Famille — France

Parents : comment savoir si votre enfant est harcelé sur les réseaux sociaux et y mettre fin ?

Les parents sont souvent les derniers informés que leur enfant fait l'objet de harcèlement sur les réseaux sociaux. Dans ce cas, comment stopper les harceleurs ? Une solution fiable existe.

Mettre fin au silence de la victime

Quand ils sont victimes de harcèlement, les enfants et les jeunes, on le sait, se réfugient dans le silence et n’osent pas avertir leurs parents. De leur côté, les parents ne souhaitent pas être trop intrusifs dans la vie de leurs enfants en lisant leurs messages ou en les suivant sur les réseaux sociaux. Réseaux sociaux qu’ils ne maîtrisent souvent pas, comme Instagram, TicToc, Jeuxvideo.fr, Discord… Le plus souvent, les adultes voient Instagram comme un réseau social où l’on partage de belles images. Pour les adolescents, ce réseau peut se révéler redoutable.

Mettre en place un contrôle parental est d’autant plus compliqué que les enfants peuvent se connecter aussi bien depuis l’ordinateur familial que, le plus souvent, depuis leur smartphone. Protéger la box et le foyer par un contrôle parental n’est donc pas suffisant.

Le cyberharcèlement, source d’une profonde déstabilisation psychologique

Le harcèlement sur les réseaux sociaux est d’autant plus dangereux que, contrairement au harcèlement physique en milieu scolaire, il ne s’arrête pas à l’heure de la sortie de l’école. Il perdure via le smartphone de l’enfant ou de l’adolescent, qui peut passer des nuits sans sommeil à assister, impuissant, à la catastrophe, voire l’alimenter en tentant de restaurer son image. Le jeune ne dort plus, ne vit plus… Il a honte, a le sentiment de ne pas être à la hauteur, il manque d’assurance… Il se sent parfois acculé au suicide.

Une simple application à installer

Ludovic Broyer, 48 ans, qui fut lui-même harcelé dans son enfance par des jeunes de son école durant une longue année, a mis au point une application pour venir en aide directement aux enfants et aux familles concernés. Il a conçu pour son entreprise IPROTEGO (qui bénéficie du Pass French Tech), basée à Marseille, une application appelée Family Web Care

L’intelligence artificielle (IA) de l’application se connecte à la timeline des réseaux sociaux de l’enfant (avec son accord, puisqu’il faut autoriser l’appli). C’est elle qui surveille, pas le parent, qui n’a donc pas l’impression d’être indiscret. Il n’est pas averti du contenu des réseaux sociaux de son enfant tant que celui-ci n’est pas indicateur d’un harcèlement. Le comportement et le contenu sont analysés par l’intelligence artificielle. En cas de signes pouvant manifester un cyberharcèlement, un signalement est envoyé aux parents.

L’acceptation par l’enfant/l’adolescent

Sur le plan opérationnel, il faut impérativement que l’enfant ou l’ado accepte l’idée que ce contrôle soit exercé, puisqu’il faut que l’application soit installée. Cela suppose une discussion dans le foyer, qui sera forcément positive, puisqu’ “évoquer le cyberharcèlement au sein de la cellule familiale est toujours un progrès”, selon Ludovic Broyer.

Détecter les signes du harcèlement par l’IA

L’IA de Family Web Care fonctionne avec une base d’apprentissage. Elle ne va pas coller à des mots précis mais à des comportements. Elle est entraînée à détecter le cyberharcèlement. L’IA s’adapte au langage de enfants, à sa timeline. Elle repère ce qui est détonant, les changements de signaux. Ainsi, elle acceptera du langage jeune comme «  Ça va, gros  ?  », mais s’alarmera si elle voit passer une phrase telle que : «  Ça va, gros sac  ?  ». “Elle sait faire la différence entre la rigolade et l’insulte”, selon son concepteur. Les fausses alertes existent, mais sont extrêmement rares.

Combien ça coûte ?

L’appli est d’abord gratuite, ce qui permet de la découvrir et d’effectuer un premier diagnostic. Puis il faut compter une cinquantaine d’euros pour activer la veille annuelle des réseaux sociaux d’un enfant.

Où trouver cette application ?

L’application est téléchargeable sur le téléphone de l’enfant via Google Play ou AppStore. 

Les écoles, collèges et lycées aussi peuvent solliciter cette application, à moindre coût

La solution peut être déployée par les parents, les enfants eux-mêmes, les établissements scolaires, les associations de parents d’élèves. Cette application a été pensée pour s’adapter aux écoles. Elle peut permettre une sensibilisation plus poussée des élèves dans les écoles. Dans ce cas, le tarif ne s’élève qu’à quelques euros par élève. Le courriel pour entrer en contact avec Ludovic Broyer et mettre en place l’application à grande échelle est : contact@protego.com

Développements futurs

Ludovic Broyer souhaite étendre son application à la protection contre les sextos (SMS à caractère sexuel), donc à la prise en compte des SMS en plus des réseaux sociaux.

Et pour la cyberpédophilie ?

Ludovic Broyer n’exclut pas un prochain développement de son application, qui consisterait à détecter un adulte qui se ferait passer pour un jeune sur les réseaux sociaux, et qui tenterait d’approcher un enfant ou un adolescent. Mais pour l’instant, son application répond uniquement à la problématique du cyberharcèlement scolaire entre jeunes.

Pour tout renseignement : www.familywebcare.com

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