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Le point sur les cessions et acquisitions d’entreprises en Occitanie en 2019

Mercredi 23 septembre, In Extenso Méditerranée et In Extenso Finance & Transmission ont présenté un panorama des cessions et acquisitions en Occitanie. L’occasion d’annoncer le lancement d’In Extenso Finance & Transmission en Occitanie, qui sera implanté à Montpellier. Interview de Marc Sabaté, directeur général d’In Extenso Finance & Transmission, et de Mathieu Dreno, expert-comptable, associé d’In Extenso Méditerranée.

Caractéristiques des cessions-acquisitions d’entreprises en Occitanie

Comment l’Occitanie se situe-t-elle en matière de cessions et acquisitions d’entreprises ?

Mathieu Dreno : « L’Occitanie enregistre relativement peu de cessions-acquisitions ; ce n’est pas une région très active par rapport aux autres régions françaises. Elle totalise 5 % des transactions alors qu’elle abrite 8 % des PME (de 20 à 245 salariés). La crise Covid se ressent légèrement moins en Occitanie (- 38 % sur les 5 premiers mois de 2020) qu’au niveau national (- 45 %), en lien avec le tissu économique local, très axé sur la prestation de services et l’innovation notamment. Sur les dernières années, le nombre de deals est relativement faible dans notre région, mais il avait fortement augmenté en 2019 (avec 48 cessions) par rapport à 2018 (22 cessions). On note une forte baisse en avril 2020 (1 deal) et mai 2020 (aucune cession) en Occitanie, comme sur l’ensemble du territoire français. C’est conjoncturel à date, car l’avenir reste très incertain. Mais nous avons constaté que de nombreux deals avaient été reportés sur fin juin et début juillet. »

Et en termes de valorisation ?

Mathieu Dreno :  « Une chose est frappante : en Occitanie, les valorisations des entreprises sont plus faibles que dans le reste de la France. Le montant global des transactions est plus bas et s’établit aux alentours de 7 M€ sur 2019 : il s’agit principalement de cessions de PME de moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ainsi, en Occitanie, 63 % des cessions concernent des PME ayant entre 1 et 5 millions de chiffre d’affaires, contre 50 % en France en moyenne. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, sans surprise, les grosses transactions sont concentrées dans la région parisienne. Le tissu économique occitan est en grande partie composé de PME de services ; il abrite peu d’industries, et les entreprises y sont plus jeunes que dans d’autres régions (Rhône-Alpes, Paris, Ouest de la France). L’Occitanie et le pourtour méditerranéen accueillent plutôt des TPE que des PME, et les entreprises ont moins la culture d’ouvrir leur capital afin de croître rapidement et franchir des tailles critiques. Il y a beaucoup de sociétés familiales, comme le groupe Cémoi (3 700 salariés), qui vient juste d’annoncer l’ouverture prochaine de son capital en septembre 2020 pour ces raisons.

Ceci dit, notre panorama ne tient compte que des cessions majoritaires, mais il y a beaucoup de start-up et de sociétés innovantes en forte croissance (notamment à Montpellier) qui procèdent à des levées de fonds, car elles ont besoin de capitaux, donc ce type de culture se développe en Occitanie. »


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Un fort accompagnement local des sociétés innovantes technologiques

Quel était le secteur d’activité principal des 48 opérations de cessions-acquisitions effectuées en Occitanie en 2019 ? 

Mathieu Dreno : « Ces 48 opérations en Occitanie ont été réalisées pour 346 millions d’euros en 2019. Parmi les cédants, en 2019, certains secteurs ressortent plus que d’autres : les télécommunications, les médias, les techno­logies (15 opérations sur 48). C’est certainement lié à l’environnement des start-up technologiques à Montpellier : elles bénéficient d’un fort accompagnement de la Région et de structures comme SATT, Transferts LR, Ad’Occ, le LIRMM, le fonds d’investissement Sofilaro, ou encore de business angels comme Melies, qui interviennent en amont dans ces secteurs d’activités. Les cessions d’entreprises de télécommunications se situent au-dessus de la moyenne de valorisation, à 8 millions d’euros. Il y a eu un engouement pendant le Covid, car il s’agit d’un secteur d’activité résilient, peu impacté par confinement. Les services aux entreprises et aux particuliers représentaient 9 opérations sur 48 en 2019, et le secteur de la santé et de la pharmacie, 6 opérations. »

Comment les transactions étaient-elles réparties géographiquement au sein de l’Occitanie en 2019 ?

Marc Sabaté : « Le territoire occitan regroupe des bassins économiques assez différents ; on constate ainsi une dissémination des opérations de cession ou d’acquisition entre Toulouse et son bassin, Montpellier, Perpignan, Nîmes, Sète… Alors que pour les autres régions, ce même type d’opération est le plus souvent concentré sur deux ou trois métropoles. »


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D’où provenaient les acquéreurs de sociétés occitanes, en 2019 ?

Mathieu Dreno : « En 2019, 87 % des acheteurs de sociétés occitanes étaient français (contre 95 % en 2018) et 13 % étaient étrangers (contre 5 % en 2018). En 2019, il y a donc eu un peu plus d’acquéreurs étrangers que les années passées. Parmi les 87 % d’acquéreurs français, 42 % des sièges sociaux étaient établis en Ile-de-France, et 26 % étaient situés en Occitanie. Mais attention, on ne parle que de 48 opérations. Et les données prennent pour référence la zone géographique du siège social de l’acquéreur.

Les 13 % d’acquéreurs étrangers ayant acquis une entreprise en Occitanie se sont focalisés sur des entreprises matures ayant un fort potentiel de développement ou un savoir-faire spécifique. Ainsi, en 2019, la société Matooma a fait l’objet d’une acquisition par un groupe international car elle était fortement tournée vers l’international, avec des clients grands comptes à l’étranger. Matooma, comme de nombreuses sociétés innovantes, a gardé son siège social en Occitanie grâce à l’écosystème d’accompagnement de l’innovation technologique présent en Occitanie. Je connais même des entreprises qui ont décidé d’installer leur siège social en Occitanie pour cette raison. N’oublions pas que le BIC a été classé 4e incubateur mondial en 2014 ! »

Propos recueillis par Virginie MOREAU
vmoreau.hje@gmail.com

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