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Frontignan

Michel Arrouy, maire de Frontignan La Peyrade, mise sur l'investissement productif [Vidéo]

Alors que le climat sanitaire n'a jamais été aussi incertain et que les commerces de proximité dits non-essentiels sont en grande difficulté, Michel Arrouy, maire de Frontignan, évoque avec la rédaction la crise du Covid, ses conséquences tant économiques que sanitaires, et ses projets pour sa ville.

Projets économiques

Comment favoriser le développement économique en cette période incertaine ?

Michel Arrouy : “Le développement économique n’est pas une compétence communale, mais la ville doit être moteur sur cette question. Par exemple, toute action menée sur le cœur de ville aura un impact sur le secteur économique de proximité.

Les 11 hectares de la Mobil, quand ils seront dépollués, seront voués au développement économique et à la transition écologique, avec l’appui de PME tournées vers la transition écologique qui créent de vrais emplois. A Frontignan, nous avons eu l’expérience d’abriter de grosses entreprises. Nous savons que leur départ crée le chaos. C’est pourquoi nous allons privilégier l’installation de petites et moyennes entreprises. La ville est propriétaire de ce site. Nous sommes la seule ville du littoral à posséder 11 hectares en bord de mer à 10 minutes de Montpellier. C’est une richesse insoupçonnée, un atout considérable à la fois pour la ville de Frontignan, pour Sète Agglopôle Méditerranée et pour le département ! J’en discutais récemment avec le maire de Montpellier, Michaël Delafosse.

“Site de la Mobil : Bien évidemment, la ville de Frontignan ne pourra pas développer seule ce projet”

Bien évidemment, la ville de Frontignan ne pourra pas développer seule ce projet. Elle doit être épaulée. L’Agglomération sera partie prenante, comme la Région. Je dois rencontrer Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, à ce sujet. D’ici un an, la dépollution débutera. Financée à 100 % par le pollueur, Exxon, elle durera entre trois ans et demi et quatre ans. Cela nous laisse le temps de coconstruire avec l’ensemble des partenaires un projet réaliste, dynamique, majeur, créateur d’emplois, respectueux des questions environnementales et novateur. Nous devons être exemplaires sur le respect de l’environnement. 

Je crois à la culture comme facteur de développement économique local. Voilà pourquoi je me bats pour que soit créé un Miniplexe de cinéma. Je crois en un cinéma de proximité. D’autant que le projet de multiplexe à Balaruc Loisirs ne se fera pas. La ville de Sète développe ses cinémas de proximité comme la ville de Frontignan le fait.”

Michel Arrouy, maire de Frontignan
Michel Arrouy, maire de Frontignan La Peyrade © HJE 2020, Daniel Croci

Comment comptez-vous préserver et développer l’emploi sur votre territoire ? Vous avez évoqué l’économie sociale et solidaire, notamment…

Michel Arrouy : “Il faut faire de l’investissement productif sur nos territoires du bassin de Thau. Quand on investit, on doit toujours se poser la question : en quoi cet investissement va produire de la richesse et des emplois ? Le territoire de Sète Agglopôle Méditerranée est magnifique. Il faut que ce territoire puisse créer de l’emploi et accueillir des personnes qui aient plaisir à y vivre et y travailler. L’agglomération doit être moteur sur cette question-là. Nous avons des projets tournés vers l’économie : l’investissement productif, le miniplexe de cinéma, le site Mobil.

“Le projet de la ZAC des Hierles va être revu avec moins d’habitants que prévu”

Mais aussi la ZAC des Hierles, dont je souhaite qu’elle soit revue pour accueillir moins d’habitants que prévu et de l’activité écologique. Je veux y accueillir des PME, artisanales notamment. Et l’extension du site commercial autour des Portes du Muscat. Tel sera le fil conducteur des investissements.Concernant la ZAC, vous savez que j’ai axé mon mandat sur la démocratie participative. Selon moi, le maire et les élus ne doivent pas décider seuls. Les Frontignanais seront concertés ; ils pourront participer à la réflexion pour nous aider à diagnostiquer et décider.”

Quels projets prévoyez-vous dans l’immédiat en matière d’urbanisme ?

Michel Arrouy : “Je serai fidèle aux projets développés durant la campagne électorale : je vais défendre et préserver des espaces dans cette commune. Je suis contre la cabanisation de la Gardiole et le mitage du vignoble. J’ai développé le concept de ferme urbaine sur notre ville – qui fut par le passé un des pourvoyeurs de fruits et légumes. C’est ça aussi la transition écologique : trouver comment vivre, s’alimenter et circuler différemment dans une ville. Cela implique de revoir les us et coutumes de fond et les modes de décisions.”

Social

 

Quid du logement social ?

Michel Arrouy : “Frontignan compte 17 % de logements sociaux. Nous ne sommes pas les plus mauvais élèves ni les meilleurs. On doit loger des personnes qui en ont besoin sur la commune et réorienter vers l’accueil de familles pour éviter le vieillissement de la population. Je respecte la feuille de route car nous sommes carencés. Nous avons un contrat de mixité sociale avec l’EPF et l’Etat pour rattraper ce retard. Mais construire du logement social ne se fait pas en un claquement de doigts.”

Et au niveau des Ehpad ?

Michel Arrouy : “Il y a 3 Ehpad publics à Frontignan, ce qui est bien ! La prise en charge est exemplaire grâce à mon prédécesseur, Pierre Bouldoire. Nous travaillons actuellement sur les maisons de retraite à domicile dans le cadre d’un appel à projets CCAS/Ehpad pour que les personnes âgées restent autonomes le plus longtemps possible à leur domicile. Cette formule respecte les personnes âgées.”


Voir la vidéo – interview de Michel Arrouy


 

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Culture

 

Et en termes d’équipements ?

Michel Arrouy : “J’ai plusieurs projets. Tout d’abord la construction du gymnase Simone-de-Beauvoir, cofinancée avec le Département de l’Hérault. Ce projet est acté. Ensuite, je viens de vous en parler, le miniplexe de cinéma, pour lequel le recours devrait être retiré très rapidement. La piscine intercommunale, située sur l’aire des loisirs, devrait très bientôt avoir un échéancier. 

“Nous projetons la création d’un tiers-lieu culturel de 3 000 m2 sur les anciens chais”

La restructuration de la salle de l’Aire, une des plus grandes salles du bassin de Thau, figure aussi dans mes projets. Et enfin la création d’un tiers-lieu culturel sur les anciens chais où étaient anciennement installés Lactel et Chambourcy. Ce tiers-lieu de 3 000 m2 sera en lien avec la Scène nationale du bassin de Thau. Nous sommes en réflexion pour y accueillir des artistes en résidence, notamment.”

Comptez-vous travailler également sur l’offre municipale d’expositions ?

Michel Arrouy : “Selon moi, il faut défendre et développer le secteur culturel. Nous avons déjà la Chapelle des Pénitents blancs. Je souhaite racheter la Chapelle Saint-Jacques, également désacralisée. Grâce à la création du Miniplexe, nous allons récupérer la maison Mathieu, qui sera dévolue au secteur culturel. Il faudra coordonner l’ensemble pour créer la programmation culturelle de la Ville. L’adjointe à la Culture, Valérie Maillard, est chargée de cette feuille de route.”

Michel Arrouy, maire de Frontignan
Michel Arrouy, maire de Frontignan © Daniel Croci.

 

Covid-19

 

Et la santé ? Vous aviez parlé dans votre programme de créer un service de santé de proximité…

Michel Arrouy : “La santé constitue un enjeu important. Vous savez que j’ai nommé David Jardon adjoint à la Santé. Ensemble, nous œuvrons avec les associations des professionnels de santé. Nous travaillons à la mise en place d’un service de santé lié au Covid et à ses conséquences, composé notamment de psychiatres et psychologues. Il faut des moyens en matière de psychiatrie et pédopsychiatrie. L’Etat a retiré des moyens ; cela va se ressentir très rapidement. A Frontignan, nous voulons être dans le soin et l’accompagnement des personnes subissant les conséquences du Covid. Pour l’instant, le service de santé de proximité en est au stade de l’ébauche. Il faut un médecin, un infirmier, et contractualiser avec un contrat local de sécurité mentale pour les enfants et les adultes.”

Quelles actions avez-vous mises en place concernant la pandémie de Covid ?

Michel Arrouy : “Nous avons voulu préserver le lien avec la population à travers deux actions. Tout d’abord la mise en ligne d’informations sur le Covid au fil des jours sur le site Internet de la ville pour informer les concitoyens. Ensuite, avec le CCAS, nous avons instauré un service qui permet aux personnes âgées, vulnérables ou en difficulté de communiquer leurs coordonnées. Un service d’aide à domicile du CCAS se déplace auprès des personnes âgées et des plus vulnérables. Nous luttons donc contre l’isolement à la fois par téléphone et physiquement.”

Et pour les enfants et les jeunes ?

Michel Arrouy : “Accompagner la jeunesse et l’enfance nous a semblé primordial dès la première crise de Covid. Je remercie d’ailleurs les enseignants de la ville pour leur implication et leur engagement. Les enfants ne pouvaient pas être scolarisés en présentiel lors du premier confinement. Nous avons donc prêté des ordinateurs à certaines familles pour limiter la fracture numérique et permettre aux élèves de travailler.

“A la sortie des confinements, nous avons mis en place pour les enfants, avec l’Etat et la CAF, les vacances apprenantes et les colonies de vacances apprenantes”

A la sortie du premier confinement, nous avons mis en place avec l’Etat et la CAF les vacances apprenantes pour que les enfants renouent le contact avec les institutions. Et juste avant le second confinement, des enfants ont pu partir en colonie de vacances apprenante. La ville a été exemplaire sur cette question. A l’annonce du deuxième confinement, la ville a réagi en offrant des masques aux élèves dès six ans dès le lundi pour sécuriser les familles et les enseignants.”

Quel est votre message à vos administrés en cette période de forte incertitude ?

Michel Arrouy : “Nous vivons une période compliquée, mais vous avez un maire et une équipe très déterminés et optimistes sur l’avenir. Nos prédécesseurs ont dû affronter des époques terribles, des guerres. Nous sortirons de cette pandémie plus forts que nous l’avons été. Je m’y emploie avec mon équipe. Je suis plus que jamais aux côtés de mes concitoyens ; je suis un maire de proximité. Les maires doivent être plus que jamais des maires de proximité pour rassurer et être plus actifs et efficaces. On demande actuellement aux élus de terrain des réactions rapides face aux décisions gouvernementales. A Frontignan, nous agissons rapidement, dans l’intérêt de nos concitoyens. Nos maîtres-mots sont optimisme et détermination.”

Propos recueillis par Virginie MOREAU et Daniel CROCI


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