Ode à nos soignants dans les rues, sur les clichés de Cédric Matet

Reportage

Jusqu’au 22 mars, certaines rues du centre-ville de Montpellier et l’esplanade Charles-de-Gaulle rayonnent d’un souffle d’espoir. Celui que nous avons en le professionnalisme et le dévouement de nos soignants, dont les portraits flottent au vent ou figurent sur des panneaux.

De l’utilité de la photographie en temps de crise

Une série photographique pour ne jamais oublier ceux que nous avons tant applaudis, chaque jour, à 20h00, pendant le premier confinement, et qui se dévouent sans relâche auprès des malades.

Lors du premier confinement, en mars 2020, le photographe sétois Cédric Matet s’est interrogé sur l’utilité de la photographie alors que le monde entier affrontait une grave crise sanitaire. Lors d’un appel téléphonique passé à Gérald Chanques, professeur au CHU de Montpellier, les deux hommes ont mis sur pied un projet destiné à montrer les visages de ceux qui se battent pour notre santé.

Après avoir obtenu les autorisations nécessaires – un parcours du combattant facilité par le soutien du Pr Gérald Chanques –, Cédric Matet a photographié les uns après les autres de nombreux professionnels de santé « dans une atmosphère très particulière », se souvient-il. « Je me suis rendu dans les services du CHU les plus directement confrontés à la Covid : le département réanimation et anesthésie du Pr Capdevilla, qui habituellement reçoit des accidentés de la route, et où j’ai été très bien accueilli ; les urgences ; le service des maladies infectieuses… Je me suis aussi rendu au Samu de Vailhauquès par exemple », détaille le photographe. 

soignants cedric matet

De ces moments passés auprès des professionnels de santé, Cédric Matet a réalisé 120 portraits lors du premier confinement, et 80 portraits durant le second confinement. « A chaque fois, j’ai installé mon studio dans un espace mis à ma disposition. Chaque prise durait une vingtaine de minutes, sur un total de trois à quatre heures d’affilée. Les soignants volontaires pour ce projet se succédaient ». 

Un travail essentiel

« Ce travail a priori non-essentiel avait pourtant un caractère essentiel par la relation d’humain à humain qu’il instaurait », estime Cédric Matet, qui a mis un point d’honneur à mettre au même niveau les aides-soignantes et les professeurs lors des prises de vues et dans leur traitement. 

Faire tomber les masques

Selon le Pr Gérald Chanques, « Proposer des portraits d’art dans le contexte de la pandémie, c’était singulier. J’ai trouvé ce projet passionnant, parce que Cédric Matet avait une approche différente de celle que l’on voyait dans les reportages – qui mettaient en évidence les tenues de protection, les gestes de réanimation. Au contraire, Cédric Matet sortait les soignants et le personnel administratif de leur contexte. Lors des séances de pose, il a mis les gens à l’aise et s’est attaché à casser les postures et à photographier le personnel sans les mimiques de circonstance, sans le masque social imposé par leur profession. Je n’avais jamais vu cette expression chez certains d’entre eux, que je côtoie pourtant régulièrement dans le cadre du travail. Il a montré des humains derrière les masques ».

Cédric Matet.
Cédric Matet.

Valoriser l’institution

Côté personnel médical ou administratif, ce projet a été très bien accueilli parce qu’il valorise l’institution. « Nous avons tous été emballés par la justesse de ces portraits ; par leur sérénité… ou pas ; et par ce qu’ils dévoilaient : des êtres humains », explique le Pr Gérald Chanques.

Un fort impact émotionnel

Le professeur Chanques s’exclame : « Je n’imaginais pas l’impact émotionnel qu’auraient ces grands portraits qui flottent au vent ou qui sont exposés sur des panneaux à l’esplanade. Ils diffusent une sensation de sérénité. Ils expriment aussi, selon moi, le besoin qu’ont les soignants de recommencer à vivre une vie normale, loin de la mort ; leur besoin d’aller au cinéma, de retrouver leurs amis, leurs proches… Les professeurs, les soignants, les personnels administratifs sont au même niveau que tous les humains qui vivent le drame de la pandémie. Ces clichés propagent un message d’universalité. Ils montrent aussi la peur, le sentiment d’urgence, le sens des responsabilités de ces personnes remarquables ».

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Commentaires

  1. Un projet abouti et réussi. Toutes mes félicitations à tous les participants. Les portraits sont superbes qui mettent le regard des personnels de santé en valeur.
    Cette initiative doit être félicitée à sa juste valeur. Votre remarquable article va dans ce sens. Bravo…

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