Montpellier - Camille Cattan, tisseuse de liens

Reportage

Camille Cattan fait partie des personnalités incontournables de Montpellier. Son nom est étroitement lié aux Dimanches du Peyrou et au Marché du Lez, notamment. Elle évoque son enfance, son parcours, ses projets, ses valeurs. Une femme bien dans sa vie…

Qui êtes-vous, Camille Cattan ?

Camille Cattan : « Ma première vocation était de devenir styliste, ensuite costumière de cinéma. J’ai aussi travaillé chez Pomme de Reinette et Pomme d’Api, la fameuse et l’unique boutique de jeux et jouets à l’ancienne de Montpellier. Et chez Agnès B pendant plusieurs années. Aujourd’hui, je suis directrice artistique, et organisatrice d’événements aussi bien dans le domaine public que privé, autour de l’art, de la brocante, de personnalités, dans Montpellier et sa région. Camille Cattan Evénementiel organise également des inaugurations, des sorties de magazines, et propose une communication joyeuse, intense et romantique.  »

D’où vous vient votre passion pour la brocante ?

« Cet attrait pour la brocante me vient de mon père, qui s’occupe du marché de Villeneuve-lès-Avignon. C’est sympathique de connaître l’histoire des objets, d’où vient tel objet, pourquoi il est fait comme cela. Les brocanteurs et les marchands sont des personnes très attachantes, qui ont tous leur personnalité. »

Racontez-nous votre enfance parmi les objets.

« J’ai grandi à Paris avec ma mère, qui était passionnée de mobilier et de décoration. Elle s’occupait de relations publiques, donc elle organisait beaucoup d’événements dans notre appartement, avec des ambiances à la Willy Rizzo, des films des années 1980. C’est dans cette ambiance-là que j’ai grandi. Ensuite, quand j’ai rencontré mon père, j’ai découvert la Provence. J’avais une quinzaine d’années et j’ai vu les plaques émaillées, la décoration des bistrots de Provence, les vanneries, la fripe, le jean, les marchés de Provence. »

Camille Cattan.

Êtes-vous collectionneuse ?

« Je suis passionnée de cinéma, donc je collectionne les affiches de cinéma. Les bouquins. Collectionneuse de boîtes ou de choses comme ça, peut-être pas, mais je m’y connais de plus en plus. L’époque que je préfère, ce sont les années 1920-1930 ; le côté art nouveau, art déco me touche particulièrement.

Je m’intéresse à l’art, à la peinture, aux tableaux… Par moments, j’ai de petites passions que je peux transmettre : collectionner les petits miroirs,par exemple. J’aime les vieux tissus, les robes anciennes, jupons et autres… D’ailleurs j’en porte parfois. J’ai un goût particulier pour la mode et l’amour des tissus mélangés : carreaux et rayures… »

Vous êtes à l’origine de la création des Dimanches du Peyrou…

« Cet événement fêtera ses 9 ans le 23 septembre prochain. J’habitais Montpellier depuis douze ou treize ans et j’avais vraiment envie de faire une animation pour la ville de Montpellier, le dimanche parce qu’il ne s’y passe pas grand-chose, dans un lieu formidable, le Peyrou, autour de la brocante et de l’antiquité. J’ai proposé mon idée à la maire d’alors, Hélène Mandroux, et à Marc Dufour. Elle leur a plu. Et ça marche. Les Dimanches du Peyrou continuent, sont de plus en plus animés, courus par les marchands. Il s’y passe quelque chose de sympathique, joyeux. J’aime rassembler les gens. C’est un lieu où les conversations s’animent, où il y a des échanges, des affaires qui se font, des rencontres. Aujourd’hui tout le monde est content de ce marché pérenne. »

A quand la « grande brocante » ?

« Pour les Dimanches du Peyrou, nous sommes en train de caler les prochaines journées continues, qui plaisent en général beaucoup. La prochaine grande brocante aura lieu au Peyrou le dimanche 11 avril, de 7h30 à 17h30, avec plus de 80 marchands professionnels, de la vente à emporter… La première brocante d’avril est toujours très sympa. Il y en aura une vintage au mois de juillet. »


Vous avez un lien particulier avec le Marché du Lez…

«  Tout à fait. Je connaissais Alexandre Teissier depuis une vingtaine d’années. Fidèle des Dimanches du Peyrou, il est venu me chercher il y a quatre ans pour l’aider à mettre en place une brocante formidable à Montpellier, sélectionner des exposants et animer ce lieu. J’ai été la directrice artistique du Marché du Lez pendant deux ans et demi, et maintenant, je m’occupe essentiellement des relations publiques, relations presse, relations avec l’Office de Tourisme… J’y suis très attachée. Pas qu’à la brocante, mais à tout ce grand lieu qui a été monté pour rendre la vie agréable dans ce quartier. Ce concept va d’ailleurs s’exporter. C’est un vrai rendez-vous installé dans la vie des Montpelliérains. Le Marché du Lez, les Halles du Lez et la street-food du Lez sont l’un des endroits les plus prisés des Montpelliérains et des plus visités à Montpellier, selon l’Office de tourisme. Nous sommes contactés en permanence pour y faire des tournages, pour qu’on y organise des visites, des rendez-vous. C’est un vrai lieu de vie. En cette période de Covid, c’est compliqué, mais ça va reprendre. Au marché du Lez, tous les deuxième samedi du mois, se déroulent les Puces du Lez, organisées par mon amie, la brocanteuse-antiquaire Christiane Danesi. Il y a un grand déballage sur le parking du Lez. Les Jaja La Fouine mettent l’ambiance avec leur caravane Airstream remplie de fripes ; la fleuriste Marguerite aussi. Il y a également d’autres événements en préparation, dont l’ouverture, en septembre prochain de la MediaSchool, dirigée par Virginie Brugues, et qui se déplacera dans un deuxième temps à la Halle Nova, à Cambacérès, en 2024. Avec Alexandre Teissier, nous tenions énormément à accueillir des étudiants… Le côté chaleureux et attractif du Marché du Lez est idéal pour cela. Nous serons là pour les accueillir en septembre 2021. »

camille-cattan

Est-il compliqué d’être une femme dans ce milieu d’hommes qu’est la brocante ?

« Je ne me laisse pas faire. Ce milieu est assez masculin, mais aujourd’hui, il y a de plus en plus de femmes qui font de la brocante, qui restaurent des objets, qui sont sur les marchés. Elles ont de vraies personnalités. Quand je suis au Peyrou à 6:30, je place des camions. Les quelques accrochages verbaux se règlent assez rapidement. Je le fais de manière ferme tout en étant sympathique. Des difficultés hommes-femme, oui bien sûr j’ai pu en rencontrer, mais je pardonne assez vite. S’il y a trois mots, on se dit les choses et ça s’arrête. Après, en général, ils ne recommencent pas. »

Comment parvenez-vous à concilier vie intime, familiale et professionnelle ?

« J’ai une vie de maman, deux enfants que j’adore, India et Vadim. Sur ma vie privée, je reste discrète. Pour vivre heureux, vivons cachés ! Etant un personnage public, parfois je m’isole. J’ai une assistante formidable qui peut s’occuper de mes réseaux à ma place. Si j’ai besoin de couper – parce qu’on a tous besoin de couper – je vais à la campagne, ou à la mer à Saint-Tropez, dans le Var, chez ma mère d’adoption, une personne que j’adore, que j’appelle mon phare… Dans une maison avec une ambiance de musique, bouquins, et aussi la tranquillité. Avec toutes ces couleurs du sentier du littoral que j’adore. J’adore y emmener mes enfants. Ma fille est née là-bas.  »

Quels sont vos projets ?

« Il y en a un qui me tient particulièrement à cœur. Cela fait deux ou trois ans que je voulais organiser quelque chose à Sète. Ça se concrétise. Ce projet mensuel, privé et public, qui va s’appeler 36 heures à Sète, va débuter en mai ou juin – on croise les doigts – autour de l’art, la culture, la brocante, la gastronomie. Il sera organisé en partie avec la Ville de Sète. Ce sera une animation sympa, attractive. Il y aura des points de rendez-vous dans la ville, en connexion avec les expositions de la ville de Sète. Avec, au démarrage, The Marcel, Le Rio, sur le quai Léopold-Suquet.

A Sète, il y aura la brocante du boulevard Victor-Hugo tous les premiers samedis du mois. Ce n’est pas un bis repetita des Dimanches du Peyrou ou du Marché du Lez. C’est autre chose.

Autre projet, je travaille avec la Halle Tropisme, que j’aime beaucoup. Nous allons faire la 6e supérette le samedi 13 mars. La supérette, c’est une ambiance brocante, vide-dressing, vide-­greniers, avec un marché de créateurs, une vente de plantes. J’adore cette équipe. Ce sont vraiment de très bons amis, Anne-Charlotte Eriau, Vincent Cavaroc. C’est la sixième et ça se passe très bien. Les gens peuvent y trouver des objets et des vêtements de seconde vie ou de troisième vie. C’est relax et dans l’air du temps, avec un côté populaire sympa. Nous sommes plusieurs identités qui aiment s’y assembler. Ensemble, nous faisons des choses formidables. »

Les synergies, c’est ce qui vous motive ?

« Les synergies, oui ! Ce que j’aime le plus, c’est faire que les gens se rencontrent, avec une envie vraie d’aller vers l’autre. Car la vie passe très vite, et aujourd’hui on est dans une période difficile. Le vrai échange et le vrai tissage humain, c’est ce qui m’intéresse le plus ; mettre les gens en relation. J’aime créer des rencontres entre des gens en sachant que le courant va bien passer entre eux. Je prends du plaisir à être une intermédiaire. J’aime les gens et les vrais rapports humains, autres que les réseaux. »

Vous promouvez aussi la bonne cuisine…

« Je suis l’ambassadrice du Bistrot de la Maison de la Lozère depuis son changement de cuisine et d’ambiance en 2019, passant de la gastronomie à la haute bistronomie. Je suis très attachée à cet endroit historique et aux personnes qui s’en occupent, Pierre Morel, Éric Cellier et toute leur équipe. J’effectue les relations publiques, la communication, et j’organise des rencontres autour du bon vin et des produits du Larzac dans ce lieu chic et joyeux. J’aime profondément Montpellier et son histoire…

Vous soutenez également des artistes professionnels…

« Je m’occupe régulièrement de Jimmy Richer, Mateo Venancio, Salamech, Quentin Dmr, Karine Detcheverry et Inès Hadj-Hacene, que j’affectionne tous. Je les soutiens en organisant des expositions et un partage de réseau, en les présentant à des collectionneurs… Je suis très attachée aussi à l’ambiance des galeries d’art. J’ai eu l’une de mes premières émotions artistiques en voyant l’exposition de Frida Kahlo. Je me sens bien dans les lieux d’exposition. Je vais voir des expos seule régulièrement. »

Un coup de gueule ?

« Les lieux où je me sens bien, à vrai dire, c’est les musées, les cinémas, les bistrots. Il faut que tout rouvre. Ce qui me touche particulièrement, depuis bientôt un an, c’est la fermeture des théâtres, des cinémas, de l’Agora, de l’Opéra Comédie… Ça me manque énormément, et je ne suis pas la seule. Je souhaite vraiment de tout mon cœur que ça rouvre très prochainement. Imaginez les danseurs, les comédiens, les acteurs… C’est tellement important… La culture est essentielle. Maintenant, il faut que tout ça puisse revivre ; que ça rouvre peut-être dans d’autres conditions ; que les spectacles puissent reprendre. De toute façon, on s’est tous déjà habitués à vivre différemment. Il faut montrer à nos enfants, aux étudiants, de vrais événements qualitatifs. Certes, on aime se plonger dans de bons bouquins. Mais là il est temps que la culture puisse rouvrir ses bras. On a tous été disciplinés comme il faut, et on le sera, parce qu’on va rester marqués par ce que nous vivons actuellement… »

Camille Cattan

Camille Cattan, on peut dire que vous êtes une femme passionnée. Une influenceuse aussi ?

« Mes passions, c’est la danse – on en a marre de ne pas danser ! –, le théâtre, la poésie, le cinéma, la peinture, la photographie… Influenceuse ? Je pense, oui. En tout cas, si je donne l’envie d’avoir envie d’aller voir des expositions, des films, d’aller chiner, et d’une forme de liberté aussi, tout ce peps, la joie, oui, j’espère influencer dans le positif, bien sûr… »

Quelles sont vos valeurs ?

« La générosité, la franchise, la tendresse, l’humour… Il faut toujours rire de soi-même, toujours, en toute situation ! Et le travail d’équipe. Ma collaboratrice, Johanna Pokobene, travaille avec moi depuis un an. Derrière chaque événement Camille Cattan Evénementiel, il y a une équipe. »

Propos recueillis par Virginie MOREAU
vmoreau.hje@gmail.com

Qu'en pensez-vous ?

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaires

  1. J’aimerai être informé des différents événements à venir… Montpellier et autres.. Merci…

Jeux concours
Météo de l'Hérault
Hérault Tribune Pro Hérault Tribune Reportages

Depuis 1973, d’abord sous format magazine, puis via son site, Hérault Tribune informe le public des événements qui se produisent dans le grand Agathois, le Biterrois et le bassin de Thau.

logo hje

Depuis 1895, l’Hérault Juridique & Economique traite l’économie, le droit et la culture dans son hebdomadaire papier, puis via son site Internet. Il contribue au développement sécurisé de l’économie locale en publiant les annonces légales.