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Reprise d'Orchestra : le tribunal de commerce retient la proposition de Pierre Mestre

Pierre Mestre reprend Orchestra. Le fondateur d’Orchestra, en redressement judiciaire depuis le 29 avril, parvient à reprendre sa propre entreprise à la barre du tribunal de commerce de Montpellier.

De notre envoyé spécial Hubert VIALATTE

Pierre Mestre l’a fait ! A la tête de l’entité NewOrch, et face au groupe saoudien Al Othaim, qui avait pourtant le soutien du CSE, il a fait valoir un pacte d’actionnaires solide et la confiance des fournisseurs.

Fondateur du groupe Orchestra – qui confectionne et commercialise de la mode enfantine et des articles de puériculture – en 1995, avec sa femme Chantal Mestre, toujours directrice artistique, il réussit à reprendre en plan de cession sa propre entreprise, avec la nouvelle entité NewOrch. Le tribunal de commerce de Montpellier vient de rendre sa décision, ce vendredi 19 juin.

NewOrch était opposé à la puissance du groupe saoudien Al Othaim, actionnaire minoritaire d’Orchestra depuis 2016. Al Othaim a pointé les errements stratégiques de Pierre Mestre, lesquelles ont conduit à un passif de 650 millions d’euros et au placement en redressement judiciaire d’Orchestra le 29 avril. Pierre Mestre a pu se rendre candidat à la reprise de son entreprise grâce à …

… une ordonnance du 20 mai, qui assouplit les conditions de ce cas de figure exceptionnel, afin d’éviter une vague de faillites en France, du fait de la crise économique.

Ralph Blindauer, avocat du CSE (favorable à l’offre d’Al Othaim), déclare à l’HJE son intention de faire appel de la décision. D’après lui, l’offre de Pierre Mestre « n’est pas recevable. Cette décision est trop grave, et constitue une bien mauvaise jurisprudence à l’échelle nationale ». Sous-entendu : les patrons en difficulté risquent de ne plus payer leurs factures, sachant qu’ils peuvent reprendre leur propre affaire, expurgée de dettes, devant le tribunal de commerce. De son côté, le groupe Al Othaim « prend acte du délibéré, avec regret, et souhaite le meilleur à l’ensemble des équipes du groupe Orchestra-Prémaman ».

Nouveau pacte d’actionnaires. Le capital de NewOrch sera partagé entre un pôle constitué par les principaux fabricants textiles français, les principaux fournisseurs et franchisés, les cadres et actionnaires historiques (41 %), la famille Mestre (38 %), la famille Gotlib (19 %). 2% du capital seront offerts aux salariés.

Reprise de 3 769 emplois et de 430 magasins

L’offre de NewOrch (Castelnau-le-Lez) a été jugée mieux disante. Elle prévoit la reprise de 3 769 emplois directs et indirects (contre 3 485 pour Al Othaim) sur 4 520, dont 2 136 (sur 2 560) en France, et la reprise de 430 magasins (contre 399 pour Al Othaim) sur un total de 514. En France, 1 110 contrats de travail (954 salariés en CDI et 156 en CDD) sont repris, dont les 130 affectés à l’entrepôt de Saint-Aunès, qui devait fermer dans l’offre initiale.

L’offre conserve les 138 emplois des bureaux d’achats (Orchestra Asia), et 843 emplois liés à la reprise des autres contrats de franchisés français. L’entrepôt d’Arras, exploité sous forme de joint-venture, gardera ses 87 employés, et 100 postes supplémentaires sont prévus.

L’offre s’élève à 71 millions d’euros (contre 62 pour Al Othaim), dont un paiement cash de 43,5 millions d’euros, 25,9 millions d’euros de reprise d’engagements et 1,5 million d’euros de contribution au PSE. Cette contribution est affectée en totalité au siège et au réseau, les salariés de l’entrepôt de Saint-Aunès étant amenés à être repris. NewOrch prévoit 35 millions d’euros de rachat de stocks, 2 136 emplois sont sauvegardés, directement ou indirectement, en France, et 1 633 à l’étranger. Tous les postes de la logistique sont maintenus.

Le besoin de financement du BRF est estimé à 125 millions d’euros, point sur lequel Pierre Mestre a insisté dans son argumentaire. «Notre modèle d’entreprise – qui crée des produits, et qui les fait fabriquer pour une majeure partie auprès des fournisseurs ayant des cycles de production et de transport importants – nous oblige à avoir un support massif de la part de ces derniers. Entre le début de la mise au point du prototype d’un produit jusqu’à sa vente, il s’écoule en moyenne 300 jours», explique-t-il. En clair, sans la confiance des fournisseurs, il était quasiment impossible de reprendre Orchestra, d’après Pierre Mestre.

«NewOrch bénéficie de conditions exclusives spécifiques, résultant d’accords générés par l’actionnariat et/ou résultant de relations de confiance depuis plus de trente ans.» Avantage : «Nous n’aurons pas à financer les phases de développements produits et nous bénéficierons d’un délai moyen de paiement de 45 jours à partir de la date d’expédition des marchandises. Ces délais nous permettront de diminuer de 75 millions d’euros le BFR, par rapport à un acteur qui n’aurait pas la confiance des fournisseurs.»

Le financement du besoin en fonds de roulement s’effectuera par une lettre de crédit de 35 millions d’euros ouverte auprès de Vegotex, par l’obtention d’un financement auprès d’Acofi pour un montant de 19,5 millions d’euros, par 10 millions d’euros de capital social versé à la société et par un financement complémentaire de 3 millions d’euros apporté par un actionnaire, garanti sur le stock magasin suisse.

«Au total, NewOrch représente une capacité de financement de 176,4 millions d’euros», contre 113,5 millions d’euros pour Al Othaim.


Précédemment sur heraultjuridique.com :

 

• Reprise d’Orchestra : Pierre Mestre veut finalement sauver l’entrepôt de Saint-Aunès et précise son offre 

 

• Reprise d’Orchestra-Prémaman : la décision reportée au 16 juin

 

• Orchestra-Prémaman va-t-il passer sous pavillon saoudien ?

 

• Nos articles sur Orchestra

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