Politique — Montpellier Méditerranée Métropole

Montpellier : un espace de solidarité dans une rue chic des Arceaux

Décidés par la précédente mandature, mais enrichis d’un projet architectural par l’équipe du maire Michaël Delafosse, les travaux au CCAS des Arceaux qui accueille aujourd’hui 12 000 personnes par an, vont donner le jour à un espace de mixité et d’ouverture pour la prise en charge des publics en difficulté.

© Mairie de Montpellier

Entre les Arceaux et Figuerolles, entre un quartier prisé et l’un des 12 quartiers prioritaires de la Métropole, un îlot de solidarité se forme au cœur de la rue Jacques Draparnaud. Un centre d’expérimentation et d’innovation sociale (CEIS) va éclore en lieu et place d’une ancienne crèche construite dans les années 50, devenue un CCAS. “Le premier tiers-lieu social et numérique de Montpellier” précise le maire Michaël Delafosse. Le public pourra bénéficier des lieux dans 15 à 16 mois selon les architectes de l’agence Tautem en charge de la rénovation et de l’extension du bâtiment entourant un vaste jardin. Les travaux dont le coût global est de 4 millions d’euros dont 1,3 million financés par le Département, vont permettre d’aménager 1 400 mètres carrés d’équipements et 1 000 mètres carrés d’espaces verts. La Ville veut remettre du service public dans l’espace public, le rendre visible et attrayant.

La “porosité des quartiers”

La qualité du cadre dans lequel seront accueillies les personnes ayant besoin d’intégrer ou de poursuivre leur parcours d’insertion fait donc partie de l’accompagnement. Si la mairie rompt avec des lieux d’accueil qui semblent parfois eux-mêmes voués à l’abandon, c’est pour que la personne se sente prise en charge. C’est donc un pari sur une nouvelle approche et qui pourrait faire émerger “un modèle à démultiplier dans la Métropole” à en croire Michel Calvo, vice-président du CCAS de Montpellier, délégué à la Ville fraternelle et solidaire.

La mairie croit en la porosité des quartiers. Si l’avenue de Lodève, située à une trentaine de mètres du futur centre, fait souvent office de frontière dans l’esprit des habitants du quartier, le maire Michaël Delafosse ne croit pas à ces marquages : “Il y a une fierté à installer ce centre dans le quartier des Arceaux. Il n’y a pas de quartier bobo à Montpellier, chaque quartier a son identité”. Même mantra pour le délégué au quartier centre et au patrimoine historique Boris Bellanger : “ Il y a plus de porosité qu’on le croit entre les Arceaux et Figuerolles. Les 12 quartiers prioritaires de la Métropole sont tous à Montpellier. Le besoin de solidarité est donc concentré dans la ville”. En dépit des travaux qui transforment le quartier de Figuerolles, Michel Calvo ne croit pas qu’une partie du public qui aurait pu bénéficier du nouveau centre des Arceaux ait été contraint d’émigrer vers la périphérie : “ Le quartier du centre ville, paradoxalement, abrite beaucoup de pauvreté. Elle est invisibilisée, plus qu’à la Paillade par exemple. Il y a notamment beaucoup de personnes âgées isolées dans le centre ville”.

Les 4 piliers du CEIS

ceis
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Si les élus prônent la mixité sociale, le CEIS des Arceaux n’en accueillera par pour autant tous les publics. Le centre s’attache en priorité aux personnes en insertion professionnelle. La Mairie a défini 4 thèmes pour un public âgé de 25 à 50 ans à en croire les élus. Les personnes âgées isolées sont accueillies dans les clubs Âge d’or, sauf pour les ateliers du numérique luttant contre l’illectronisme. 8 000 bénéficiaires y sont attendus par une partie des 12 conseillers numériques recrutés en septembre 2021 intervenant dans différents lieux de la métropole. Au cœur de l’action du CEIS, on trouve les ateliers “emploi” pour 650 bénéficiaires. Mêlant ateliers collectifs et individuels, la Ville oriente les personnes vers les secteurs en demande comme l’aide à domicile, l’aide aux soins, la médiation numérique…

Sur le modèle de l’assistance d’un contrat d’assurance, le CEIS propose des ateliers “budget” pour aider les personnes à gérer leur porte-monnaie. Le but est d’éviter à près de 1 000 bénéficiaires potentiels une situation de surendettement mais aussi de les aider à réaliser des projets professionnels par le biais du micro-crédit. Dernier pilier, la santé, en partenariat avec le Département, pour affirmer le droit à la santé des bénéficiaires du RSA notamment. Enfin, le CEIS a aussi vocation à aider les femmes victimes de violences. Au cœur de la prise en charge qui doit leur redonner le droit de vivre à l’écart de toute menace physique ou psychologique, les parcours seront anonymisés. Un gage de sécurité contre l’acharnement de certains conjoints violents.

A noter la présence d’un accompagnement pour les personnes réfugiées dans le cadre du Contrat territorial d’accueil et d’intégration des réfugiés. Il s’est fixé pour objectif de les aider dans leur apprentissage de la langue française et de leur permettre d’intégrer au mieux un parcours d’insertion sociale et professionnelle.

Le “bouclier social”

refugie
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A l’instar du président du Conseil départemental Kléber Mesquida, la Métropole de Montpellier se veut un “bouclier social” pour les habitants. La ville “a un seuil de pauvreté important et du même niveau que celui de Marseille” a rappelé Michaël Delafosse. Ce nouveau centre s’inscrit dans la continuité de la politique sociale conduite par l’équipe municipale. Son axe se veut républicain comme en témoigne, notamment, le plan de soutien scolaire laïc et gratuit. “On paye les professeurs dans presque tous les établissements de la ville, demain dans les Maisons pour tous et les médiathèques. Cela évite aux familles d’aller à ‘Acadomia’, ou d’avoir recours au soutien scolaire confessionnel même si on a le droit, il n’y a pas de problème. Mais quand il n’y a pas d’alternative, il y a un problème du point de vue de la République” a déclaré le maire.

Une volonté de remettre l’Etat où la population en a besoin, à travers des services publics qui affichent un nouveau visage plus engageant. L’approche se veut globale sur les besoins de la personne pour en finir avec le dédale administratif des services publics, qui en fin de compte participent à l’exclusion.

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