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Sages-femmes : va-t-on droit dans le mur ?

Quelques jours après la journée mondiale des sages-femmes, et alors qu'elles protestaient mercredi pour la revalorisation de leur salaire, penchons-nous sur une profession peu connue mais essentielle.

La profession de sage-femme est notoirement en manque d’effectifs et sous-rémunérée. Elles sont les grandes oubliées du Ségur de la santé. Représentées notamment par l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF) et l’Union nationale et syndicale des sages-femmes (UNSSF), leurs deux syndicats professionnels, elles ont manifesté dans les rues à de multiples reprises depuis janvier 2021.

En quoi consiste le métier de sage-femme ?

Les sages-femmes effectuent le suivi des grossesses et procèdent à l’accouchement, moment fondateur de chaque famille. Mais saviez-vous que depuis 2009, elles sont également chargées du suivi gynécologique, et que depuis 2016, elles ont la possibilité de pratiquer les interruptions volontaires de grossesse médicamenteuses ?

Des effectifs réduits pour un salaire restreint

Le décret de périnatalité n’a pas été revu depuis 1998, entraînant un gel des effectifs minimaux fixés par l’Etat depuis vingt-trois ans, d’où un manque patent de sages-femmes. De plus, leur profession ne dispose pas d’un statut médical rendant possible une augmentation de leur salaire. Le tout pour un salaire mensuel moyen de 1 750 euros net en début de carrière et de 3 000 euros net en fin de carrière (soit le salaire de jeunes diplômés dentistes), alors qu’elles ont un bagage de cinq années d’études et que le code de la Santé publique les classe dans la même catégorie que les médecins et les chirurgiens-dentistes. Le Ségur de la santé de 2020 ne leur a permis qu’une revalorisation de 183 euros net par mois, soit une prime équivalente à celle accordée aux professions non-médicales, alors que, dans le même temps, les professions médicales étaient augmentées de plus de 1 000 euros.  Pourtant, elles portent une lourde responsabilité, et peuvent être assignées en justice en cas de problème lors de l’accouchement.

Un métier de femmes pour les femmes

Pourquoi une telle différence de traitement pour les sages-femmes ? Si elles sont ainsi lésées, c’est peut-être parce que leur profession est aujourd’hui encore essentiellement féminine (très peu d’hommes sont sages-femmes, mais il y en a), et qu’elle s’adresse aux femmes. Une injustice, selon ces professionnelles qui mettent au monde les futures générations, rassurent les familles et ont un rôle et une présence d’une importance cruciale.

Des conditions de travail difficiles

Le manque d’effectifs conduit souvent à enchaîner les accouchements sans pouvoir prendre le temps suffisant auprès des mères. Les sages-femmes se disent épuisées, et parfois à la limite de la maltraitance envers leurs patientes, du fait de leurs propres conditions de travail.

Les revendications

Actuellement, les sages-femmes réclament une hausse des effectifs dans les maternités et la reconnaissance de leur métier comme profession médicale. Deux revendications qui semblent aller de soi pour la sécurisation des accouchements actuels et à venir…

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