Prix Cré'Acc des experts-comptables : 3 lauréats et des entreprises valorisées

Hérault Tribune Pro

Mardi 7 septembre, à l'occasion de la Place Créative, le conseil régional de l'ordre des experts-comptables d'Occitanie, représenté par Pascal Castanet, 1er vice-président, a remis les Prix Cré'Acc à 3 entrepreneurs, et décerné un coup de cœur.

A l’occasion de cette remise de prix, Pascal Castanet a rappelé que “le rôle premier de l’expert-comptable est d’accompagner les chefs d’entreprise pour faire évoluer ce beau territoire qu’est l’Occitanie”. Il a souligné que pour ces prix Cré’Acc 2020 (remis en 2021, avec un an de décalage, en raison de la pandémie), ce sont des sociétés innovantes qui sont récompensées cette année. Sur la trentaine d’entreprises postulantes, trois ont été retenues et un coup de cœur a été mis en avant.

Grâce à Cré’Acc, les entreprises lauréates gagnent en visibilité, et les porteurs de projet bénéficient de l’accompagnement par un expert-comptable et de divers avantages fournis par les partenaires Banque Populaire du Sud et Aésio Mutuelle.

Yannick Barbaros
Yannick Barbaros

Alopi, pour remplir facilement son document unique des risques professionnels

Yannick Barbaros (directeur général) et Antoine Ledoux (président) ont décroché un prix Cré’Acc pour leur entreprise DPRAP, qui vise à permettre aux employeurs de mettre en place facilement leur document unique d’évaluation des risques professionnels, à l’aide d’une application appelée Alopi.

DPRAP est née de l’association de 2 compétences : celles de Yannick Barbaros, salarié, préventeur des risques professionnels, et de son associé, le chef d’entreprise Antoine Ledoux, dont la spécialité est l’environnement numérique et le développement de sites Internet. Selon eux, elle répond à un réel besoin car il n’existait pas jusqu’à présent sur le marché d’outil adapté et évolutif aidant les entreprises à émettre le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP).

Le document unique, une obligation

Or l’élaboration de ce document revêt de gros enjeux aux niveaux juridique et économique pour les entreprises, car le document unique est obligatoire, imposé par le code du Travail à partir d’un salarié. Pour rappel, le document unique doit être mis à la disposition des salariés et visible à leur demande. Il doit être envoyé au CHSCT, au CSE et à la médecine du travail. Il doit être présenté à l’inspecteur du travail en cas d’inspection.

Le document unique revêt un enjeu humain : il permet au chef d’entreprise de préserver la santé et la sécurité de ses salariés (évite les absences pour maladie professionnelle ou accident de travail) ; un enjeu juridique car le dirigeant sera sanctionné s’il ne remplit pas ses obligations (sa faute inexcusable risque d’être prononcée par le juge) ; et un enjeu économique, car s’il est condamné, il met sa société en péril en devant payer des amendes très élevées (1 500 euros d’amende par unité de travail en cas d’absence de document unique).

Difficile pour les chefs d’entreprise d’être compétents dans leur domaine d’activité, en tant que dirigeants, ainsi qu’en prévention des risques professionnels, d’autant plus en cette période de Covid. Ils ne savent pas vers qui se tourner pour rédiger ce document. Jusqu’à présent, ils pouvaient se référer à des entreprises vendant des logiciels et une prestation d’accompagnement. Mais une fois le logiciel acheté, celui-ci devenait vite obsolète et il fallait en acheter un autre rapidement. Les logiciels demandaient donc un coût important et des compétences.

Yannick Barbaros et Antoine Ledoux ont donc imaginé mettre à la disposition des entreprises un outil évolutif qui les accompagne dans la mise en place du document unique. « C’est un outil innovant qui aide le chef d’entreprise à identifier les situations à risque au travail. L’application lui fait une proposition de situation de travail par rapport à un métier donné, en listant les situations dangereuses ; il n’a plus qu’à cliquer pour valider. Les propositions ont été établies à partir d’une base de données réalisée par des préventeurs professionnels. Elles couvrent un large éventail de situations, depuis l’équipement en climatisation en passant par l’accueil de public (risque d’agression, risque biologique lié à la Covid) », indique Yannick Barbaros.

Comment fonctionne Alopi ?

Concrètement, il suffit de se rendre sur www.dprap.com. Une page contact permet une première période d’échange pour mesurer les besoins du chef d’entreprise en fonction de ses métiers, et s’assurer que la base de données réponde à ses besoins. Une petite formation permet ensuite la prise en main de l’application. L’application réalise le document unique et fait la gestion des risques professionnels par corps de métiers.

L’application est mise à jour automatiquement en fonction de la réglementation. Les dirigeants n’ont pas à s’inquiéter de cet aspect évolutif, qui pouvait poser problème auparavant avec les logiciels. De plus, l’application propose des actions de prévention (4e partie du code du Travail). Elle aide à la gestion des mesures de prévention, de tous les types. En fonction de l’identification de risques (bruit, stress, biologiques, chimiques), elle formalise des mesures.

D’une manière générale, Alopi indique où faire quoi. Elle permet de dresser une liste des besoins et de trouver des solutions adaptées à chaque corps de métier. Elle s’adapte au type d’entreprise.

New Wave Technology (Nîmes), des capteurs de peau pour mesurer l’aérodynamique

Implantée à Nîmes, à l’espace de coworking La Station, la start-up New Wave Technology, créée par François Hardy – ingénieur spécialiste de l’électronique embarquée – est l’une des lauréates du Prix Cré’Acc porté par les experts-comptables d’Occitanie.

François Hardy
François Hardy

Plusieurs secteurs concernés

New Wave Technology développe des capteurs dits de « peau » qui simplifient la mesure des grandeurs pariétales en aérodynamique. Le savoir-faire de l’entreprise intéresse principalement aujourd’hui les secteurs de l’aéronautique et de l’éolien, mais celui de l’automobile pourrait lui offrir également des débouchés. « En réduisant l’empreinte carbone de nos sources d’énergie et de transports, NewWave Technology participe au développement durable grâce à ses capteurs SensAir. L’étude de la réduction de la traînée des véhicules routiers et aériens va en effet permettre de diminuer l’empreinte carbone de ces transports » précise François Hardy. Il s’agit par exemple d’améliorer l’efficacité des éoliennes et de générer une moindre consommation d’énergies fossiles. De même, concevoir des navires à propulsion éolienne auxiliaire permet d’atténuer leur impact environnemental.

Des recrutements en vue

La start-up emploie 3 salariés, et prévoit en 2022 l’embauche de 2 collaborateurs supplémentaires : un ingénieur logiciel et un technicien « production ». « Nous sommes sur un marché en croissance qui fait émerger des innovations en rupture avec les solutions traditionnelles », assure François Hardy. New Wave Technology travaille en synergie avec le réseau Pôle Mer Méditerranée, qui a pour ambition de développer durablement l’économie maritime et littorale, notamment sur le bassin méditerranéen.

LABY (by KYLI), le cahier de laboratoire numérique augmenté

Issus des sciences et de la recherche chimique et pharmaceutique, familiers du fonctionnement des laboratoires de recherche, Benjamin Jacquot et ses associés ont créé un outil simple, collaboratif, pour passer du cahier de laboratoire sur papier au cahier de laboratoire numérique.

Benoît Jacquot
Benoît Jacquot

Cette solution permet un gain de temps considérable, car, en tant que point central d’information, elle permet à toutes les personnes concernées d’avoir accès à l’information en temps réel. “Un outil pratique également pour répondre facilement aux administrations, qui permet aux chercheurs de se focaliser sur la science”, affirme Benjamin Jacquot.

Le coup de cœur du jury : APA’Mouv : favoriser l’activité physique des personnes en situation de handicap

Les jeunes Tanguy Dréan et Judith Maurin ont décroché le Coup de cœur Cré’Acc des experts-comptables de la région Occitanie pour leur entreprise APA’Mouv, qui vise à permettre aux personnes en situation de handicap de pratiquer une activité physique sécurisée, encadrée, avec du matériel spécifiquement adapté.

Présidée par Tanguy Dréan et dirigée par Judith Maurin – qui se sont rencontrés sur les bancs de la fac lorsqu’ils faisaient leur master Staps –, APA’Mouv a pour objectif de favoriser la mobilité des personnes en situation de handicap. Des enseignants en activité physique adaptée (APA) aident ces personnes en situation de handicap à faire de l’exercice physique sécurisé grâce à des équipements faisant appel aux nouvelles technologies. APA’Mouv est incubée au sein d’Ad’Occ Sport et du I Lab by Moma, l’incubateur étudiant de l’université de Montpellier.

Judith Maurin
Judith Maurin

Le soutien d’associations

« Plusieurs associations nous soutiennent : Handialogue, le Comité de liaison et de coordination des associations de personnes handicapées et malades chroniques (CLCPH), ainsi que le Human Lab de l’Institut Saint-Pierre. Prochainement, l’entreprise Natural Pad mettra à notre disposition son dispositif de serious games (jeux vidéo) permettant de pratiquer des activités physiques adaptées de manière ludique et virtuelle. La Fondation Décathlon nous soutient également sur les réseaux sociaux et a offert du matériel sportif à APA’Mouv ».

Le coup de cœur Cré’Acc, une reconnaissance

Les deux jeunes fondateurs d’APA’Mouv se disent conscients que leur jeunesse peut poser une difficulté vis-à-vis de leurs inter­locuteurs. « Le fait de remporter des prix et concours nous apporte de la crédibilité et un réseau. Lors de la réunion devant le jury Cré’Acc, nous avons rencontré des experts-comptables, des représentants de mutuelles, de fonds d’investissement. Le jury nous a aidé à faire évoluer notre projet et donné des pistes de réflexion. C’est important pour nous », indique Judith Maurin.

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