Nicolas Laisné : « L’Arbre blanc est un village vertical ouvert sur la ville »

Retour sur inauguration. Interview de Nicolas Laisné, l'un des architectes du désormais mythique Arbre blanc de Montpellier…

Nicolas Laisné est l’un des architectes qui a su convaincre Sou Fujimoto de travailler sur le projet de l’Arbre blanc à Montpellier. Un concept choral de 49,5 m de hauteur, 112 logements et 42 M€ d’investissement, créé par l’audacieux et sensible japonais associé à Manal Rachdi (OXO), Dimitri Roussel et Nicolas Laisné. La légende naissante dit qu’il a été bouclé en une dizaine de jours à Tokyo. Ce que Sou Fujimoto a confirmé. Le chantier, de la conception initiale à la dernière finition, aura duré 6 ans ! 3 ans d’études et de tests, ont permis de valider de nombreuses innovations techniques. C’est le BET Verdier (André Verdier) qui a mis au point la solution technique de pose des balcons, sans laquelle l’Arbre blanc n’aurait jamais poussé.

Avant sa mise en chantier, un prototype comprenant le rez-de-chaussée et un étage, construit à l’abri des regards sur un terrain en voie d’aménagement, a permis pendant 4 mois à des experts venus du monde entier de participer à la réflexion architectonique de cet édifice remarquable. Imaginez : les balcons du 16e étage pèsent pour les plus grands 3,5 tonnes chacun, et mesurent 7,50 m de long sur 3,70 m de large ! Au 17e et dernier étage, un bar public et un espace convivial réservé aux copropriétaires permettent au visiteur ou au résident de bénéficier d’une vue à 360° sur la ville. Le promoteur Olivier Ganivenq (Promeo) s’est dit prêt à réinvestir dans ce type de projet… Dont acte ? …/…

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Article publié dans notre édition du 27 juin 2019, n°3261

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Nicolas Laisné : « L’Arbre blanc est un village vertical ouvert sur la ville »

L’interview

nicolas laisne architecte Arbre blanc
Nicolas Laisné au 16e étage de l’Arbre blanc. ©HJE2019, D. Croci

Avec cette inauguration, l’aventure de l’Arbre blanc se referme-t-elle définitivement pour vous ?

” Au contraire. Je pense que c’est un nouveau départ. C’est un mouvement qui s’amorce. On voulait faire un bâtiment qui soit à la fois de centre-ville et doté des mêmes agréments et du même confort qu’une maison individuelle. Je pense que c’est une demande très forte en France qui répond bien sûr à un impératif écologique mais aussi à une demande de vie partagée. Et je travaille déjà sur d’autres projets similaires en France et à l’étranger. “

Avec le travail réalisé sur l’Arbre blanc votre perception de l’architecture contemporaine a-t-elle évoluée ?

” Chaque projet de ma carrière crée effectivement de nouvelles portes qui ouvrent de nouveaux espaces de réflexion. Dans celui-ci, l’intérêt principal était son intégration dans la ville, le fait qu’il soit ouvert sur son environnement urbain et qu’il fonctionne à la manière d’un village vertical où chacun à sa « maison » ; mais avec une place de village sur le toit que chaque copropriétaire peut investir ponctuellement. Il y a aussi en rooftop, un bar ouvert au public, et au pied de l’immeuble, un restaurant, une galerie d’art et bientôt un espace de coworking… ce qui contribue à ouvrir véritablement l’Arbre blanc sur l’extérieur. Ces espaces partagés sont une exigence que nous avons amené dès le départ du projet. En tant qu’architecte je suis très attaché au fait que la vie puisse diffuser au sein des copropriétés. A ce titre, le fait d’être très bien chez soi, dans un espace privé doté d’un grand et large balcon, devait être associé à une vie sociale riche qui doit favoriser la rencontre avec ses voisins. L’un ne va pas sans l’autre. C’est pour cela qu’ici, je me suis dit : « à quoi bon habiter dans un deux pièces au premier étage d’une tour même aussi fonctionnelle et esthétique que l’Arbre blanc ? ». Il fallait limiter une certaine frustration, ce que nous avons fait en permettant d’accéder à un espace commun réservé à la copropriété sur le toit de l’Arbre blanc. “

Vos projets immédiats ?

” Je travaille sur de nombreux projets et particulièrement sur celui d’un campus en bois de 125 000 m2 qui prendra place à Nanterre. C’est le plus grand arbre blancprojet de ce type au monde. Mais également sur la compétition des Jeux olympiques de Paris, où se projette un autre très grand bâtiment bois. Je suis également en compétition à Vancouver au Canada. La particularité de cet appel d’offre est d’être calqué sur celui de « Réinventer Paris », le même que celui qui est à la genèse de l’Arbre blanc. En ce sens, l’Arbre blanc a fait bouger les curseurs. Ce sont des appels d’offres dans lesquels les villes mettent beaucoup d’ambition. Ce modèle de consultation a été « exporté » à Vancouver. Un promoteur nous demande de travailler là-bas sur le même mode que celui qui a fait le succès de l’Arbre blanc. La tour signal de Montpellier prouve que l’on peut faire un bâtiment de logements avec une véritable signature architecturale et qui apporte un plus à la fois à ses habitants en interne et, à la ville qui l’intègre. Cette vision collégiale et collaborative depuis la conception architecturale et urbanistique d’un projet jusqu’à sa réalisation m’apparaît désormais comme importante, voire même essentielle. “

Propos recueillis par Daniel CROCI

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