une baisse de 1,1 %. Dans la rénovation énergétique, l’activité a crû de 1,2 % en volume, en glissement annuel, au premier trimestre 2018, portée par un dynamisme plus net du non-résidentiel (+ 2,4 %) que du logement (+ 0,9 %).

Ainsi, l’activité du bâtiment au cours du premier trimestre 2018 a enregistré un repli, notamment sur le segment du neuf. Toutefois, les opinions des chefs d’entreprise du secteur restent positives quant aux perspectives d’activité. Dans ce sens, les carnets de commandes des entreprises du bâtiment de plus de 10 salariés restent très bien garnis, à près de 7,5 mois de chiffre d’affaires en juin, ce qui constitue un niveau historiquement élevé, selon la FFB.

Des créations d’emplois, mais des marges qui s’effritent

Du côté de l’emploi, au sein du secteur, la tendance est à la continuité par rapport à 2017, avec la création de 30 000 postes, dont 20 600 salariés et 9 400 intérimaires en emplois équivalent temps plein, au premier trimestre, par rapport à la même période de l’an dernier. Mais la part des entreprises signalant des difficultés de recrutement continue de croître, soit deux sur trois dans celles comptant plus de 10 salariés et près d’une sur deux chez les artisans.

Enfin, la légère hausse de 1,1 % des prix du bâtiment en glissement annuel au premier trimestre 2018 n’est pas suffisante pour compenser la progression plus rapide des coûts, soit + 2,3 %, en moyenne, selon les chiffres de la FFB. En conséquence, les trésoreries restent très fragiles, surtout lorsque le besoin en fonds de roulement augmente avec le dynamisme de l’activité, ce qui a encore réduit les marges des entreprises de construction au premier trimestre, alerte la Fédération.

Romain MILLET et B.L.


Logements neufs : la baisse confirmée

Le ministère de la Cohésion des territoires a confirmé, le 27 juillet, le recul des mises en chantier de logements neufs : – 4,3 % au second trimestre (101 600), par rapport à la même période de 2017, plus nettement dans le logement individuel non groupé (- 5 %) que dans le collectif (- 2,7 %). Sur douze mois, à fin juin, en revanche, elles ont augmenté de 5,2 %.


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