Restauration scolaire : Montpellier va créer une Cité de l’Alimentation sur le site du MIN

Reportage

C’est voté ! Ce lundi 26 juillet, le conseil municipal de la ville de Montpellier a adopté le projet de construction d’une Cité de l’Alimentation. Une nouvelle politique alimentaire et de restauration scolaire va ainsi se mettre en place autour d’une nouvelle unité de production alimentaire de repas, d’une base logistique, d’un tiers-lieu, de halles alimentaires ouvertes au grand public et des actions pédagogiques de sensibilisation à une alimentation de qualité dans la proximité. La Cité sera implantée dans le quartier de la Restanque à proximité du site du Marché-Gare. Explications…

Rénovation de la restauration scolaire

Le 30 juillet 2020, la Ville avait engagé une étude sur l’optimisation de la production alimentaire en vue de la rénovation de la politique de restauration scolaire à Montpellier. La cuisine centrale existante qui assurait à l’origine la fabrication et la livraison de 8 500 repas par jour en moyenne, a vu en septembre 2020, sa production atteindre 12 600 repas/jour. Insuffisant face aux enjeux démographiques à venir.

On se souvient, l’ancienne municipalité sous le mandat de Phillipe Saurel, avait planché sur une nouvelle grande cuisine centrale pour répondre aux nouveaux enjeux de la restauration scolaire et la demande croissante… Lors des dernières municipales, le projet électoral de Michaël Delafosse prenait le contre pied du projet Saurel en proposant de créer des unités de productions à proximité des écoles. Les élections municipales ont depuis rebattu les cartes. Encore fallait-il valider la pertinence et le coût financier de ces cuisines de proximité. Une étude de faisabilité a donc été lancée par la nouvelle municipalité avec plusieurs options, un projet à 7 unités de production, un autre à 12 unités et une option ouverte.  

Le projet des cuisines près des écoles non retenu

Marie Massart, adjointe au maire, déléguée aux politiques alimentaires et agriculture urbaine, et présidente du MIN (Marché d’intérêt national) depuis octobre 2020 en a rappelé les enjeux. L’étude lancée en 2020 sur l’organisation de la restauration scolaire, a mobilisé 14 directions de l’administration de la ville, elle s’est appuyée sur un comité de suivi, incluant les parents d’élèves, les enseignants, les agents de l’école dont des Atsem, des fournisseurs, les professionnels du MIN, des acteurs de la filière agricole et de l’alimentation locale, des chercheurs, ou encore le Lycée hôtelier Georges Frêche. La question posée était la faisabilité d’un rapprochement des unités de production avec les écoles. “Ce projet ne correspond pas aux objectifs politiques et présentait des coûts induits importants” a indiqué Marie Massart, précisant que la recherche de nouveaux sites avait été compliquée, mais que l’étude avait montré l’importance du temps d’accompagnement autour de la prise des repas par les enfants. 

Optimiser la production et la qualité alimentaire

Le nouveau projet affiche plusieurs objectifs : optimiser la production alimentaire en favorisant en priorité le fait maison, sensibiliser enfants et agents à l’importance de la qualité alimentaire, inclure une forte connotation environnementale comme la réduction de l’impact sur les équipements à construire, intégrer les notions de confort – plaisir et de convivialité (en limitant le bruit par exemple dans les cantines), avec un volet fort sur l’économique et le social et la sollicitation de filières locales, la nécessité d’une alimentation saine pour tous dont les plus précaires, mais également les futures conditions de travail des agents.

L’accompagnement dans la proximité

Il propose un mix entre production des repas sur un site (voire deux), mais également diverses actions d’accompagnement pour promouvoir une alimentation de qualité et conserver la proximité voulue à l’origine de cette étude. Le lieu est choisi. La Cité de l’Alimentation prendra place près du Marché d’Intérêt National – le marché-gare – en périphérie des quartiers Prés d’Arènes et de la Restanque. A noter, c’était le lieu pressenti par Philippe Saurel pour son projet de grande cuisine centrale.

Un projet global à 40 M€ et à multiples facettes

“Le projet retenu est un projet global” a expliqué Marie Massart en conseil municipal. L’étude finalisée, les élus ont perçu qu’entre coût et objectifs politiques, les cuisines de proximité ne pouvaient pas être la bonne solution. Le comité de suivi de la restauration scolaire a d’ailleurs donné le même avis. Mais cette idée de proximité peut se faire différemment tout en conservant l’essentiel : la qualité alimentaire des repas, a indiqué l’élue. Le projet global de la Cité de l’Alimentation est estimé à 39,2 M€.

La Cité de l’Alimentation adossée au MIN, se composera :

  • d’une Unité de Production Alimentaire (UPA) de 16 000 repas (Ville) dont l’objectif est une ouverture en 2026 ; 
  • d’une Base Logistique de Transformation Primaire (BLTP) pour la Ville et la Métropole dont l’objectif est une ouverture en 2026, avec un atelier transformation de fruits et légumes, un atelier pâtisserie pour les desserts, une mûrisserie ou une conserverie calibrée pour 25 000 repas pour fournir écoles, crèches et ehpad ;
  • d’un tiers-lieu (épicerie solidaire, lieu ressource pédagogique…) avec des cours de cuisine, notamment pour les enfants dont l’objectif est une ouverture en 2025 ;
  • d’un bus pédagogique itinérant, permettant de décentraliser les animations dont l’objectif est une mise en service en 2025 ;
  • d’un jardin pédagogique, dont l’objectif est une ouverture en 2026 ;
  • de halles alimentaires accessibles aux habitants du quartier, à programmer ultérieurement.

Le projet d’optimisation de la restauration scolaire de la ville comprend également :

  • Une seconde unité de production pouvant atteindre jusqu’à 8 000 repas, au nord de la Ville, dont le terrain est à définir pour une mise en service vers 2028. Cette unité pourrait être mutualisée avec les autres communes de la Métropole ;
  • Un plan de transformation des restaurants scolaires en selfs sur le mandat, un concept qui a fait ses preuves dans la lutte contre le gaspillage alimentaire ;
  • Un plan de formation des agents chargés de la restauration scolaire (ATSEM, AERS et Animateurs) pour améliorer la distribution des repas avec une approche hôtelière en lien avec le lycée hôtelier Georges Frêche ;
  • Un programme de sensibilisation à l’alimentation durable pour les enfants, avec des cours de cuisine, des visites des unités de production, de la sensibilisation au bien manger ;
  • le développement de potagers pédagogiques dans les écoles en partenariat avec l’Education Nationale ;
  • L’expérimentation d’une cuisine satellite dans une école qui permettrait de préparer certains plats sur place dans les écoles ;
  • un réseau de fermes ressources avec potager pédagogique pour amener les classes dans les espaces maraîchers et faire venir les professionnels dans les écoles, à l’exemple du Quartier des Bouisses ou du Pont Trinquat où un projet de parc est en train d’être mené à bien ;
  • 5 à 8 tiers-lieux autour de l’alimentation dans la Ville en partenariat avec les associations engagées dans l’aide alimentaire.

Pour Michaël Delafosse, ce projet de restauration scolaire et de politique alimentaire a été pensé “ensemble” notamment avec les agents concernés, pour faire sens et ne pas être seulement dans une logique de gestion de stocks alimentaires et de flux d’enfants. 

Qu'en pensez-vous ?

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Jeux concours
Météo de l'Hérault
Hérault Tribune Pro Hérault Tribune Reportages

Depuis 1973, d’abord sous format magazine, puis via son site, Hérault Tribune informe le public des événements qui se produisent dans le grand Agathois, le Biterrois et le bassin de Thau.

logo hje

Depuis 1895, l’Hérault Juridique & Economique traite l’économie, le droit et la culture dans son hebdomadaire papier, puis via son site Internet. Il contribue au développement sécurisé de l’économie locale en publiant les annonces légales.