Sète, ImageSingulières : focus sur Hugues de Wurstemberger et sur la programmation

Reportage

Visite du nouvel espace du Centre photographique documentaire ImageSingulières à Sète.

Si l’espace d’exposition était déjà dirigé par le festival, le nouveau Centre photographique documentaire permet aujourd’hui d’agrandir et de sédentariser le festival. À cette occasion, la rédaction a fait la rencontre du photographe suisse Hugues de Wurstemberger, invité en résidence cette année. 

Un hommage à la relation terre et humains

Membre de l’Agence VU’ depuis sa création en 1986 et représenté par la Galerie VU’, il se fait d’abord connaître grâce aux photographies qu’il fait de l’intérieur de la Garde suisse. Le photographe a longtemps travaillé sur le quotidien et l’intimité de populations oubliées à travers le monde. En 2005, il publie AOC, une identité retrouvée, ainsi que Pauline et Pierre. Un travail récompensé en 1990 par le Prix Niépce, en 1991 par le World Press Photo, et en 2002 par le Prix Silver. Hugues de Wurstemberger a arpenté une zone incluant les étangs de Thau, Arnel, Vic et Ingrill. 

Le photographe a donc marché, réfléchi au sens de ses parcours, a regardé, de près souvent, des plantes sur lesquelles il s’est ensuite informé. Comme avec la posidonie qu’il photographie et dont il nous apprend que c’est la seule plante à fleurs qui pousse dans les eaux, et qu’elle progresse de 3 mètres tous les siècles. Le photographe n’oublie pas de rappeler à quel point ces plantes sont en danger à cause des bateaux de plaisance qui massacrent toute la biodiversité sur leur passage. 

Il a rencontré des hommes, des femmes, des jeunes, qui vivent loin de la ville, qui chassent pour certains, d’autres qui cultivent légumes et fruits, qui produisent du vin, tout cela en bio, en permaculture, ce qui correspond aux préoccupations et valeurs du photographe. Son approche est à la fois réaliste et sans aucun artifice, subtile, vibrante. En couleur ou en noir et blanc, en argentique avec son Mamiya ou au numérique avec son Leica, toujours au 50 mm, Hugues de Wurstemberger s’est obligé à travailler en format vertical, qu’il voit comme un « avatar du carré ». Même si, comme il le dit avec son humour implacable, « ce n’est pas évident de mettre un étang à la verticale ». 

Fête foraine de Marseillan
Fête foraine de Marseillan © Hugues de Wurstemberger


Une image marquante de sa série, celle du démontage de la fête foraine de Marseillan. En noir et blanc, l’image nous montre un paysage aux accents apocalyptiques, métaphore pour le photographe de la condition de l’homme dans l’environnement. Enfin, en contre-point des images, le photographe a réalisé un pan de mur recouvert des unes de journaux nationaux qui parlent des catastrophes naturelles. Cette partie permet de remettre dans un contexte actuel les actions quotidiennes dans lesquelles s’impliquent les producteurs du bassin.

L’exposition est visible jusqu’au 5 septembre 2021.

Visite de l'exposition avec Hugues de Wustemberger
Visite de l’exposition en compagnie du photographe Hugues de Wurstemberger

Le festival continue toute l’année

Vous pouvez déjà apercevoir à la gare SNCF de Sète les portraits saisissants de jeunes adolescents du nord de l’Angleterre réalisés par Laura Pannack. À l’étage du Centre Documentaire Photographique, c’est l’Allemagne d’Ute Mahler, celle d’avant la chute du Mur de Berlin, avec des images de rue, des intérieurs aussi, qui dévoilera un panorama de la vie privée en ex-RDA d’une infinie délicatesse. 

Tendance Floue retracera les 30 années du collectif à travers une imposante fresque murale inspirée de son film Poesis, installée sur la façade extérieure. Au Musée Ethnographique de l’Étang de Thau, à l’occasion du centenaire Brassens, sera exposé le travail de Clémentine Schneidermann, qui lors de sa résidence en 2020 était partie sur les traces du poète chanteur.

Du 16 septembre au 7 novembre, ce sera une rentrée de Grand Prix avec les expositions des lauréats 2019 et 2020 du Grand Prix ISEM : Romain Laurendeau qui signe un documentaire sur l’univers de la drogue chez les jeunes palestiniens de Cisjordanie. Encore un grand nom de la photographie contemporaine, et Christian Lutz avec un projet sur la montée des nationalismes dans la vieille Europe.

Du 18 novembre au 2 janvier 2022, les femmes photographes seront à l’honneur avec le remarquable travail de Marylise Vigneau « Article 19 », autour d’une loi qui porte atteinte à la liberté de parole au Pakistan, mais aussi via la chronique familiale de la jeune photographe argentine Cécilia Reynoso. 

Du 13 janvier au 3 mars 2022, l’environnement sera au cœur des préoccupations. La série « Oil and Moss » de Igor Tereshkov, témoignera des ravages de l’industrie pétrolière au cœur de la Russie dans le district autonome des Khantys-Mansis. La série « Bastard Countryside » de Robin Friend explorera le paysage britannique par métaphores représentant la façon dont notre mode de vie moderne détruit la planète.

A partir du 17 mars jusqu’au 1er mai 2022 et pour terminer la saison, retrouvez le travail de Panos Kefalos sur les jeunes migrants afghans d’Athènes, et celui de Ioana Cîrlig qui nous livrera un tendre portrait de sa Roumanie post-industrielle.

L’année sera également ponctuée de rendez-vous, de rencontres et de projections, mais aussi de workshops et de signatures de livres. 

Plus d’informations : https://festival.imagesingulieres.com/

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