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MONTPELLIER - Michaël Delafosse, la grande interview 4/5

  “La transition écologique pour une transition urbaine durable” Le maire de Montpellier et…

 

“La transition écologique pour une transition urbaine durable”

Le maire de Montpellier et président de la Métropole a accordé à l’Hérault Juridique, une grande interview. Véritable déclaration de politique générale pour le mandat à venir, il aborde avec l’HJE, les questions de l’emploi, de l’économie, de l’urbanisme et de l’écologie. Dans cette quatrième partie, Michaël Delafosse parle du commerce local, des futurs projets urbains qui vont animer la ville, du verdissement de la ville et de la Place de la Comédie.

Le 25 août, le maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, Michaël Delafosse, a reçu la rédaction de l’HJE dans son bureau, à la mairie. Il a évoqué le soutien à l’emploi, à l’économie locale et aux commerces, la transition écologique – notamment en lien avec les entreprises – et les évolutions à venir en matière d’urbanisme… « Montpellier est une métropole où l’avenir s’invente », nous dit le maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole. Cette interview est parue dans son intégralité dans notre édition print du jeudi 3 septembre 2020.

Interview par Virginie MOREAU rédactrice en chef de l’Hérault Juridique & Economique en partenariat avec HéraultTribune.com

 vmoreau.hje@gmail.com

Une Task Force pour l’Ecusson

HJE : Vous avez annoncé des mesures fortes pour l’Ecusson et ses commerçants…

Michaël Delafosse : « Dans les quinze jours qui viennent, je vais créer une Task Force Ecusson que je piloterai personnellement dans un premier temps. Si l’on doit retenir quelque chose de mon mandat, outre la gratuité du tram, c’est ma détermination totale pour le coeur de la ville et de la Métropole : l’Ecusson. C’est le lieu préféré de tous les gens qui aiment Montpellier. Pour que l’Ecusson vive, donc que le coeur batte, il faut que le commerce vive. Pendant

longtemps, tous les moyens étaient concentrés sur l’extension de la ville. Ils vont petit à petit être redéployés sur les enjeux de rénovation urbaine, et sur le centre et sa relation aux faubourgs.

J’ai beaucoup de projets. Pour l’instant, je traite mes urgences : travailler à sa redynamisation, protéger ses commerçants, le fonds L’Occal… La première urgence, c’est la sécurité. Certaines personnes ne vont plus sur la Comédie en famille car elles ne s’y sentent pas en sécurité. Il faut agir. D’où le PC mobile mis en place, et après le PC ce sera une voiture de police en permanence. J’ai toute confiance en Sébastien Cote, adjoint à la protection de la population et à la tranquillité publique. J’ai travaillé pour que les efforts concernant le nettoyage et la propreté soient amplifiés. La tâche est immense ! »

Vous allez engager des projets urbains d’envergure…

Michaël Delafosse : « Nous allons redynamiser le centre par du projet urbain. Les habitants pourront se réunir sur la place des Arceaux, car le parking des Arceaux sera enterré. Ils pourront remonter le Peyrou rénové, regarder à gauche le Jardin des Plantes restauré et ouvert sur la ville – petit aparté : au contrat de plan Etat-Région, nous mettrons pour une fois le patrimoine scientifique au même niveau que les grands labos. Nous allons rénover la rue Foch, percée haussmannienne de la ville, la place des Martyrs de la Résistance, la place Jean-Jaurès, la rue de la Loge, la Comédie… Nous allons relancer en urgence absolue le projet de ZAC Pagézy pour connecter Antigone. Il y a une décennie de travail. Ce n’est pas le temps du mandat du maire. Peut-être qu’un autre maire ou une autre maire sera élu(e) en 2026, mais en tout cas, mon projet s’inscrit sur une décennie. Nous devons reprendre en mains notre centre.

« Ma feuille de route, c’est mon programme électoral. Je tiens et tiendrai mes promesses. Je veux restaurer la confiance dans la parole des politiques.»

Derrière cela se jouent l’attractivité du Corum, donc de l’emploi ; la vitalité des commerces, et pas de n’importe quels commerces, pas les franchises : les commerces indépendants, les commerçants qui entreprennent, les commerces qui sont là depuis trois générations, ceux qui ont des projets, les créateurs du quartier Saint-Roch, cette jeune fleuriste qui livre en vélo rue de l’Aiguillerie, ceux qui défendent les métiers de savoir-faire, qui disent que l’on peut travailler de ses mains, qui continuent à sourire pour créer du lien… C’est ça le centre-ville de Montpellier !

 

Pour faciliter l’accès aux commerces du centre-ville, où convergent les tramways et bus, nous instaurons dès le 5 septembre la gratuité des transports le week-end pour les habitants de la Métropole [NDLR : voir l’article sur www.heraultjuridique.com]. Nous sommes la première Métropole à le faire. Ce n’est qu’une étape avant la gratuité totale même en semaine pour les habitants de la Métropole. C’est un progrès pour les jeunes, les familles, pour les commerçants du centre-ville et pour le climat. Plutôt que de prendre la voiture pour aller en périphérie, d’ici peu on pourra enfin aller en famille dans le centre, sur les jeux de l’esplanade, au musée Fabre voir l’exposition Le Canada et l’impressionnisme, ou admirer le coucher du soleil depuis le Peyrou, comme le magazine Géo le suggère. D’ailleurs, quel plaisir de découvrir que l’on parle si bien de Montpellier dans la presse ! »

Ecologie transversale

Vous souhaitez engager Montpellier vers un modèle écologique vertueux…

 

Michaël Delafosse : « Quand j’étais enfant, on a pétitionné contre les CFC qui renforçaient le trou de la couche d’ozone. Actuellement, le changement climatique, l’extinction de la biodiversité et la disparition du vivant sont nos urgences. Quand les opinions publiques et surtout les Etats se saisissent de ces sujets, on peut inverser le cours des choses. Je veux tenir un discours positif en matière d’écologie. Je crois que nous pouvons réussir à fédérer sur ce sujet, avec humilité et sens du compromis. Il faut montrer que de nouveaux chemins sont possibles. Ma grande ambition pour réduire l’impact des transports sur le climat est de réussir la gratuité des transports publics, parce que si je réussis ça, toutes les villes de France et d’ailleurs nous emboîteront le pas. »

 

« Des arbres en bacs seront placés sur la Comédie d’ici quelques semaines. »

Votre priorité est de verdir la Comédie et la ville ?

Michaël Delafosse : « De manière urgente, nous allons travailler sur l’ambiance de la Comédie. Pour commencer, des arbres plantés dans des bacs remplaceront d’ici cinq semaines les plots bleus inesthétiques qui participent à la pollution visuelle. Cela annonce la végétalisation plus avant de la Comédie et la végétalisation de la ville. Georges Frêche avait lancé la piétonnisation de la Comédie. Nous devons aujourd’hui nous adapter au changement climatique en lançant sa végétalisation. Isabelle Touzart, vice-présidente à la transition, et Stéphane Jouault, l’adjoint à la Nature en ville, s’occupent de ce dossier. Notre ville est l’un des territoires les plus vulnérables face au changement climatique. Il a fait 46,9 degrés le 28 juin 2019 ! Pour nos enfants et la génération qui vient, nous devons retrouver un lien avec la nature. Nous avons le devoir de répondre à la jeunesse des Marches pour le Climat afin qu’elle retrouve confiance en l’avenir. Sinon, ça finira en guerres, en conflits, en déclin. La transition ne se fait pas en un claquement de doigts. Il va encore y avoir des moments complexes. Nous allons installer des capteurs pour mesurer le risque inondation, qui a tué deux personnes en 2014 à Montpellier. Ces gens avaient encore bien des choses à faire et à vivre. Je ne les passe pas en pertes et profits. Nous sommes une ville méditerranéenne. Qui dit arbres dit ombre. Quand il y a des canicules ou de fortes chaleurs, l’ombre des arbres doit nous protéger plus que le climatiseur chez soi. L’espace public doit rester généreux et hospitalier. La place de la Comédie ne doit pas être fuie parce qu’il y fait trop chaud ; elle doit être un lieu de rencontre et d’agrément. »

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