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Série découverte d'un métier : Portrait de Franck LOMBARD, Régisseur technique à La Cigalière de Sérignan

Régulièrement, la rédaction d'hérault-tribune se propose de mettre en lumière des métiers ou des savoir-faire…

Régulièrement, la rédaction d'hérault-tribune se propose de mettre en lumière des métiers ou des savoir-faire afin de les faire découvrir et éventuellement susciter des vocations. 

Cette semaine, nous vous proposons de partir à la découverte de Franck LOMBARD, Régisseur technique à La Cigalière de Sérignan

Bonjour Franck, peux-tu nous parler de ton métier ?

Pour expliquer ce en quoi ça consiste, voilà : quand le directeur de la salle – le programmateur – souhaite acheter un spectacle, il me donne auparavant la fiche technique pour que j’évalue si ça rentre dans la salle, le budget à prévoir pour le son, les lumières et le personnel. Ainsi, le programmateur l’intègre à son budget global et voit si c’est faisable avant de signer le contrat.
La fiche technique fait partie du contrat, il faut la respecter. Dedans, il y a les demandes des artistes en termes de repas, de loges, d’hôtels, de son, de lumière, de communication du spectacle, ainsi que les demandes de personnel technique ou d’accueil. Les fiches techniques sont universelles. Elles ne prennent évidemment pas en compte les spécificités de la salle. Il faut donc les adapter – parfois au chausse-pied ! – à La Cigalière, et à moindre coût.
Certaines « prods » (sociétés de production de spectacles) ont beaucoup de moyens ou ont beaucoup investi sur un artiste. Ils viennent avec du matériel et leurs techniciens : des régisseurs pour le son, la lumière, les retours, le plateau. Dans ces cas-là, on prépare durant les jours précédents, on vérifie tout, on livre une salle « patchée » (c’est-à-dire avec le matériel branché et en ordre de marche), puis on se tient prêt à vider le camion à son arrivée, à les accueillir, et on unit nos forces pour le spectacle. Ils deviennent nos chefs d’équipe pendant tout le temps où ils sont là. Et puis parfois, ce sont des petites « prods », c’est le cas des premières parties par exemple, et là on fait presque tout : on fournit le matériel et les régisseurs.
Pour la partie sonorisation, il y a le matériel, mais aussi le travail de régie, à savoir par exemple régler le son pour le public (la « face »), mais aussi pour les musiciens, c’est ce qu’on appelle les « retours ». Ça permet au musicien d’entendre ce qu’il joue et ce que font les autres artistes sur scène. C’est ce qui fait la magie des soirées, car ils prennent plaisir à jouer et à partager, c’est très important pour les musiciens.
En lumière, l’implantation des projecteurs s’appelle le « Plan de feu ». Il définit la position, la couleur et le type de projecteurs parmi les nombreux existants. Il y a des spectacles qui ont déjà défini leur plan de feu, d’autres où c’est à nous de tout faire.
Donc voilà, être régisseur général de la salle, c’est s’assurer que chaque spectacle ait son plan de scène et son plan de feu, qu’il soit fourni ou non par les artistes, et faire en sorte que ça rentre dans le budget préétabli et avec les moyens humains dont on dispose.
Comme on est une petite salle donc une petite équipe, je touche à tout : je suis à la fois régisseur technique, mais je fais aussi le travail de directeur technique, de régisseur général, de régisseur son et de régisseur plateau. Je dirige le régisseur lumière, Stéphane (Montserrat), et un technicien polyvalent.

Peux-tu nous raconter une semaine type ?

Il n’y a pas de journée type ni de semaine type. Chaque spectacle est différent, chaque semaine est différente. Et parmi les artistes, certains arriveront à 8h du matin avec un camion plein pour le spectacle du soir, d’autres n’arriveront qu’à 15h, avec une petite voiture et sans gros matériel !
Dans les grandes lignes, on démonte en début de semaine le dernier spectacle pour monter le prochain durant les jours suivants : est-ce qu’il faut sortir ou rentrer les gradins ? Installer ou enlever des fauteuils ? Monter ou descendre la scène ? On démonte tous les projecteurs à chaque fois pour les remonter différemment. Chaque spectacle est unique.
Le but est d’être prêt à l’arrivée des artistes (certains arrivent la veille ou même l’avant-veille du spectacle).
En plus de cela, on a des représentations pour les scolaires. C’est la même chose sauf que c’est en journée ! Puis, juste après, on doit se dépêcher pour tout mettre en place pour le spectacle suivant. On s’adapte.
Les mois de juin et début juillet sont différents. C’est un temps associatif. On bloque la salle pour les spectacles des associations, danse, théâtre, mais aussi pour les écoles, le Conservatoire, les auditions… C’est une chance énorme pour les associations d’avoir accès à un tel outil municipal. Nous, ça nous fait beaucoup travailler en nombre d’heures, entre les préparations, les répétitions et les spectacles, mais je trouve ça bien, et surtout important. Certaines personnes oseront rentrer à La Cigalière pour venir voir un ami sur scène, ou leur enfant, et puis s’y sentiront bien et reviendront pour un autre spectacle.

Les moments désagréables ? Les inconvénients du métier ?

Les journées peuvent être très longues. Les horaires différents d’une semaine à l’autre. Avoir une vie de famille et sociale avec ces horaires-là, c’est difficile. On passe ici une grosse partie de notre journée et de la nuit.
Et puis, j’ai un fichu caractère. D’ailleurs, il y a beaucoup de forts caractères dans ce métier, parmi les artistes mais aussi parmi les techniciens… Il arrive que les professionnels les plus pointilleux ne soient pas toujours les plus compétents, en plus ! Alors évidemment, parfois, la journée a du relief.

Qu’est-ce qui t’anime ? Tes moments de grâce au travail ?

Ce qui m’anime ? Au niveau général, c’est le public. J’aime mettre en relation les artistes avec le public, offrir une évasion. On a une politique tarifaire basse qui permet à un grand nombre de gens de venir profiter d’une offre assez large de spectacles. C’est important, que ça ne soit pas cher, et à part quelques rares spectacles, c’est très abordable.
Au niveau personnel, ce qui me plait, c’est l’inventivité dont il faut faire preuve au quotidien pour accueillir au mieux avec nos moyens. Il faut toujours trouver des astuces, adapter les fiches techniques. Comme je le disais tout à l’heure, parfois ça rentre « au chausse-pied » ! Il me faut réfléchir. Souvent, je me lève en pensant à ça, et quel plaisir quand j’ai enfin trouvé une solution !
Il y a aussi le fait de rencontrer des artistes. Ce n’est pas forcément l’artiste que j’aime découvrir, mais son côté créatif, ce qu’il amène dans ses bagages, son univers.
Et enfin, mon moment de grâce à moi, c’est l’instant où la lumière du public s’éteint et que la scène s’illumine.

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