Quim Domene à la Galerie Cambie

La Galerie Samira-Cambie expose pendant encore quelques jours les assemblages peints de Quim Domene, artiste découvert…

La Galerie Samira-Cambie expose pendant encore quelques jours les assemblages peints de Quim Domene, artiste découvert par la galeriste Hélène Trintignan avant qu’elle ne prenne sa retraite.  Photographie, reprographie, sculpture et installations… les œuvres du Catalan mêlent récupération et juxtaposition. Les mots ajoutent du sens à l’ensemble, et les nombreuses références à l’histoire de l’art, à la politique et à la philosophie contextualisent les œuvres. Interview…

 

Vous avez été graphiste et designer. Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir peintre ?

« Je suis autodidacte, c’est-à-dire que je ne suis jamais passé par une école d’art. J’ai fait mon apprentissage durant les années où j’ai travaillé comme graphiste designer. Le design est un bon exercice pour développer visuellement les idées, mais présente l’inconvénient de travailler sur commande. En revanche, avec la peinture, on travaille en toute liberté. »

Vous définissez-vous comme un peintre ou un artiste plasticien (puisque vous faites des « combine paintings », des collages) ?

« La base de ma trajectoire artistique tourne autour de la peinture et du dessin, mais je pratique aussi d’autres disciplines : les installations, ainsi que la sculpture, en particulier pour les réalisations d’œuvres publiques dans des espaces urbains. C’est pour toutes ces raisons que mon travail correspond plus à la définition d’artiste visuel qu’à celle d’artiste peintre. »

Pourquoi avoir adopté la technique Merz ? Que vous permet-elle d’exprimer ?

« Normalement, mon travail se structure autour des séries thématiques et stylistiques. C’est pour cette raison qu’en 2005 j’ai commencé la série Lettres à Kurt Schwitters. Cette oeuvre est un hommage à l’artiste allemand qui a utilisé le collage jusqu’à des limites jamais atteintes auparavant. Schwitters appelait ses collages “ Merz ”. Cette série me permet d’utiliser cette technique comme une expérimentation et d’une manière très libre. »

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour créer les œuvres présentées à la Galerie Samira-Cambie ?

« Les tableaux que je présente à la Galerie Samira-Cambie sont une continuation des Lettres à Kurt Schwitters. J’avais déjà présenté une partie de cette série à la Galerie Hélène-Trintignan de Montpellier, il y a deux ans. Les œuvres que j’expose à la Galerie Samira-Cambie sont toutes nouvelles et réalisées pour cette exposition. En plus de cette série, il y a aussi d’autres tableaux, comme par exemple la série “ Anonymus ”. »

Vos collages font souvent référence à l’art… Quels sont les artistes que vous évoquez ? Quels sont ceux que vous admirez le plus ?

« Dans mon œuvre, je fais souvent référence à l’histoire de l’art et à d’autres artistes, mais aussi à des faits politiques, sociaux, du quotidien ou tout simplement absurdes qui me tiennent à cœur. Je fais aussi référence au mouvement Dada que j’admire beaucoup et que je mets en relation avec l’œuvre de Kurt Schwitters. J’aime aussi beaucoup les constructivistes russes, c’est pourquoi mes œuvres, en général, sont structurées de manière très géométrique. »

La littérature fait également partie de vos sources d’inspiration.

«La littérature est une grande source d’inspiration pour moi, mais aussi le cinéma et surtout la musique. Je porte un grand intérêt à visiter des musées, des expositions, et j’aime être au courant de tout ce qui fait référence à l’art contemporain, même dans des styles éloignés de mes œuvres.»

Vos tableaux délivrent-ils des messages ? Par exemple sur la société de consommation, puisque vous pratiquez le recyclage artistique ?

« Souvent mes oeuvres reflètent une situation politique et sociale de mon temps. Ce sont des thèmes qui me préoccupent, et je les représente dans une perspective ironique. La plupart du temps, mes tableaux sont construits à partir de matériel recyclé, ce qui donne une nouvelle vie à des matériaux souvent humbles. C’est ce que Nicolas Bourriaud, l’ancien directeur du Palais de Tokyo à Paris, a appelé la “ postproduction ”. »

Propos recueillis par Virginie MOREAU
vm.culture@gmail.com

Infos pratiques

> Galerie Samira-Cambie – 16, rue Saint-Firmin – 34000 Montpellier – Tel. : 04 99 65 46 74 – www.galeriesamiracambie.com

> L’exposition est visible jusqu’au 16 octobre 2016, du mardi au samedi, de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 19h00.

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