Muriel Bordier s'amuse de l'absurdité de l'existence à la Galerie Gabrielli

Jusqu'au 18 mars 2017, dans le cadre de l'exposition "Thermes", Annie Gabrielli présente, aux cimaises de sa galerie, 8 photographies de grand format signées Muriel Bordier. Remarquée à Fotofever, titulaire du Prix Arcimboldo 2010 pour sa série "Espaces museaux" et du Prix Eurazeo pour la photo en 2015 pour sa série "Les Thermes", Muriel Bordier fait preuve d'humour mais aussi de cynisme et d'ironie dans ses clichés numériques représentant des saynètes décalées et absurdes.

Ses photos ont fait la couverture du catalogue de Fotofever (paru chez Schleck) et ont illustré un article de Beaux-Arts Magazine de novembre 2016, intitulé “Comment collectionner la photo”. C’est dire si son travail numérique a été remarqué et s’il fait l’unanimité.

Muriel Bordier a accroché, aux cimaises de la Galerie Annie-Gabrielli, à Montpellier, huit de ses photographies contrecollées sur Dibond. La plupart sont issues de sa série Les Thermes, une autre étant extraite de sa nouvelle série Open Space. Dans ses œuvres, l’espace est traité de façon aseptisée. Les lieux sont impersonnels, froids. Ces grands volumes blancs, noirs ou carrelés sont déshumanisés. Des personnages qui semblent démesurément petits s’y activent, parfois drôles, parfois ridicules.

Dans Les Thermes, on voit des petits personnages nager dans des piscines vidées de toute eau, ou plutôt flotter dans des harnais. D’autres apprennent à nager sur des chaises. Muriel Bordier place de façon répétitive les mêmes personnages dans des positions différentes, donnant l’impression que l’être humain se débat dans des situations inadéquates pour lui. Un autre cliché montre un maître-nageur remplir d’eau une piscine à l’aide d’un unique tuyau d’arrosage, de nuit. La tâche semble quasi impossible. L’absurdité de certaines situations saute aux yeux. Une parodie d’inauguration d’une piscine vide suscite le sourire.

Dans un contexte complètement différent, dans son Open space, une cadre vêtue d’un tailleur rouge hurle dans son téléphone portable, tandis que ses collègues, de sombre vêtus, incommodés par le bruit qu’elle leur impose, subissent en silence les conséquences de ce nouveau mode d’organisation des espaces de travail. Véritable satire sociale, ce cliché nous interroge sur nos comportements en société, et met l’accent sur la solitude inhérente à l’être humain.

Entre errances étranges et solitude, malgré la bonne dose d’humour qu’elles distillent, les images de Muriel Bordier, très esthétiques, montrent à quel point, même en société, l’être humain peut se sentir isolé et seul.

Virginie MOREAU
vm.culture@gmail.com

Informations pratiques

Galerie Annie-Gabrielli
33, avenue F. Delmas
Montpellier
Tel. : 06 71 28 53 24.

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