L’industrie du recyclage affiche des résultats en forte hausse

L’industrie du recyclage en France a affiché une croissance soutenue (+ 5,7 %) et fortement créatrice d’emplois en 2017, en dépit de l’impact de la fermeture de la Chine à certaines de ses importations.

En pleine forme ! Les résultats pour 2017 du secteur du recyclage ont été présentés lors d’une conférence de presse, à Paris, le 17 octobre, par la Fédération des entreprises du recyclage (Federec). Celle-ci regroupe environ 1 100 entreprises, réparties en une douzaine de filières, comme celles du BTP, du métal, des plastiques, ou encore des verres. Cette année, le chiffre d’affaires du secteur a dépassé la barre des 9 milliards d’euros, en hausse de 5,7 % (soit 105 millions de tonnes traitées). Une performance qui succède à une année 2016 où il avait baissé de 2 %.

La plus importante des filières, celle des déchets du bâtiment, a vu son chiffre d’affaires grimper à 1,7 milliard d’euros, ce qui représente une augmentation de 2 % par rapport à 2016. Les déchets des chantiers du bâtiment (hors travaux publics) totalisent 40,4 millions de tonnes collectées, en légère croissance par rapport à l’an dernier. « Nous avons connu une certaine progression qui suit l’activité du bâtiment », commente Erwan Le Meur, président de Federec BTP. L’essentiel des tonnages provient de la démolition et de la déconstruction (25 millions de tonnes). Par ailleurs, « l’Ile-de-France est très active, notamment autour du Grand Paris et surtout du Grand Paris Express, car la construction du réseau est lancée, et avec elle, celle des quartiers de gares », détaille Erwan le Meur.

Autre cas, celui des plastiques, filière beaucoup plus modeste. Elle a connu une année « un peu mouvementée », commente Christophe Viant, président de la branche. Le chiffre d’affaires global a augmenté de 1 % pour atteindre 196 millions d’euros. Les volumes collectés globaux sont restés stables, autour de 900 000 tonnes, masquant des hauts et des bas durant l’année. A l’été 2017, en effet, la Chine a accru ses standards de qualité pour l’importation des matières premières issues du recyclage, ce qui a eu un impact sur la filière plastique. « Tout ce qui partait en grand export est reparti vers l’Europe et la France. C’est plutôt une excellente nouvelle pour l’industrie qui se développe et pour l’environnement. Mais cela sature nos filières de proximité », analyse Christophe Viant. Les entreprises sont incitées à se tourner vers une valorisation accrue des déchets traités et de nouveaux marchés.

Un secteur en cours de concentration

Cette tendance devrait renforcer le phénomène de concentration de la filière plastique, déjà en œuvre dans le secteur du recyclage dans son ensemble. En effet, en dépit de la croissance globale de son activité, en 2017, la fédération comptait 12 % de moins d’entreprises que l’année précédente. A la base, deux dynamiques : « la concentration et la fermeture de petits sites », explique Jean-Philippe Carpentier, président de la Federec. Ce phénomène de concentration devrait se poursuivre cette année. « La perception [du marché] par les entreprises est plutôt favorable, et elle est encore plus positive pour les grands groupes. (…) Le métier devient de plus en plus technique et pointu, donc il est plus difficile pour les petites entreprises de l’appréhender », poursuit Jean-Philippe Carpentier. Déjà, 5 grands groupes nationaux, parmi lesquels Suez et Veolia, représentent 37 % du secteur, les ETI (entreprises de taille intermédiaire) 9 %, le reste étant encore constitué de TPE et PME. Ensemble, ces entreprises cumulent 28 366 emplois. La quasi-totalité d’entre eux sont salariés et 87 % en contrat à durée indéterminée. Autre spécificité du secteur : 76 % des personnes qui y travaillent sont des employés ou des ouvriers et à 80 % des hommes. Le nombre d’emplois est en hausse de 6 %. « Il s’agit d’un indicateur symbolique. Cela veut dire que le secteur va mieux, et cela montre aussi un certain optimisme », analyse Jean-Philippe Carpentier, insistant sur le caractère non délocalisable de ces emplois.

Les entreprises du recyclage sont réparties de façon inégale sur le territoire. Elles se concentrent essentiellement dans les régions les plus industrialisées : Hauts-de-France (4 026 emplois), Ile-de-France (4 596) et Auvergne-Rhône-Alpes (3 978). Autre signe d’optimisme : les investissements des entreprises de ce secteur ont crû de 12 % l’an dernier, pour atteindre 521 millions d’euros. La contrepartie de la croissance ? « Nous sommes confrontés à des difficultés de recrutement. Nous sommes en forte tension », explique Jean-Philippe Carpentier. L’organisme de formation spécifiquement dédié au recyclage, Formarec, est chargé de pallier ces difficultés.

Anne DAUBREE

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