Montpellier – Sète : Montpellier 2028 lance un second appel à projets culturels

Reportage

Une nouvelle assemblée générale de l’association "Montpellier 2028 – Capitale européenne de la Culture" s’est tenue à Sète le 14 octobre. Il était question du budget 2023, de la présentation des axes du dossier et du lancement de l’appel à projets 2023. Échange avec deux maires-présidents heureux : François Commeinhes et Michaël Delafosse.

Si l’objectif premier de tout ce travail est bien d’être capitale de la culture en 2028, les enjeux portés par ces élus sont de dynamiser la filière culturelle au sens large sur le territoire, bien au-delà de 2028 : « cette candidature nous a déjà bien changés. Nos trajectoires bougent et stimulent tous les acteurs, privés comme publics. C’est aussi une stratégie à long terme qui s’articule sur le projet artistique lui-même« , confie Michaël Delafosse. Il s’agit donc de mêler développement du territoire, urbanisme, formations et pédagogie sur des projets culturels qui se veulent fédérateurs.

Adèle Charvet, la présidente de l’association, synthétise cette assemblée générale : « nous avons bien entendu voté, le budget était à l’ordre du jour, mais c’était aussi l’occasion de présenter les grands axes de la candidature et les grands axes du projet artistique, comment des questions de société, des questions politiques se relient et sont interconnectées avec des questions culturelles. Nous sortons très satisfaits de ces échanges pleins de promesses ».

Pour François Commeinhes, qui accueillait cette assemblée générale dans les locaux de la mairie de Sète, « c’était également l’occasion de se retrouver tous ensemble, après tout ce travail déjà engagé et bien avancé. Revenir sur ce que nous ont appris nos différents déplacements à Paris ou Bruxelles« .

Michaël Delafosse se dit satisfait de l’engouement des communes autour de ce projet de territoire : « la première fois que l’association qui porte la candidature s’était réunie pour sa constitution, c’était à Montpellier. Là, nous avons été accueillis à Sète. C’est un nouveau moment important où l’on a pu constater tout le chemin parcouru. D’abord l’appel à projets qui fait vivre cette candidature sur le territoire, notre déplacement commun à Bruxelles où nous avons rencontré les commissaires européens, le Parlement européen, le comité des régions. Je suis très heureux d’être aux côtés de François Commeinhes. Et puis, nous avons été rejoints ! Nous en sommes à 142 communes ! Nous allons maintenant jusqu’en Camargue avec Aigues-Mortes et au nord du département avec Lodève. Notre candidature dessine un très grand territoire, fédéré par cette démarche ambitieuse d’être le grand rendez-vous en 2028 de la culture. C’est donc un point d’étape important dans la dernière ligne droite avant le dépôt du dossier ».

142 communes et un budget de 1,37 M€

C’est dans une démarche engagée avec Sète, la Région Occitanie, le Département de l’Hérault, la Communauté de communes du Pays de Lunel, la Communauté de communes du Grand Pic-Saint-Loup, l’Agglo Hérault Méditerranée et la Vallée de l’Hérault que Montpellier a annoncé sa candidature au titre de Capitale européenne de la culture en 2028. Sous l’égide de l’association Montpellier 2028 – Capitale européenne de la Culture, ce sont 142 communes qui portent ce projet d’envergure. L’Association dispose d’un budget de 1 370 000 € pour l’année 2023.

Cette assemblée générale a également été l’occasion pour deux nouvelles intercommunalités de formaliser leur volonté de rejoindre la dynamique territoriale en cours autour de cette candidature : la communauté des communes Terre de Camargue (Gard) et la communauté de communes Lodévois et Larzac (Hérault). Elles délibéreront très prochainement au sein de leurs assemblées respectives pour officialiser leur soutien au projet et entreront formellement au sein de l’association en 2023.

Cela portera ainsi à 12 le nombre des collectivités territoriales engagées dans cette démarche qui regroupe désormais 173 communes dans un périmètre inédit.

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3 concepts et 3 axes

Le déplacement à Bruxelles a permis à l’équipe de comprendre et identifier les attendus du jury européen. L’équipe s’est dotée d’outils correspondants « car il faut bien répondre aux 6 grands chapitres du dossier de candidature, tout en étant au service de l’artistique et de la célébration de l’année Capitale 2028. C’est une trajectoire et un projet de 2022 à 2028 que nous sommes amenés à séquencer dans un calendrier. C’est un chemin de récits et de partages d’imaginaire, il se construit aussi au quotidien pour que chacun se trouve à sa place », détaille Sophie Léron, la directrice stratégique de Montpellier 2028. Nicolas Dubourg, le directeur artistique de Montpellier 2028, se dit heureux : « nous sommes contents, car nous sommes au moment où l’on se dit que ça y est, quelque chose est en train de prendre. L’émulsification prend. L’enjeu est de passer d’étape en étape« .

Les trois concepts et trois moments de la candidature sont « Relier, Acter, Célébrer » :

  • Relier en valorisant une Europe territorialisée, vécue à échelle humaine, horizontale et transnationale ; favorisant les coopérations entre acteurs (coopération intra et inter sectorielle, coopérations locales et internationales). Se relier au vivant : changer notre rapport au vivant ; questionner les esthétiques (rapport à l’histoire, au territoire).
  • Acter : intégrer la science, le donné, le vivant ; affronter la complexité ; repérer les expérimentations. Favoriser les démarches horizontales ; renforcer la capacité à agir, l’autonomie ; préparer l’essaimage.
  • Célébrer : construire un temps de l’évènement : qui fasse sens pour les communautés d’acteur et qui construise des repères historiques ; et donner du sens au commun : célébrer la paix, la solidarité, la science ; célébrer notre relation au vivant.

Trois axes artistiques sont : l’eau qui nous relie, le futur en séries, Trans ?

  • L’eau qui nous relie : l’eau parcourt des territoires, elle est constitutive de cultures (professionnelles, sensibles, historiques) ; interroger ces cultures, les relier, les faire aussi évoluer en les questionnant sur leur rapport au présent et au futur.
  • L’eau qui nous constitue : l’eau est un vecteur du commun, elle est une ressource rare et menacée. Interroger notre rapport au vivant, questionner nos esthétiques.
  • Le futur en séries : construire de nouveaux récits de la mutation ; faire évoluer le rapport à l’œuvre pour l’intégrer dans un processus créatif, bâtir des esthétiques évolutives, intégrant le réel et la science.
  • Trans ? Le trans, c’est ce qui passe, ce qui s’écoule ; interroger un préfixe problématique et emblématique de notre époque : transnational, transgénération, transmédias, transition, transdisciplinaire… Enfin la transe, c’est aussi un des états de la célébration.

Nouvel appel à projets : 700 000 € de budget

Si le premier appel à projets a réussi à créer l’émulsion du territoire, à donner aux différents acteurs l’envie de travailler ensemble, il a permis aussi d’illustrer les premières « impressions que nous avions pour cette candidature : le partage de l’urbanisme comme un moyen de faire élever des projets culturels, la question de l’hospitalité. C’était ce que nous voulions mettre en avant sur 2022 : des projets singuliers. Ce second appel à projets est différent. Nous présentons les axes artistiques. Nous sommes sur des projets qui sont presque des prototypes de ce que nous allons imaginer pour 2028 » explique Sophie Léron.

Nicolas Dubourg complète : « nous présentons le dossier de présélection fin 2022, dans lequel il y aura entre 30 et 40 projets qui sont la colonne vertébrale de la candidature. Le projet définitif sera beaucoup plus étoffé. Précisément, nous utiliserons les projets repérés dans ce second appel, qui pourront notamment aider des structures modestes à accéder à de grands projets européens« .

L’association Montpellier 2028 lance un second appel à projets en vue d’enrichir la création et la diffusion artistique et patrimoniale du territoire de la candidature. Il visera à soutenir des actions artistiques, culturelles et patrimoniales, tous secteurs confondus, et ce tout au long de l’année 2023.

L’objectif affiché est de soutenir des initiatives s’inscrivant dans l’ambition de la candidature autour de ses enjeux, de ses concepts et de ses axes artistiques dévoilés pour l’occasion. Comme pour le premier appel à projets, le montant de l’enveloppe dédiée aux projets lauréats s’élève à 700 000 euros. Ce budget est porté par l’association.

Comment proposer un projet ?

Les projets doivent être déposés en ligne sur le site montpellier2028.eu (lien direct ici) entre le 18 octobre et le 2 décembre 2022 à 17h00. L’aide attribuée ne pourra dépasser 60 % du montant global du projet, dans la limite d’un montant plafond de 30 000 euros TTC. Les dépenses éligibles sont les dépenses artistiques, techniques, logistiques et de communication liées à la réalisation du projet ainsi qu’une part des coûts de structure de l’organisme (dans la limite de 10 % du budget total du projet pour les coûts de structure).

Les propositions présentées devront s’inscrire dans la démarche de candidature de « Montpellier 2028 » et répondre aux objectifs suivants, de façon cumulative :

  • Partager et construire collectivement le récit de la candidature « Montpellier Capitale Européenne de la Culture 2028 » en écho à ses trois concepts (Relier / Acter / Célébrer) et ses trois axes artistiques (L’eau qui nous relie / Le futur en séries / Trans).
  • Faire émerger des projets partenariaux entre les territoires à l’échelle du bassin de vie de la candidature en mettant en œuvre des projets communs entre les différents acteurs et actrices du monde culturel, social, éducatif, de la santé, de l’éducation ou économique implantés sur ce vaste territoire, ou des projets favorisant les partenariats au niveau européen ou à dimension internationale.
  • Faire émerger des projets artistiques et culturels favorisant un ou plusieurs axes forts de la candidature et ainsi préfigurer de ce que pourrait être la programmation de l’année 2028. Favoriser la participation des habitantes et des habitants dans le cadre de la candidature par des propositions autant que possible gratuites et accessibles à toutes et tous.

Les projets pourront revêtir des formes originales et innovantes, et devront se dérouler sur les 142 communes partenaires de Montpellier 2028 à partir du mois de février et jusqu’au 31 décembre 2023.

Les prochaines étapes de la candidature

Le dossier pour faire partie des territoires finalistes doit être déposé fin 2022. Il fera l’objet d’une présentation orale devant le jury fin février et les résultats seront connus courant avril. Le territoire lauréat sera connu début 2024. Le jury est composé de 12 personnes, dont 2 représentants de la France, nommés par l’Union européenne.

« Nous devons nous faire comprendre de tous, dire des choses qui leur plaisent à tous. Notre dossier et ce qu’il se passe déjà sur notre territoire montrent et font la preuve que nous sommes tous fédérés. Un autre facteur que nous pensons important est que nous sommes unis : région, département, intercommunalités et villes« , précise Michaël Delafosse.

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