Petite Camargue, lettre ouverte à Macron : 180 élus signataires veulent sauver les manades et l'économie locale traditionnelle

Ils sont deux signataires principaux pour ce courrier adressé au Chef de l'Etat : André Brundu le président de la Communauté de communes de Petite Camargue et Florent Lupi, le président de la fédération des Manadiers. Avec eux, 180 signataires… Leur message : sauvons nos traditions, notre économie locale et notre biodiversité, et les manades.

Ce courrier adressé au chef de l’Etat est cosigné par André Brundu le président de la Communauté de communes de Petite Camargue et Florent Lupi, le président de la fédération des Manadiers. Avec eux, 180 signataires (lire ci-dessous) ont décidé de joindre leur voix pour interpeller le président de la République. Leur message : sauvons nos traditions, notre économie locale et notre biodiversité, et les manades.

Dans cette lettre ouverte, les signataires précisent : “Les traditions camarguaises font partie intégrante du patrimoine de notre pays et plus particulièrement du territoire de Petite Camargue. Aboutissement d’un long labeur de sélection, le taureau fait l’objet d’un véritable culte. Il est au centre d’une réelle culture et d’une économie vertueuse au service de la biodiversité. Par ailleurs, au titre des pratiques sportives, la course camarguaise figure à l’inventaire du patrimoine culturel français”.

L’élevage de bovins en Camargue en danger

Et de citer l’élevage des bovins, identité culturelle et image forte d’une agriculture qui participe de manière prépondérante à la préservation d’un écosystème et d’une biodiversité unique au monde. L’objet principal de ce courrier porte sur la sauvegarde de certaines manades qui risquent de disparaître définitivement.

L’incertitude de la tenue des fêtes votives et la perte économique 

Est également pointée, l’incertitude autour de l’organisation des festivités et fêtes votives qui offrent un appui important à la filière en termes de débouchés. Les auteurs du courrier précisent que les fêtes votives génèrent au travers des commerces de proximité et des différents métiers connexes (vétérinaires, maréchaux-ferrants, intermittents…) un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros dont seulement 15 % profitent aux manadiers. C’est jusqu’à 50 % du chiffre d’affaires de certains commerces ruraux qui est appelé à disparaître sans les fêtes votives. Les signataires notent que si le déconfinement espéré se met en place, la reprise culturelle dite prestigieuse ne doit pas se faire au détriment d’une culture.

camargue manade

Des attentes et solutions concrètes pour les manadiers

Les signataires demandent que des solutions concrètes, urgentes et pérennes soient apportées à cette culture aux incidences économiques et de biodiversité indéniables.

Ils demandent pour les manadiers : le prolongement du fonds de solidarité , le gel immédiat de leurs charges structurelles, la mise en place d’un fonds d’urgence  pour leurs charges d’exploitation, une sensibilisation des banques pour les besoins en trésorerie, le soutien de l’Etat et des collectivités dans le cadre du plan de relance sur les bases proposées par la fédération des manadiers, le maintien de la PAC, et l’officialisation du taux de TVA réduit (10 %) pour les courses camarguaises et les activités traditionnelles.

Pour les élus locaux, les attentes sont : la reconnaissance du particularisme régional, l’autorisation de la tenue des des fêtes votives dans des conditions réalisables, l’aide pour la survie des commerces de proximité, des emplois liés et du tissu économique local, l’inscription à l’ordre du jour parlementaire d’un texte déposé au Sénat le 22 juin 2020 (N° 542 – 2019-2020), d’oeur-vrer aux côtés des manadierspour le projet de reconnaissance au Patrimoine immatériel de l’Unesco de leur métier et de cet art de vivre.

De nombreux signataires élus de terrain

Cette lettre ouverte adressée au président de la République et au gouvernement est notamment signée par plusieurs maires locaux du Gard et de l’Hérault ou élus d’EPCI comme Pierre Soujol le président de CC Pays de Lunel et les présidents des communauté de communes de Causses Aigoual Cévennes, Rhôny-Vistre-Vidourle, Cèze-Cévennes-Gagnières, le Pays de Sommières, Beaucaire Terre d’Argence ou encore la CC du Pont du Gard et la Communauté d’agglomération Nîmes Métropole.

Parmi les maires, ceux de  : Marsillargues, Lunel-Viel, Nîmes, Aigues-Mortes, Aimargues,  Sauve, Saint-Laurent d’Aigouze, Vergèze, Le Grau-du-Roi, Saintes-Maries de la Mer, Villeneuve-lès-Avignon, Saint-Quentin de la Poterie, Corconne, Montpezat, Rochefort-du-Gard, Remoulins, Quissac, Beauvoisin,  Gallargues-le-Montueux, Caveirac, Nages et Solorgues, Roquemaure, Redessan, Fourques, etc. 

Mais également des députés des deux départements comme Patrick Vignal (de La République en Marche) et même certains extérieurs à notre région comme un député du Nord-Pas-de-Calais ! Des sénateurs sont également signataires dont ceux de l’Hérault et du Gard (Christian Bilhac, Hussein Bourgi, Damien Regnard), et d’autres départements dont le Loiret, la Corrèze, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, le Nord, le Nord-Pas-de-Calais ou même Paris. 

Dans ce mouvement de sensibilisation, s’associent également le Parc régional de Camargue et celui des Alpilles, le CNAM, la Chambre d’Agriculture du Gard, la fédération des Manadiers, la fédération nationale des comités et organisateurs de festivités et celle de la course camarguaise ou encore le conseil départemental du Gard et les présidents de la CMA et de la CCI du Gard. Côté Parlement européen, Gilbert Collard est également cosignataire de la missive. 

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