Le marché immobilier atteint un plafond

Avec 950 000 transactions, le marché de l’immobilier pourrait avoir atteint un « plafond », d’après la FNAIM. Mais les projets des Français et les mesures de la loi Elan devraient soutenir la dynamique dans les mois à venir.

Les professionnels de l’immobilier ont des raisons de sourire. Le 27 juin, à Paris, la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) présentait sa vision du marché de l’ancien et son analyse du projet de loi Elan – pour Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique. Ce dernier, adopté par l’Assemblée nationale le 12 juin dans le cadre de la procédure accélérée, devrait être adopté à l’automne.

Pour Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim, le texte contient des « éléments de satisfaction », dont la suppression de la mention manuscrite dans l’acte de cautionnement. « Nous la réclamions depuis longtemps. (…) Cela va vers une fluidification totale de l’acte de location. Cela va permettre sa dématérialisation, avec l’usage de la signature électronique », explique Jean-Marc Torrollion. Autre motif de satisfaction, la reconnaissance des titres d’agent immobilier, de syndic et d’administrateur de biens. Cette mesure aura pour vertu de « donner de la lisibilité au consommateur », se réjouit le président de la Fédération.

Avis plus prudent, en revanche, sur l’une des mesures novatrices du texte : le bail de mobilité. Ce dernier, d’une durée d’un à dix mois, non renouvelable, s’adresse aux personnes en formation (étudiants) ou en mission temporaire professionnelle et ne suppose aucun dépôt de garantie, le dispositif Visale couvrant les risques d’impayés. « Il faut l’expérimenter (…) Tout l’enjeu réside dans le fait de trouver l’offre, que les propriétaires soient convaincus qu’il est opportun de mettre leur logement dans ce dispositif », précise Jean-Marc Torrollion.

D’autres mesures, en revanche, suscitent la réticence, voir l’hostilité de la Fnaim. En particulier, « nous sommes contre l’encadrement des loyers », rappelle le représentant de la profession. Lequel critique le dispositif prévu par la loi, qui renvoie sur les élus locaux la responsabilité de demander la mise en place de cette mesure. « Notre crainte est que certains en fassent un marqueur politique », pointe Jean-Marc Torrollion.

« Vers un atterrissage des prix »

Actuellement, l’activité est soutenue en matière de transactions immobilières. Au total, 950 000 ventes annuelles ont été réalisées à la fin juin 2018 sur un an glissant, d’après la Fnaim. Le résultat constitue un léger tassement par rapport à la période allant de juin 2016 à juin 2017. Toutefois, sur cinq années, cela représente 274 000 ventes de plus : par rapport à juin 2013, le taux d’augmentation est donc de 41 %. Aujourd’hui, « nous pouvons penser que nous atteignons un plafond. Nous pensons que nous allons vers un atterrissage des prix, aux alentours de 2 %, et vers un petit tassement des transactions », analyse Jean-Marc Torrollion, qui note que parmi les adhérents de la Fnaim, on manque parfois de produits à la vente, face à une demande persistante.

Sur un an, au niveau national, les prix ont augmenté de 4,3 % pour atteindre 2 586 euros du mètre carré en moyenne, tous types de biens confondus. Le record de hausse est atteint par les appartements (+ 5,4 %, soit 3 439 euros le mètre carré), le prix des maisons ayant augmenté dans une moindre mesure (+ 3,5 %, soit 2 159 euros le mètre carré).

Sur le territoire aussi, les prix ont évolué de manière différenciée. Dans les grandes villes, par exemple, les prix ont grimpé jusqu’à 9,1 % à Bordeaux, qui enregistre le record. Ils ont crû de 5,6 % à Lyon, 4,8 % à Nantes, 3,5 % à Lille et 3,3 % à Rennes. Le différentiel Paris-province demeure : les prix en Ile-de-France ont augmenté, en moyenne, de 5,2 %, contre 3,9 % en régions. Cette tendance est clairement perçue par les Français, d’après le baromètre Ifop pour la Fnaim : les consommateurs sont 41 % à juger que les prix ont augmenté les six derniers mois. Ils sont légèrement plus nombreux (44 %) à juger que cette tendance va se poursuivre les six prochains mois. « La perception reste orientée vers un marché dynamique, à la hausse », commente Jean-Marc Torrollion.

Pour 61 % des Français, c’est le bon moment d’acheter

Par ailleurs, d’après les indicateurs de la Fnaim, le pouvoir d’achat immobilier des Français a un peu diminué, pour la deuxième année consécutive. En un an, ils ont perdu en moyenne la capacité d’acheter un mètre carré, en raison de la hausse des prix et des taux d’intérêt. A court terme, en dépit de prévisions parfois catastrophistes, cette dernière tendance n’est pas inquiétante, d’après Jean-Marc Torrollion : « Tout le monde prédisait la hausse des taux d’intérêt. Elle n’interviendra pas en 2018. Nous avons encore des taux très concurrentiels », estime-t-il. Les résultats du baromètre sur « Le moral des Français face au marché immobilier », réalisé par l’institut Ifop en juin, confortent aussi cette analyse d’une poursuite de l’activité émise par la Fédération de l’immobilier. « Aujourd’hui, 61 % des Français considèrent que la conjoncture est favorable à l’achat immobilier, quasiment comme en 2016, et 44 % d’entre eux que la conjoncture est favorable à la vente. La demande reste soutenue, et on peut penser que les vendeurs seront au rendez-vous de la demande », décrit Jean-Marc Torrollion.

Les Français sont toutefois d’un optimisme plus ou moins marqué, en fonction du type de bien visé et de leur situation initiale. Ils sont par exemple 77 % à considérer que c’est le bon moment pour devenir propriétaire pour la première fois. C’est légèrement plus qu’en 2016 (74 %). Moins nombreux, 62 % des Français considèrent que c’est le bon moment pour investir dans l’immobilier locatif, une tendance à la baisse. Ils sont moins nombreux encore (51 %) à penser que la situation est propice à la revente de leur logement pour en acheter un autre. En 2016, ils étaient 39 % dans ce cas. Mais le projet pour lequel les Français jugent le contexte le moins favorable, c’est acheter une résidence secondaire : ils sont 37 % à trouver que c’est le bon moment, contre 52 % il y a deux ans.

Anne DAUBREE


Achat immobilier express

Environ 20 % des acheteurs trouvent leur bien immobilier via leur réseau de proximité (bouche à oreille, famille..). Dans 29 % des cas, c’est par l’annonce d’un particulier, et dans 51 % des cas, d’un professionnel. La démarche est rapide : près de 70 % des acquéreurs ont mis moins de six mois pour acheter leur bien. Dans les trois quarts des cas, il leur a fallu moins de 5 visites. Seulement 9 % des prospects ont visité plus de 10 biens, d’après une étude Ifop pour la FNAIM sur les acquéreurs.


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