Olivier Ganivenq, promoteur de projets (Proméo, Vacalians Group, CCI Hérault)

Sétois de naissance, après avoir dirigé le groupe immobilier Proméo pendant une dizaine d’années, Olivier Ganivenq est entré en 1996 chez Vacalians (autre filiale importante de la holding), dont il préside aujourd’hui le directoire. Ses activités à l’international, qui vont le conduire cette semaine à signer l’acquisition d’un groupe d’hôtellerie de plein-air (HPA) croate, lui laissent encore le temps de réfléchir au devenir du bassin de Thau et de son secteur économique. C’est ainsi qu’il participe, sur la liste d’André Deljarry, aux élections à la future CCI de l’Hérault. Il précise pour l’HJE les raisons de son engagement local…

HJE : Vacalians Group va encore grandir…

Olivier Ganivenq : « Oui. Je dois signer cette semaine l’achat définitif d’un groupe à l’étranger. Nous essayons de nous ouvrir sur la Croatie en recherchant des opérateurs sur place pour développer notre activité HPA. » (NDLR : voir l’encadré ci-après)

Pourquoi un chef d’entreprise actif à l’international s’engage-t-il dans l’action consulaire locale ?

« On ne peut pas à la fois avoir envie d’essayer, avoir des  idées et ne pas s’engager pour les mettre en œuvre. Cet  engagement est lié à la volonté que le bassin de Thau  et la région dans laquelle je vis évoluent positivement aux niveaux touristique et économique. Il y a aussi le fait que les chefs d’entreprise doivent prendre plus largement la parole publique et se faire entendre. Je trouve  malheureusement que l’on vit dans un univers économique où les chefs d’entreprise parlent peu. Ils travaillent, mais ils doivent aussi se donner le temps de la parole, échanger des idées et accompagner des projets en lien avec les différentes instances régionales, départementales, locales, politiques ; montrer que les chefs d’entreprise ont des idées pragmatiques, pratiques, simples, et qu’ils peuvent faire avancer les choses. Et davantage encore à Sète, ma ville natale, à laquelle je suis très attaché. Le bassin de Thau est exceptionnel, et il y a tant de choses à faire en matière de tourisme. C’est une activité que je connais bien, puisque c’est la mienne. Je peux apporter ma vision et mes compétences. »

Pourquoi avoir choisi la liste « Une CCI Hérault pour une économie renforcée » ?

« J’ai trouvé en André Deljarry une personne dynamique, un chef d’entreprise courageux qui a des idées et qui a montré qu’il sait aussi mettre en œuvre des actions collectives au service de l’économie et de l’emploi. La création d’une seule CCI héraultaise avec des délégations à Sète et Béziers est pour moi une bonne chose. On ne peut pas, chacun, travailler dans son coin. Ensemble, nous avons les moyens d’exister avec les bons relais locaux pour pouvoir développer les projets. C’est ce à quoi je veux essayer de contribuer, à ma modeste échelle. Essayer d’accompagner la liste et notamment Florent Tarbouriech » [NDLR : tête de liste Deljarry sur Sète].

Sur quels axes de travail comptez-vous avancer si vous êtes élu ?

« Prioritairement sur les services. Comment améliorer notre qualité de service ? C’est un vrai sujet, plus particulièrement lié à la formation des saisonniers. Nous pourrions être novateurs sur cette thématique. Aujourd’hui, nos saisonniers sont à près de 70 % employés par le secteur touristique, notamment en haute saison. Il y a un vrai travail d’intégration de ces saisonniers pour disposer d’acteurs bien formés, qui connaissent l’entreprise, les process et la région dans laquelle ils vont travailler.

« Je prône la création d’une école
de formation dédiée aux saisonniers… »

Je pense que le bassin de Thau pourrait accueillir une école de ce type qui intégrerait toute entreprise faisant appel à de la main-d’œuvre saisonnière et souhaitant bénéficier de ses services. Ou bien imposer aux saisonniers de venir passer 3 à 4 jours pour être formés sur les basiques si importants pour un client : savoir ce qu’il peut aller visiter à proximité de son lieu de résidence, où dîner, quels événements vivre, et savoir dire plus qu’un « bonjour », et ce en plusieurs langues… On doit offrir ces informations d’accompagnement à la clientèle, que celle-ci soit accueillie dans un hôtel, un restaurant, une plage privée… Diverses attentions qui font que la clientèle se sente bien accueillie et bien informée sur et durant son séjour. Il faut que le saisonnier soit ambassadeur du territoire, mais il y a aussi la nécessaire bonne connaissance de l’entreprise dans laquelle il débute son activité. »

La question est aussi : « Comment faire choisir la destination Hérault ? »…

« Je crois au développement de la région en matière touristique. Et donc au développement des axes de transport. Les aéroports de Montpellier et Béziers sont pour moi deux axes fondamentaux de la capacité d’accueil sur notre territoire. Je pense qu’il y a de vrais sujets de développement à ce niveau et que les opérateurs touristiques devraient davantage s’engager sur ces axes de réflexion. Les aéroports, c’est là où aujourd’hui on crée des destinations touristiques en nombre, avec une clientèle qui vient de l’Europe entière, voire du monde entier. A Sète, comme sur la côte languedocienne, les ports de plaisance et le tourisme maritime sont aussi un vecteur de développement en devenir. Il y a un vrai écosystème autour du yachting et du nautisme plaisancier à créer, au-delà des simples croisiéristes de passage, avec le kite, l’apprentissage lié au vent, à la voile… Quelques entreprises se sont lancées sur ce marché, mais il faut créer un écosystème plus complet. On le sait tous, l’ex-région Languedoc-Roussillon est née grâce à la Mission Racine et par un tourisme populaire. Il faut d’une part redynamiser l’offre touristique du front de mer, qui doit rester accessible. Mais l’idée est aussi d’aider les hauts cantons à aller vers le haut de gamme, via l’œnologie, la gastronomie, la visite de grands sites classés Patrimoine de l’Unesco. L’Hérault possède des sites naturels exceptionnels. Toutefois, une montée brutale en gamme n’est pas simple. Celle observée dans l’hôtellerie de plein-air est quand même liée à une clientèle qui peut encore s’offrir sa semaine de vacances pour 1 500 euros et pour 6 personnes ! Je crois beaucoup à un développement du service lié à un tourisme raisonné. Ces axes sont déjà portés au sein de mon entreprise ; des contacts et des relations sont établis… Après, il faut se laisser le temps d’une réflexion collective en lien avec les collectivités, qui doivent comprendre que l’on est dans un rôle d’accompagnateur et de promoteur de projets pour l’emploi et l’intérêt général de l’ensemble du territoire, qui, du littoral aux hauts cantons, a la capacité d’attirer une clientèle diversifiée. »

Propos recueillis par Daniel CROCI

 

Le Siège Proméo- Vacalians à Sète dans l’Hérault / Le groupe Proméo, une holding sétoise

Proméo est une holding familiale, actionnaire de deux entités : Proméo Patrimoine, la filière immobilière, et Vacalians Group, activité de tourisme-loisirs spécialisée dans l’hôtellerie de plein-air (HPA).

• Proméo Patrimoine est un acteur classique de la promotion immobilière qui réalise autour de 1 000 logements par an pour 150 M€ de chiffre d’affaires et 45 collaborateurs. Le promoteur dispose également d’un réseau de commercialisation et construit pour différents secteurs d’activité : logement social, résidence gérée, résidence principale, accession à la propriété et investisseurs. Une large partie (50 %) est réalisée en Occitanie ; le solde hors région, dans la France entière (50 %).

• Vacalians Group, dont le siège est à Sète  (150 collaborateurs), est un des premiers opérateurs européens en hôtellerie de plein-air. Cette activité est développée dans plusieurs pays. Le groupe dispose de sièges sociaux en Espagne, en Italie, en Ecosse (Edimbourg), aux Pays-Bas (Rotterdam) et prochainement en Croatie. L’acquisition d’un groupe croate de campings doit être finalisée cette semaine. Vacalians emploie au total 600 personnes (ETP) et jusqu’à 1 500 personnes en saison. Propriétaire en France d’une cinquantaine de campings, Vacalians s’est diversifié dans le placement de mobil-homes dans des campings qui ne lui appartiennent pas. Le  groupe développe en effet d’autres métiers à l’intérieur du pôle camping. Il est vendeur de mobil-homes à des résidents qui peuvent y résider ou les mettre à la location. Vacalians réalise ainsi en moyenne 700 ventes de mobil-homes par an. Il développe également une activité de service en tant que centrale d’achat pour des campings indépendants qui n’appar•tiennent pas au groupe mais souhaitent bénéficier de contrats cadres aux niveaux national et international et qui bénéficient de prix négociés par le groupe auprès de différents fournisseurs. Vacalians a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires voisin de 150 millions d’euros. (DC)

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