Saint-Jean-de-Védas : François Rio, "mes projets pour les années à venir"

Hérault Tribune Pro Reportage

Cinquième ville de la métropole et dixième du département en termes démographiques, Saint-Jean-de-Védas a connu un vrai boom démographique ces dix dernières années. Actuellement, plus de 13 000 habitants y vivent, et selon la projection de l’Insee, il y aura environ 16 000 habitants en 2026-2027. Le maire François Rio évoque ses projets pour sa ville.

François Rio, maire de Saint-Jean-de-Védas © Virginie Moreau

Pourriez-vous dresser le portrait de votre ville ?

François Rio : “Saint-Jean-de-Védas accueille une population qui a doublé en dix ans, 2 782 entreprises et environ 120 associations. Elle bénéficie de nombreux équipements, dont 4 écoles, un collège, ou encore le magnifique Domaine du Terral. Côté transports, Saint-Jean-de-Védas est très bien desservie, par la ligne 2 de tramway, dont elle est le terminus, dès 2025 par la ligne 5 de tramway (sauf retards dans les acquisitions foncières) ; et par les autoroutes A750 et A9. 

Située dans la première couronne de Montpellier et membre de la Métropole, dans l’esprit, Saint-Jean-de-Védas est restée un village. Je fais tout pour conserver cet esprit village. Par exemple, nous venons de lancer “l’heure civique” pour mettre en lien des Védasiens autour du bénévolat. Dans ce cadre, les personnes qui le souhaitent peuvent consacrer une heure pour aider leur voisine à faire les courses, aider leur petit voisin à faire ses devoirs… Mais je veux aussi moderniser l’image de Saint-Jean-de-Védas. Un nouveau logo symbolisant cette volonté sera présenté le 24 juin, jour de la fête de la Saint-Jean. L’objectif est de conserver l’âme du village d’antan tout en se tournant vers l’avenir et la ville moderne, de ne pas vivre replié sur soi.

Je souhaite absolument éviter que Saint-Jean soit une ville dortoir. C’est pourquoi dans un quartier comme Roque Fraïsse, il est indispensable de créer du service public et des lieux de vie. La création de ce quartier a plus que doublé la population védasienne, qui est passée de 7 700 habitants à environ 13 000. L’école Jean d’Ormesson a été réalisée ces dernières années. L’ambition actuelle est d’y créer de la vie, des animations. Nous allons y construire un gymnase prochainement, et favoriser le commerce de proximité. Sortir de chez soi, prendre un café en terrasse devant l’école, acheter le pain, tout cela crée l’ambiance d’un quartier. Nous voulons créer de la vie.

Vue sur des immeubles du Roque Fraïsse à Saint-Jean-de-Védas © Louise Brahiti
Vue sur des immeubles du Roque Fraïsse à Saint-Jean-de-Védas © Louise Brahiti

Autre élément important, notre commune attire plus de personnes qui viennent travailler que d’habitants qui partent travailler à l’extérieur. Le taux de chômage à Saint-Jean-de-Védas (9,7 % en novembre 2021) est inférieur à la moyenne héraultaise (11,5 %). ”

Quels grands projets développez-vous sur ce mandat ? 

François Rio : “Il y en a plusieurs, que je vais détailler. Mais tout d’abord je souhaite dire que j’entretiens de bons rapports avec les services de l’Etat, le préfet, le département de l’Hérault, la région Occitanie, la députée, les 4 sénateurs… Mon rôle est d’aller chercher des subventions. En moins de deux ans, soit en trois fois moins de temps, j’ai obtenu 1,534 million d’euros de subventions, soit plus que l’ancienne municipalité n’est parvenue à le faire en six ans, de 2014 à 2020 (1,27 million). Il faut dire que j’ai beaucoup de projets”.

Côté commerces

François Rio : “Mon premier grand projet consiste à faire construire sur la ZAC de Roque Fraïsse (créée en 2012) des halles marchandes au niveau du terminus de la station de tramway, à la place d’une vieille bâtisse et d’un bassin de rétention devenu inutile. Au départ, sur cette zone, 16 000 m2 de logements étaient prévus. J’ai décidé qu’il y aurait finalement 10 000 m2 de logements et des halles marchandes destinées à réunir l’ancien et le nouveau Saint-Jean-de-Védas. L’objectif est de mettre en place un lieu de vie et de convivialité semblable aux halles de Sète, où les habitants de l’ancien et du nouveau Saint-Jean puissent se croiser, se donner rendez-vous, bavarder, manger sur place… 

Ces halles marchandes d’une superficie au sol de 1 600 m2, aménagées par la Serm, comporteraient plusieurs étages, un restaurant sur le toit au 3e étage (rooftop). Il y aurait 1 400 m2 de cabinets médicaux (dentiste, médecin, kiné, pédiatre…). 10 000 m2 de logements seraient bâtis près d’une place centrale végétalisée de 3 800 m2 (soit environ la même superficie que la place Jean-Jaurès à Montpellier), dotée d’un miroir d’eau avec des jets d’eau. De nombreux arbres seraient conservés, et 80 arbres plantés. Il y aurait un arbre tous les 8 mètres. Un parking souterrain desservirait le quartier. Pour la Ville, l’investissement s’élèvera à zéro euro. Dans ce dossier, c’est la Serm qui s’occupe de l’aménagement ; la Ville est donneur d’ordre et exprime sa volonté. 

Plan de la future zone des halles marchandes à Saint-Jean-de-Védas © SCE Ateliers Up
Plan de la future zone des halles marchandes à Saint-Jean-de-Védas © SCE Ateliers Up

Le concours d’architectes a été lancé il y a une semaine. Un architecte dessinera les halles, un autre les logements, en concertation. Ils devront parvenir à intégrer les halles face au vieux village. Les halles connecteront donc le vieux village, Saint-Jean-le-Sec, l’Ortet et Roque Fraïsse. La place sera l’étoile où tout convergera. Le rooftop des halles proposera une vue panoramique de la commune. Ce projet destiné à faciliter la convivialité est voué à devenir une nouvelle centralité. Il s’agit ici de faire cité au sens noble du terme. Ma volonté est de créer du lien avec des projets structurants. C’est un projet carrefour, un trait d’union entre les habitants. Sociologiquement, Roque Fraïsse accueille un nouveau type de population, des couples jeunes qui viennent de grandes villes comme Lyon, Paris. Les halles seront une structure qui leur parlera, et qui plaira également aux villageois. Les commerçants du vieux village installeront une antenne dans les halles, mais ne fermeront pas leurs commerces du centre, évidemment. A terme, si l’ex-Lyonnais de 25 ans joue à la pétanque avec l’ancien du village, nous aurons réussi notre pari.”

Côté sports

François Rio : “Autre projet, le troisième gymnase de la ville sortira de terre en 2025 sur la ZAC Roque Fraïsse, près de l’école Jean d’Ormesson. Il s’agira d’un gymnase gymnique dans lequel 3,5 millions d’euros seront investis. Les études sont en cours. Il était nécessaire d’ouvrir des créneaux supplémentaires pour les sportifs. L’équipe de basket hommes seniors monte en national 3, devenant ainsi semi-professionnelle. Il fallait des créneaux supplémentaires pour l’entraînement.

Ce projet devait initialement comprendre sur 2 étages – le gymnase à l’étage et une salle des fêtes au rez-de-chaussée  et demander un investissement de 11 millions d’euros. Cela aurait été bien trop bruyant dans une zone d’habitation, c’est pourquoi j’ai préféré opter pour un gymnase simple. Le gymnase de Saint-Jean-le-Sec sera pour sa part transformé en configuration multijeux (handball, basket, volley, badminton…).” 

Côté écoles

François Rio : “L’été, demi-cour par demi-cour, sur trois ans, jusqu’à 2024, nous allons créer des cours oasis végétalisées dans 3 groupes scolaires. De grands arbres, qui apporteront de l’ombre, seront plantés à l’automne ou au printemps. Le temps des cours entièrement bétonnées et imperméabilisées est fini. Les élèves ont été mobilisés par le corps enseignant, que je remercie, autour de l’opération Dessine-moi ta cour. Ils ont exposé leurs visions de leur cour oasis idéale. Les architectes ont planché à partir de leurs dessins. Ce projet nécessite 1,9 million d’euros d’investissement, avec 80 % de subventions par l’Agence de l’eau (70 %), la Caf notamment… Ce qui fait 400 000 euros à payer par la Ville.

Pour des raisons techniques, la toute récente cour élémentaire de l’école Jean d’Ormesson, située à l’étage, ne peut malheureusement pas être désimperméabilisée ni dotée de bacs végétalisés. Nous étudions la possibilité de faire pousser une plante grimpante le long de la façade pour faire une “toile végétale” sur la cour. Je trouve regrettable qu’une école de seulement trois ans d’existence n’ait pas été conçue de façon à intégrer le végétal…

Cet été, il sera procédé à la rénovation énergétique de l’école des Escholiers, qui est la plus vieille école de la ville. Elle date des années 1970. Actuellement, en hiver il y fait froid, en été il y fait très chaud. Les éléments sont préfabriqués en usine, pour pouvoir assurer une installation rapide durant les vacances scolaires estivales. Le coût de cette rénovation s’élève à 1,5 million d’euros, financé à 65 à 80 % par des subventions. La façade des Escholiers sera refaite

Alors que la ville était plutôt vieillissante, la Zac Roque Fraïsse, débutée en 2012-2013 attire les jeunes, les familles, ce qui rajeunit la population. Après une période où les écoles se vidaient et des classes fermaient, désormais, l’école Jean d’Ormesson est remplie, et il y aura deux ouvertures de classes en septembre, ce qui nécessite un réaménagement (une salle de classe sera installée à la place de la bibliothèque, qui va déménager dans une salle plus petite, et une salle dédiée à l’accueil périscolaire sera transformée en classe). Une classe supplémentaire va être ouverte à l’école Louise-Michel, dans le quartier du Terral. Et l’école du centre intègre le dispositif Ulis, pour faire écho au dispositif Ulis déjà instauré au collège.

J’aurais souhaité que Saint-Jean-de-Védas soit équipée d’un lycée, mais l’ancienne municipalité était contre. Je suis favorable à la création de collèges et lycées de plus petite taille, plus proches des élèves. Le futur lycée de Cournonterral, dont dépendra Saint-Jean, est à 25 minutes, celui de Montpellier-Clemenceau à 16 minutes….” 

Côté ados

François Rio : “Autre beau projet : le Pôle jeunesse, pour les ados à la sortie des cours, qui sera utilisé en journée par le relais d’assistantes maternelles. Le centre jeunesse actuel est situé à la place de l’ancienne poste du village, dans un vieux bâtiment plus du tout adapté. Le nouveau Pôle jeunesse sera implanté sur un terrain municipal, l’ancien terrain de foot Grimal. La Maison des associations a ouvert en 2007 sur quasiment la moitié du terrain de foot. L’autre moitié, face à la station service, offre un emplacement idéal car le Pôle jeunesse sera ainsi situé entre le collège et la Zac Roque Fraïsse (où vivent le plus de jeunes), sur le chemin de retour des cours, donc. La construction du Pôle jeunesse mobilisera 3,2 millions d’euros. Sur les 35 projets d’architectes, nous en avons retenu trois, qui seront examinés en juillet lors d’entretiens individuels de 45 minutes à une heure.”

Côté nature

François Rio : “Mon plus beau projet est sans doute la Maison de la Nature, au Terral. L’actuel parc du Terral est le domaine culturel de Saint-Jean-de-Védas. Il regroupe l’école d’arts plastiques, l’école de musique, la salle du Chai (de 390 places), la salle des mariages, la galerie d’art Francis-Porras, et un parc de 3 hectares dans lequel ont été installées des cabanes qui ont été inaugurées le 21 mai, dans le cadre de la Fête de la Nature. Le parc du Terral abrite 350 espèces de plantes. 

Les nouvelles cabanes du Terral © Ville de Saint Jean de Védas
Les nouvelles cabanes du Terral © Ville de Saint Jean de Védas

La Maison de la Nature, qui sera implantée à l’entrée du parc, dans les bâtiments situés à gauche, comportera une bibliothèque, une salle d’exposition… Elle accueillera des conférences et des vernissages. On accédera au domaine par la Maison de la Nature. Les élèves seront accueillis en ateliers dans la Grangette. Je considère qu’actuellement, les élèves ne profitent pas assez du parc du Terral. Ils vont certes à l’Ecolothèque, mais elle est saturée par toutes les classes de la métropole, au point que nos élèves n’y vont qu’une fois par an.. 

L'Ecolothèque, à Saint-Jean-de-Védas © Louise Brahiti
L’Ecolothèque, à Saint-Jean-de-Védas © Louise Brahiti

L’objectif est de jouer sur la synergie entre nature et culture, entre la programmation de la Maison de la Nature et celle des lieux culturels du domaine. Par exemple en éveillant la conscience environnementale. La Maison de la Nature sera interactive et contemporaine ; elle fera appel aux nouvelles technologies, de façon ludique. Elle pourrait proposer une quête ludique, un repérage d’espèces avec l’aide des nouvelles technologies…”

Comment décririez-vous le tissu commerçant de votre ville ?

François Rio : “Saint-Jean-de-Védas accueille 2 782 entreprises, de la TPE à la grosse entreprise. Il n’existait plus aucune association d’entreprises ou de commerçants à Saint-Jean-de-Védas, jusqu’à la création, le jeudi 12 mai, de l’association des commerçants du centre. Chaque zone ayant des particularités différentes, l’objectif est que soient créées également une association de commerçants à la Lauze, et une autre sur la zone allant du rond-point du Rieucoulon à la clinique et la Peyrière. J’ai donné l’impulsion, et la CCI de l’Hérault accompagne cette démarche de très près. J’en remercie son président, André Deljarry. 

Dans les futures halles, je souhaite donner la priorité aux commerçants du centre sans qu’ils ferment pour autant leur commerce dans le centre.

Aujourd’hui, la place de l’Ortet, qui a une superficie de 2 000 m2, pose problème. Elle n’a jamais fonctionné. Il n’y a pas beaucoup de vie, à part lors du marché du samedi matin. Celui du jeudi est assez peu fréquenté. Je souhaite que la place de l’Ortet fasse la jonction entre les futures halles et les commerces existants, où il y a déjà de la vie. Nous réfléchissons avec les commerçants à créer un groupe de travail sur l’aménagement de cette place. Nous pourrions y faire des ramblas commerçantes, en déplaçant la circulation des bords au centre de la place, et en installant des restaurants, boulangeries, bars, sur les côtés.”

Le marché du jeudi, place de l'Ortet, à Saint-Jean-de-Védas © Louise Brahiti
Le marché du jeudi, place de l’Ortet, à Saint-Jean-de-Védas © Louise Brahiti
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