Le Pass sanitaire déclenche encore la véhémence de certains Français

L’application Tous Anti Covid rapporte qu’en ce mercredi 15 septembre 2021, 81,2 % de la population française de plus de 12 ans est vaccinée avec un schéma complet. Pourtant, il existe encore des réfractaires. Nombreuses sont les manifestations anti pass sanitaire qui se succèdent depuis bientôt deux mois. Analyse…

Quelles sont les revendications des manifestants ?

Ceux qu’on appelle désormais les « antivax » s’élèvent contre le vaccin luttant contre la Covid-19 et par conséquent contre l’instauration d’un pass sanitaire. Les arguments récurrents de ces derniers sont tels que « ce vaccin sort de nulle part, qu’en est-il des effets secondaires ? », « je veux disposer de mon corps et de ma liberté », « je suis jeune et la Covid-19 représente peu de risques pour moi, donc pour quelle raison irais-je me faire vacciner ? », « au regard des variants, qu’en est-il de l’efficacité de ce vaccin? ». Réfutant la science et refusant ainsi le vaccin, ces derniers refusent par conséquent le pass sanitaire. Certains vont même jusqu’à parler du pass « nazitaire ».

Les anti pass sanitaires

Ces derniers refusent l’idée d’être assujettis à un QR code pour pouvoir accomplir des actions de la vie quotidienne qui jusqu’alors s’effectuaient en toute liberté. En effet, depuis l’allocution du président Emmanuel Macron au début de l’été 2021, il est désormais nécessaire de se munir d’un certificat de vaccination complet (sept jours après la deuxième dose en France et quatorze jours en Europe) ou d’un test antigénique réalisé dans les deux jours précédant son accès à un restaurant, un cinéma, une boîtes de nuit, un voyage en train ou en avion etc…

C’est donc au regard de ces diverses privations de liberté que certains usent de références à la Seconde Guerre mondiale et plus spécifiquement à la Shoah. Selon ces derniers, il existerait un parallèle entre l’étoile jaune que devaient porter les juifs et le pass sanitaire actuel.

Le slogan qui choque : celui de la « dictature sanitaire » ou encore du « pass nazitaire »

Ce slogan provocateur compare donc la Shoah (« la catastrophe » en hébreu) à ce que nous, Français, vivons actuellement. Ce qui peut être perçu comme une banalisation des horreurs vécues par le peuple juif, voire une forme d’antisémitisme notoire, est largement répandu et amplifié sur les réseaux sociaux. Selon les associations antiracistes, « un palier a été franchi lors de cette mobilisation ». Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, affirme en effet que « Désormais, les porteurs de pancartes ne se cachent pas. Il y a une absence de réaction des autres manifestants. Pourtant le slogan « Qui ? » (retrouvé sur de nombreux panneaux lors des diverses manifestations) et sa signification antisémite ont été largement médiatisés ».

Selon certaines explications le lien entre l’antisémitisme et le pass sanitaire se ferait au regard des nombreux complotistes, qui représenteraient « une porte d’entrée évidente vers l’antisémitisme ». Ces slogans, ces comparaisons, ces étoiles jaunes portées par certains lors des manifestations munies de l’écriture « non vaccinés » ou « non injectés » ont provoqué une indignation unanime de la classe politique. Joseph Szwarc, l’une des nombreuses victimes de la rafle du Vel d’Hiv, a dénoncé une « comparaison odieuse », clamant « Je l’ai portée l’étoile, moi. Je sais ce que c’est, je l’ai dans ma chair » comme l’indique le journal en ligne BFM.

Qu’en dit la loi ?

L’avocate Alice Ouaknine rappelle que « Toutes ces utilisations sont susceptibles de tomber sous le coup de la loi ». Elle fait référence à l’article R 645-1 du Code pénal qui dispose que « Est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 5e classe le fait, sauf pour les besoins d’un film, d’un spectacle ou d’une exposition comportant une évocation historique, de porter ou d’exhiber en public un uniforme, un insigne ou un emblème rappelant les uniformes, les insignes ou les emblèmes qui ont été portés ou exhibés soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945, soit par une personne reconnue coupable par une juridiction française ou internationale d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité (…) ».

En outre, la loi n°90-615 du 13 juillet 1990, dite loi Gayssot, tend à « Réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe ». Elle réprime la contestation de l’existence des crimes contre l’humanité, en d’autres termes : le négationnisme. Il s’agit d’une position idéologique « Consistant en un déni de faits historiques malgré la présence de preuves flagrantes rapportées par les historiens, et ce à des fins racistes ou politiques ». Il serait envisageable de penser que ces utilisations de référence à la Shoah puissent être pensées comme une forme de négationnisme, mais ce serait à un tribunal de trancher, comme le rappelle l’avocate Alice Ouaknine.

En revanche, ce qui demeure certain est que la police était en droit d’agir lors de la manifestation au regard de l’article R 645-1 du Code pénal, car l’infraction se déroulait sous les yeux des forces de l’ordre. Ceci représentait donc un trouble à l’ordre public.

Et après ?

Quant aux manifestants, il est encore dur aujourd’hui de se prononcer sur leurs positions vaccinales à venir. Finiront-ils par céder ? Est-il réellement imaginable de vivre aujourd’hui en France sans ce vaccin au regard des nouvelles contraintes sanitaires ? Le temps les convaincra-t-il ?

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Commentaires

  1. S’il faut combattre sans relâche l’antisémitisme, imaginer que tous ces manifestants le soient est un raccourci. Tout mouvement de ce type peut se retrouver infiltré à un moment ou un autre par des idéologies nauséabondes. Le caractère spontané de ces manifestations sans encadrement en fait des victimes évidentes. Quant à écrire qu’ils réfutent la science ce n’est plus un raccourci mais une accusation. Les vaccins ne sont pas sans danger et leur usage doit se mesurer en termes de bénéfice/risque, ce qui n’est plus respecté. Par ailleurs, ils ne protègent pas si efficacement que promis et n’empêchent pas la transmission du virus. Ce n’est pas du complotisme mais bien de la science et de l’observation et de l’analyse de données. Cessez d’être condescendants et s’il existe des théories fumeuses, elles ne doivent pas polluer le nécessaire questionnement des mesures devenues plus politiques que sanitaires.
    Bien cordialement

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