L'actu au quotiden dans tout l'Hérault.
Entreprises

Open Tourisme Lab prépare le futur de l’économie touristique

Dans le contexte de crise que l’on sait et des récentes mesures gouvernementales et régionales mises en place, l’investissement dans le futur de la filière touristique relève de la prise de conscience générale. L’innovation soutenue et défendue par le cluster Open Tourisme Lab en sera l’un des passages obligés. Implanté à Nîmes, OTL prévoit la […]

Dans le contexte de crise que l’on sait et des récentes mesures gouvernementales et régionales mises en place, l’investissement dans le futur de la filière touristique relève de la prise de conscience générale. L’innovation soutenue et défendue par le cluster Open Tourisme Lab en sera l’un des passages obligés. Implanté à Nîmes, OTL prévoit la création d’une antenne à Toulouse en septembre. Rencontre avec Emmanuel Bobin, directeur de l’Open Tourisme Lab.

Que propose l’OTL ?

E. Bobin : «Open Tourisme Lab, implanté à Nîmes, a été créé il y a un peu plus de trois ans et emploie une dizaine de personnes. En partenariat avec la Région, il accompagne une quinzaine de start-up réparties sur le territoire de l’Occitanie. En septembre, une antenne sera créée à Toulouse avec l’idée d’intégrer de nouvelles ressources humaines, au moins pour trois postes qui nous permettront d’apporter une expertise sur la transition environnementale et de renforcer notre section Infrastructure et information digitales

Vous êtes aujourd’hui perçus comme une plateforme d’innovation…

«Nous avions réorienté nos actions en 2019. La crise Covid vient confirmer qu’en devenant une plateforme d’innovation dédiée à ce secteur d’activité et dans l’accompagnement non seulement des start-up mais également des acteurs économiques traditionnels du tourisme, ce choix était pertinent. Cette réorientation prend aujourd’hui tout son sens. D’un côté nous avons un vivier de start-up que l’on accompagne, ce qui nous donne une vision très réaliste et au quotidien du monde de l’innovation, de l’autre on les met en dialogue avec l’ensemble de nos partenaires et des opérateurs touristiques traditionnels pour qu’ils puissent adapter leurs services et leurs produits, en lien avec les nouvelles conditions de marché. Nous sommes une interface, un relais et le bon tiers de confiance entre ces innovateurs, que l’on accompagne, et les opérateurs de terrain, qui nous font remonter leurs problématiques d’adaptation au marché. Les nouvelles compétences que nous avons intégrées il y a quelques mois, constituant un vrai Pôle de Design et d’Innovation, permettent de coconcevoir, coréaliser, prototyper de nouvelles solutions. Nous empruntons notre démarche au design thinking.»

Le digital occupe une large part…

«La crise met en évidence la nécessité d’un processus de digitalisation de la chaîne du tourisme et de l’ensemble des acteurs de la filière, notamment ceux de proximité. C’est un vrai révélateur. Nous sommes actuellement beaucoup sollicités sur des missions digitales pour adapter au mieux le parcours clients. Dès l’émergence de la crise du Covid, nos start-up ont montré une vraie réactivité pour produire de nouveaux outils en quelques semaines.»

Pouvez-vous citer des exemples ?

«Parmi les talents hébergés par l’Open Tourisme Lab, et concernant l’aspect sanitaire, je peux citer AJI Digital, qui propose par forfait mensuel (moins de 50 € HT) une borne digitale interactive intégrant désormais un distributeur de gel hydroalcoolique couplé au composant « campagne d’affichage digitale » adaptable à tout espace d’accueil. Cette borne n’est pas tactile mais est guidée grâce aux gestes de la main via un capteur de mouvement. Grâce à sa caméra, la borne peut également identifier les clients entrant avec un masque ou non et les inviter à s’équiper.

Hello My Bot conçoit des chats et bots via une plateforme SaaS qui permet de créer et de gérer des conversations automatiques par téléphone, enceinte connectée ou messagerie avec ses clients. Cet exemple de réassurance est particulièrement utile en cette période de post-confinement et de Covid-19, pour permettre aux futurs touristes de valider l’opérationnalité des sites touristiques, les conditions d’ouverture et sanitaires, etc.

Une nouvelle application (TAKA) créée par l’agence Raccourci (Patrice Kermarrec, TouristicMaps) permet d’intégrer la visioconférence au métier traditionnel du conseiller en tourisme, notamment des offices de tourisme. Le conseiller peut ainsi faire son métier à distance, avec prise de rendez-vous (de type Doctolib). Ces rendez-vous peuvent être réalisés via la visio, tout en partageant l’interface digitale. On peut cocher ses préférences puis recevoir par e-mail son dossier et les informations demandées.

Autre start-up, Happy House initie un réseau d’hébergeurs écoresponsables. Son projet colle parfaitement aux attentes des consommateurs, qui ont montré leur attachement aux producteurs locaux et de proximité. C’est aussi une réaction aux grandes plateformes de réservation qui, au début de la crise, ont annulé du jour au lendemain les réservations sans prévenir les hébergeurs. Cela a eu pour conséquence une trésorerie complètement à plat sans aucune anticipation pour rebondir. Il faut savoir que les commissions de ces plateformes oscillent généralement entre 15 et 20 %. L’idée d’Happy House est de fournir bien sûr un service équivalent, vertueux et de qualité, mais aussi de générer autour de ce réseau de l’économie de proximité. Ici, il n’y a plus de commission versée par l’hébergeur. Le modèle économique passe par la création, par l’hébergeur, de son réseau de fournisseurs locaux (boulangeries, caves, produits fermiers, restaurants…) avec lesquels il va partager la donnée client et recevoir, pour ce service, une rétrocession de la part des commerçants et producteurs de son réseau… L’idée est de faire travailler ces écosystèmes locaux avec un vrai partage des valeurs, par une solidarité locale. Happy House repense l’expérience client par une quête de sens.»

Auriez-vous un conseil pour se lancer avec pertinence dans l’innovation touristique ?

«La bonne réponse à la crise, c’est l’innovation ! Mais il faut pouvoir se repérer dans le monde de l’innovation touristique ! De nombreuses solutions émergent. L’Open Tourisme Lab est un bon point de repère pour découvrir des innovations validées et sélectionnées par nos services, sachant que ces innovations deviendront, demain, les standards du secteur. Il faut également repenser l’expérience client. Les modes de consommation et d’usage du tourisme évoluent, et le Covid-19 est un accélérateur de ces tendances.»

Propos recueillis par Daniel CROCI

Qu'en pensez-vous ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Météo de l'Hérault
Jeux concours

Depuis 1973, d’abord sous format magazine, puis via son site, Hérault Tribune informe le public des événements qui se produisent dans le grand Agathois, le Biterrois et le bassin de Thau.

logo hje

Depuis 1895, l’Hérault Juridique & Economique traite l’économie, le droit et la culture dans son hebdomadaire papier, puis via son site Internet. Il contribue au développement sécurisé de l’économie locale en publiant les annonces légales.