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Patrick Martin, Grand débat : le Medef va annoncer 40 propositions concrètes

Présent lors de la 7e Nuit des Entrepreneurs organisée par le Medef Hérault Montpellier, à laquelle ont assisté plus de 500 invités, Patrick Martin a précisé que les 40 propositions issues du Grand Débat du Medef, mené à travers 133 réunions, seraient annoncées le mardi 19 mars.

A l’occasion de la Nuit des Entrepreneurs, le 14 mars dernier au Palais René-Bougnol de Montpellier – Geoffroy Roux de Bézieux étant excusé (le président national du Medef était dans un sous-marin nucléaire au même moment) – Patrick Martin, président délégué du syndicat, a évoqué les réunions du grand débat organisé par le mouvement patronal, et les suites attendues de cette réflexion. “Le Medef se doit de bouger comme son environnement. Geoffroy a été élu sur un programme de réforme du Medef et les choses avancent bien, avec des contributions importantes des uns et des autres…”. Verbatim.

Patrick Martin a fait remarquer : “Certains laissent penser que le Medef est une institution, une organisation désincarnée, sans âme, entre les mains de quelques entreprises très internationalisées (…) C’est une communauté ! La chaîne économique de ce pays ne serait pas ce qu’elle est si l’on n’avait pas cette diversité d’entreprises, les grandes, les moyennes, les petites, dans différents secteurs d’activités et dans différents territoires. La démonstration est faite ce soir. Le nombre de participants aux Nuits des Entrepreneurs augmente d’année en année, comme le nombre d’adhérents au Medef augmente rapidement (…) Je crois que plus le temps passe et malgré la digitalisation, malgré l’internationalisation, ce lien humain, cette complicité, cette convivialité… sont des dimensions essentielles, parce que sinon le monde bouge trop vite et il est à certains égards trop préoccupant pour que l’on puisse se passer de cette proximité qui nous unit, et nous unit singulièrement ce soir”.

Le Brexit et les élections européennes

Parmi les points abordés par le président délégué figurait le Brexit : “ Je crois que l’on va malheureusement mesurer dès les prochains jours le drame que représente le Brexit. Ce sera probablement un drame pour les Britanniques (…) C’est leur choix ; un choix profondément irrationnel, inexplicable en tous cas. Mais ne nous racontons pas d’histoires, ce sera probablement douloureux pour nous. Il faut avoir en tête que la Grande-Bretagne, c’est un solde commercial excédentaire de 10 milliards d’euros par an pour la France. Je ne dis pas que ces milliards vont disparaître du jour au lendemain, mais, toutes les complications qui vont, séance tenante, apparaître en termes de réglementation, de procédures douanières, vont immanquablement affecter les 30.000 entreprises françaises qui travaillent avec la Grande-Bretagne, et qui, pour un certain nombre d’entre elles, sont implantées outre-Manche. Tout cela pour dire que le Medef veut porter très haut les couleurs de l’Europe, qui est largement perfectible. Nous avons fait des propositions dans ce sens. Je crois que c’est de notre responsabilité, même si nous avons obligatoirement des sensibilités diverses dans les rangs du patronat, de nous exprimer dans la perspective des élections européennes de fin mai et de sensibiliser nos salariés et notre environnement. Les mouvements d’humeur – c’est typiquement ce qui c’est passé avec le Brexit – peuvent avoir des conséquences extrêmement graves. Imaginez un Frexit, à tous égards, y compris sur le plan culturel, de l’enseignement ! Nous sommes devant une échéance importante. Ne cédons pas aux sirènes du repli sur soi. Je pense qu’on le regretterait amèrement et très vite. Nous devons être acteurs dans ce débat, même si, à proprement parler, le Medef ne fait pas de politique”.

Le grand débat et les gilets jaunes

“ A travers ses 173 000 adhérents, ses 122 structures territoriales et les 78 fédérations professionnelles qui le composent, le Medef  a décidé de s’engager dans ce grand débat. Les commentateurs l’ont observé : les entreprises n’ont pas été la cible des gilets jaunes à l’origine. C’est un mouvement social atypique. Anecdotiquement, je dirais que le siège du Medef à Paris, qui est systématiquement la cible des manifestations en temps “normal”, a été à peine tagué  ! C’est sans commune mesure avec ce que l’on observe lors des autres mouvements sociaux. Et si beaucoup de nos salariés ont manifesté le samedi, ils étaient au boulot pendant la semaine. (…) Il n’y a pas eu plus de grèves que d’habitude – il y en a déjà bien assez – dans les entreprises depuis le mois de novembre. Les entreprises ne sont pas au centre des préoccupations exprimées dans le cadre de ce mouvement.”

41,5 milliards d’euros d’impôts locaux payés par les entreprises

“On pourrait se dire : “Vivons heureux, vivons cachés, mais surtout, ne nous exprimons pas !”. Non, nous sommes les uns et les autres les acteurs essentiels de la vie du pays, tant sur le plan social que sur le plan économique, sur le plan de l’aménagement des territoires (…)  et, bien malgré nous, de la contribution fiscale avec 41,5 milliards d’impôts locaux payés par les entreprises selon une fiscalité qui, d’ailleurs, augmente d’année en année à un rythme très excessif. Nous sommes au centre de beaucoup de choses dans ce pays. Et sans nous arroger les responsabilités du pouvoir que nous n’avons pas, sans l’entreprise, rien ne se passerait. Il faut donc nous exprimer.”

Il faut faire de ce grand débat une opportunité

Pour Patrick Martin : “Parce que – sans nous associer ni de près ni de loin aux expressions violentes, antidémocratiques et extrémistes que l’on a malheureusement pu observer – il y a malgré tout un certain nombre de sujets vers lesquels nous convergeons, comme le ras-le-bol fiscal. Grâce à tous les adhérents, nous avons organisé ou participé à 133 débats dans les territoires, qui nous ont permis d’affiner notre perception des choses, d’enrichir notre compréhension, et d’aboutir au final à une quarantaine de propositions qui viennent du terrain. (…) C’est un véritable exercice démocratique que nous avons mené. Certains débats étaient d’ailleurs ouverts à qui voulait. Nous allons communiquer ces 40 propositions mardi prochain [19 mars] en nous appliquant à ne pas faire de politique, à ne pas partir dans les grandes théories millénaires, mais en nous appliquant au contraire à répondre de manière concrète et pratique aux préoccupations exprimées dans le cadre de ce mouvement, et je le redis partagé, pour un certain nombre d’entre elles par les chefs d’entreprise”.

Clarifier les compétences des strates territoriales et faire un choc fiscal

“Ces propositions portent sur le logement, le transport, l’ascenseur social, la fiscalité et notamment sur un sujet qui nous paraît absolument essentiel : une meilleure compréhension et lisibilité des responsabilités des différents niveaux de collectivités. J’évoquais les 41 milliards d’impôts locaux que supportent nos entreprises chaque année. Quand on demande des explications normales pour un contribuable, on nous embrouille en disant : ” Ce n’est pas moi, c’est l’autre collectivité”. Tout cela est extrêmement opaque. De sorte que si cela ne marche pas, il n’y a jamais de responsable. Un gros focus sera fait sur ce sujet : clarifier les compétences, clarifier les financements, afin que chaque élu soit responsable de ses performances. Et nous allons faire une proposition assez forte que l’on peut qualifier de choc fiscal, au bénéfice des ménages, des particuliers comme des entreprises pour redonner à ce pays la dynamique économique qui lui fait encore défaut et qui se traduit – on le sait tous, malheureusement – par un taux de chômage, un déficit commercial, un déficit public insupportables. Nous allons nous placer vraiment au centre de ce grand débat, non pas en étant stérilement critiques, mais en étant force de propositions”.

Un exercice de respiration démocratique

Patrick Martin précise : “ Là aussi, comme pour le grand débat, c’est un exercice de respiration démocratique. Dans cette affaire, nous nous appliquons à ouvrir les portes et les fenêtres. Et paradoxalement, le mouvement des gilets jaunes a apporté un peu d’eau à notre moulin, particulièrement pour donner encore plus d’influence dans la gouvernance à nos territoires, et toute la diversité qu’ils comportent, à toute la diversité des entreprises, leurs tailles, leurs secteurs d’activité. En temps et en heure, comme nous nous y étions engagés, nous avons proposé un certain nombre d’évolutions et même une réforme statutaire – dite de raison d’être pour une croissance responsable – de sorte que le Medef soit plus puissant, plus rayonnant et beaucoup plus encore au service de ses territoires et de ses entreprises ”.

Retranscription par Daniel CROCI

Intervention de Patrick Martin, président délégué du Medef, lors de la Soirée Nuit des Entrepreneurs du 14 mars 2019, Montpellier, Medef Hérault Montpellier.


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