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Droit

Le nouvel impôt « parking » ... par Florence DENESTEBE

La large consultation espérée par tous sur le thème des parkings payants du Cap d’Agde semble se limiter à une information synthétique  dont l’amodiation  présentée se verrait amendée par quelques bénignes concessions de principe. La principale d’entre elles étant un tarif préférentiel pour les copropriétaires ne possédant pas de parkings ( qui seraient recensés et […]

La large consultation espérée par tous sur le thème des parkings payants du Cap d’Agde semble se limiter à une information synthétique  dont l’amodiation  présentée se verrait amendée par quelques bénignes concessions de principe.

La principale d’entre elles étant un tarif préférentiel pour les copropriétaires ne possédant pas de parkings ( qui seraient recensés et ” signalés ” par les syndics de copropriétés )  à 10 € pour la saison.
C’est  aussi gros qu’un poisson d’Avril !
Passons d’abord sur le fait que la principale préoccupation est électoraliste : On dédouane aussi vite que possible les autochtones en se souciant peu de l’impact sur la fréquentation touristique et sur le portefeuille de ceux qui font vivre le Cap d’Agde : Les visiteurs.

Mais soyons pragmatiques : Qui peut y croire ?  
Et qui peut  croire à la pérennité d’une telle proposition dans le temps  ?  
Les promesses électorales passées, viennent les promesses de Noël afin de faire avaler une pilule qui restera sur l’estomac de bon nombre une fois la révision de tarif appliquée.

Passe encore : Étudions la proposition relayée dans la presse, qui, grâce à la prolixité de Monsieur le Maire, devient  l’anti-chambre du conseil municipal où devrait être débattu ce genre de proposition .
Qu’on ne s’y trompe pas, la presse n’est en aucunement responsable, elle informe au quotidien des sujets  présentés. Mais la médiatisation préalable de séances préparatoires, en lieu et place d’un débat contradictoire, vise bien évidemment de la part des autorités municipales  à préparer une opinion au  travers d’une présentation à décharge et sans contradicteur.
Le conseil municipal, et, avec lui prés de 49 % des électeurs est donc marginalisé.
Voici donc pour la forme ; Venant en au coût :   
10 € pour la saison ! Soit !  Uniquement pour ceux qui ne possèdent pas de parkings !
Un simple coup de fil à un avocat stagiaire aurait suffi pour comprendre que cette mesure discriminatoire est inapplicable.
Nous sommes tous égaux en  droit et ce privilège accordé à une seule catégorie de nos copropriétaires n’est pas légal.
Dans l’absolu, ceux qui auraient  déjà revendu leur garage ou leur parking seraient privilégiés, et dans cette fable municipale , ce serait la cigale qui se verrait récompensée .. On cherche la morale !  
J’imagine déjà la chasse à la carte à 10 € comme un jeu de piste où les privilégiés seraient triés sur le volet selon les amitiés ou les relations !

Au  tarif proposé (  2 € la seconde heure ),  la carte d’abonné ( pour ceux qui ne possèdent pas de parkings ) à 10 € la saison étant amortie  en un repas et une promenade portuaire, les abonnements devraient s’arracher.
Mais pour quel bénéfice pour la ville si elle est obligé d’octroyer a tous les fameuses cartes ?  10 000  places X 10 € = 100 000 euros !
Où serait le bénéfice ?  Les  frais de fonctionnement d’aménagement, et d’entretien seraient cinq fois supérieurs !
Ajoutons, pour faire bon poids, les recettes de stationnements des visiteurs journaliers qui n’auraient pas été échaudés par cette nouvelle taxation à la consommation. Disons 200 000 € de plus !
Pas plus qu’avant, ( les copropriétaires à 10 € occupants les emplacements ) , ils n’auront de facilité  de stationnement  à la seule différence qu’elles seraient devenues payantes !

Mais d’autres problèmes sautent aux yeux !
Que fait-on de la perte de la valeur immobilière de ces milliers d’appartements qui ont été acquis et évalués en tenant compte de la jouissance  des parkings gratuits en regard .
S’est-on soucié une minute en mairie, de la dépréciation de la valeur immobilière de ce qui est pour beaucoup le seul patrimoine ? La crise économique et immobilière est déjà là.  Était-il besoin d’en ajouter ?

La municipalité ne montre pas l’exemple lorsqu’elle délivre des permis de construire avec un  nombre d’appartements plus nombreux que les parkings sous le prétexte qu’il y a des parkings gratuits mitoyens.
Combien de résidences ont elles été autorisées justement parce que les parkings étaient abondants et gratuits en regard de la copropriété ?  Sans ces parkings, ces résidences auraient été inconstructibles ? Reviendra t -on sur les permis accordés de la sorte  ?
Même les plus récents accordés à la légère ces derniers temps ?

Non décidément je n’arrive pas à entrevoir le bien fondé de cette entreprise qui, telle qu’elle est présentée, aurait plus d’inconvénients que d’avantage pour un bénéfice aléatoire et pour tout dire inconséquent.

Sauf si ! Sauf si ! Tout cela n’était que de la poudre aux yeux visant à nous faire avaler le principe comme un bonbon acidulé avant que l’on ne  nous soigne conte le cholestérol dans un an ou deux avec des tarifs autrement plus amers !
 
Viennent  les prétextes  et les contreparties :  Si vous acceptez cela ( au Cap d’Agde ) nous pourrons faire  ceci ( au Cap d’Agde ) !
Les quais, les embellissements du centre port et tout un arsenal de prestations compensatoires qui auraient déjà du être exécutées depuis les premières promesses de notre Maire  qui va arriver à sa huitième année de mandat au mois de Mars !

Le problème  des quais, tant dans son aménagement de surface que sous terrain,  est connu de tous, mais  il n’ y a aucun lien de cause à effet avec les parkings  sauf a vouloir trouver des argumentaires désuets et faire resurgir des doctrines cessessionistes  du style :

Le Cap paye pour le Cap
Agde paye Agde
Le Grau paye le Grau !


Est-ce cela votre vision de l’archipel de Vie Monsieur le Maire ?

Le Cap d’Agde et ses 60 % de recettes foncières communales, ses 50 % de Taxes professionnelles, ne participe-t-il pas, et à juste titre, aux travaux de la Ville, à la réfection des places du Grau d’Agde ou encore aux financement des écoles et des maternelles Agathoises ?

Non ! Ce raisonnement ne tiens pas !
Si la municipalité ( Quel que soit son bord qui n’a rien à voir dans l’affaire ) a déjà  gâché  la sur-fiscalité assénée en début de son mandat et qui a perduré jusqu’ici, c’est qu’elle n’a pas anticipé les besoins de la commune et de toutes ses composantes.
Si elle n’a pas eu la capacité de réduire la dette  ( plus importante aujourd’hui que quand elle est arrivée aux affaires )  malgré cette ponction importante (  ce n’est pas mon propos : c’est celui de son adjoint aux finances qui a levé un coin du voile.  ), c’est qu’elle a failli !

Un manque d’anticipation et de vision a long terme est patent.
Aujourd’hui on rechercherait des financements pour réaliser des travaux ( la réfection nécessaire des quais après 40 ans d’existence ) !
Si l’on en croit l’ex-adjoint aux finances fraichement limogé pour s’en être inquiété, la  gabegie des dépenses somptuaires en frais de bouche,  les dépenses inutiles en  spectacles médiocres et des embauches multipliées au gré des amitiés personnelles en lieu et place des qualités professionnelles ont annihilé la potentialité budgétaire en direction des éléments  structurants nécessaires au maintien de nos équipements vitaux.
 
L’abstention de dépenses inutiles auraient permis de trouver  les financements que l’on cherche aujourd’hui.
Cette histoire abracadabrante  du million d’euros de recettes qu’il faudrait trouver pour refaire les quais, c’est vouloir faire porter le chapeau de l’incompétence municipale sur les méchants copropriétaires du Cap qui nous coûteraient aujourd’hui les yeux de la tête!

Oui il faut refaire les quais du Cap d’Agde!
Oui, ils sont gangrenés  parce qu’ils ont été édifiés sur un sol sablonneux à l ‘origine et que l’usure du temps a fait son œuvre .
Oui il faut les renforcer, et il faudra même du courage politique pour annoncer les faits réels aux commerçants, qui, par tranches successives,  vont devoir êtres privés de leurs  terrasses portuaires durant un laps de temps nécessaire à cette entreprise indispensable.
Les travaux seront onéreux bien sur, mais n’est -ce pas aujourd’hui la cigale qui a dépensé inutilement en autosuffisance  durant huit ans qui se trouve fort dépourvue quand les économies  et les finances n’ont pas été assainies !

Ce que certains tentent de nous faire avaler  serait à la limite du chantage à l’exécution d’une mission de service public au demeurant obligatoire : Attention,  si vous n’acceptiez pas  les  parkings payants vos commerces pourraient s’effondrer !
On croit rêver !

Que la municipalité assume ses erreurs sans en rejeter la faute sur une ou l’autre des composantes de la cité. Ce calcul de bonimenteur de foire ne pourra financer les  conséquences d’une gestion hasardeuse.

Mais de grâce ne rejetons pas la faute sur telle ou telle corporation de commerçants, tel ou tel secteur résidentiel qui devrait s’auto-assumer financièrement aujourd’hui alors qu’il est une des forces vives, si ce n’est la principale d’un budget municipal  !

Dire comme l’a fait le Maire de notre ville  que le Cap d’Agde ne représente que 4 millions d’euros de  recettes sur 60 millions de budget est mensonger !
J’aurais aimé entendre réagir ceux qui défendent le Cap d’Agde à cette ineptie  qui n’a rien elle … d’imaginaire !
Voyez vous, je ne crois pas, que l’immense majorité des Capagathois soient solidaires d’un applaudissement associatif qui me semble individuel ou pour le moins peu partagé.
Je respecte l’association Notre Cap, comme toutes les autres associations apolitiques qui défendent les copropriétaires et les usagers.
Elle a un rôle éminent à jouer et elle doit le conserver et perdurer dans une position neutre mais critique !
Je n’emploie pas l’adjectif critique au sens négatif du terme.
Je pense que son rôle doit être celui d’une vigie, ouverte constructive, force de propositions et d’amendements.
Son but premier est la défense !
La défense des intérêts des copropriétaires qui lui accorde une confiance renouvelée depuis des années et jusqu’ici, à juste titre .

Je ne crois pas que son but doive être celui d’anticiper, je dirai même de préparer, la défense d’une proposition municipale dont elle n’a pas pris suffisamment la mesure auprès de l’immense majorité de ses adhérents.

Une solution existe et je la lui suggère comme je la suggère à tous les copropriétaires des résidences Capagathoises qui ont tous le droit de proposer, via leurs syndics, aux assemblées générales de copropriété une délibération au libellé  très succinct  :
 
La municipalité envisage de transformer les parkings aujourd’hui gratuits en parkings payants selon le barème suivant : Première heure gratuite, les suivantes à 2 € puis 1 € 50.
Quel avis pourrait donner la copropriété à cette mesure  si elle était consultée ?
Sommes nous : FAVORABLES ?  ou DEFAVORABLES ?

En dehors de toute précipitation la réponse aux questionnements des uns et des autres pourrait alors être sans appel, quel que soit le cas de figure qui sera choisi.
Notre Cap, pourra alors légitimement oeuvrer à l’application des desiderata de ceux dont elle doit défendre les intérêts et non d’une vision partielle, de dirigeants parfaitement respectables, mais qui pour cette occasion ont,  à mon sens fait un choix qui n’est pas majoritaire.

En démocrate convaincue, je me plierai alors à cette majorité si elle juge nécessaire ce changement de Cap du cahier des charges de la station .

Florence  DENESTEBE
Conseillère Municipale  du Mouvement démocrate ( MODEM )
Déléguée Territoriale pour la Communauté d’Agglomération

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