Six millions à quelques millions près ! ... par Antoine Allemand

Six millions à quelques millions près ! Compte-rendu de conseil par Antoine Allemand De…

Six millions à quelques millions près ! Compte-rendu de conseil par Antoine Allemand

De la Valasse au Plasma, c’est comment la vraie vie ? :

En question orale préalable à l’ordre du jour et devant l’empressement mis par nos élus majoritaires à dénoncer le projet préfectoral d’écopole de la Valasse, Madame Denestebe s’inquiète que cet empressement n’ait pour unique objet que de faire acter en contre partie le projet dit de torche à plasma.
Le député-maire-président d’agloo se défend d’être l’instigateur du projet d’écopole (ce qui ne lui était pas reproché) « j’aurai tout manigancé ? Dans la vraie vie, ce n’est pas comme cela que les choses se passent. »
N’empêche que la levée de boucliers contre le projet de la Valasse le sert bien.
« C’est une course qui s’engage, le Préfet est poussé et par la loi et par le temps. »
« Nous nous opposons parce qu’on pense que la torche à plasma est le meilleur procédé…Je l’ai dit même à Jean Louis Borloo
(et pas à son cheval ?). »
” Un procédé qui existe déjà près de Bordeaux mais en plus faible quantité…Je suis prêt à ce qu’on essuie les plâtres avec ce procédé novateur.”
« Je suis prêt à en discuter dans des réunions spécifiques (alors que tout doit être bouclé avant la fin de l’année), beaucoup d’associations écologiques nous suivent, Saint Thibery est prête à accepter le site.»
« C’est l’avenir si ça marche et il y a de fortes chances que ça marche. »

Henri Couquet qui demande que la question 35, qui porte sur « l’avis de la commune sur le projet écopole de la Valasse », soit traitée dans la foulée se fait renvoyer dans ses cordes « comme ça vous resterez jusqu’à la fin (du conseil). »
 
CQFD (et qui a été démontré) : Si les défenseurs de l’environnement font chorus avec les élus sans prendre suffisamment de garanties, le refus d’un projet dont les limites et les inconvénients sont connus a de fortes chances de favoriser un projet autrement plus risqué mais pour lequel les initiateurs sont prêts à ce que la population prenne tous les risques.  
 
Le PLUs de la séance :

Toujours en avant première du conseil, le président de séance invite « Monsieur le conseiller général » à prendre la parole.
« Merci monsieur le député maire » se carpette l’intéressé qui tient à préciser que l’information sur le PLU qu’il va donner « ne répond à aucune obligation légale ». Il s’agit en l’occurrence, en préalable à un « projet de développement durable pour les 15 prochaines années, d’établir un diagnostic.»
On aurait pu faire l’économie du diagnostic en question tant les informations apportées sont édifiantes : « 21000 habitants…des emplois essentiellement dans le secteur tertiaire…des zones inondables, des zones protégées…un solde migratoire positif…la population âgée en augmentation… ».
Henri Couquet n’apprécie pas à sa juste valeur la masse de travail fournie. Il qualifie cette « présentation (de) digne d’un niveau d’école élémentaire.» alors que le député maire lui rétorque que « c’est bien de se les remettre à l’esprit, les chiffres c’est objectif » (NDLR comme 21000 habitants et …21000 électeurs par exemple).
Le conseiller général de service donne en plus les 7 lignes directrices de son projet soit : « réaffirmer la spécificité de l’archipel (des Bermudas), organiser la croissance urbaine, renforcer l’image de station capitale, préserver l’activité économique, doter la ville des infrastructures indispensables, affirmer la fonction de centralité de la commune d’Agde au cœur d’un territoire élargi, maintenir l’activité portuaire.» Que des idées originales !
Et le député maire de s’extasier devant ce « travail éminemment passionnant » pour lequel il aura « l’occasion de consulter les élus, la population, les experts même si nous avons déjà des orientations…On invite tous les gens positifs à venir y participer.»
Les autres s’abstenir.
 
Moulin des Evêques et des Mousquetaires de la distribution réunis :

Le libellé de la question n° 7 de l’ordre du jour « acquisition de lots du Moulin des Evêques » était suffisamment intrigant pour qu’on s’y attarde un instant : La commune n’avait-elle pas déjà acquis depuis longtemps la partie de cet immeuble qui l’intéressait pour y faire sa « salle polyvalente » ?
Et bien non : En fait, en juillet 2007, la ville avait acheté pour 1,6 millions d’euros le 1er étage du Moulin plus quelques annexes « en l’état futur d’achèvement des travaux », transaction normalement conditionnée par la délivrance d’une garantie d’achèvement. Le règlement de l’acquisition devait s’effectuer en 3 fois en 2007, 2008 et 2009.
Il s’avère que le promoteur n’ayant pas délivré la garantie d’achèvement, il « a fait l’avance » des travaux.
Tout devrait donc se régler en 2009 selon les modalités d’une vente immobilière classique agrémentée d’un « léger » surcoût. Tel est l’objet de la délibération proposée.
Florence Denestebe se réjouit que la réhabilitation de l’immeuble ait pu être menée à bien, avec cependant un bémol, c’est que cela se soit fait grâce à « un aménagement des règles administratives et des procédures en matière d’urbanisme »; elle s’inquiète par contre du gonflement de la facture initiale passée de 1,6 millions d’euros à 2, 452 millions en l’espace de 3 ans auxquels il faut ajouter 1,632 millions  d’aménagement des abords « en attendant d’éventuelles nouvelles surprises ».
Comme Helene Pascual, Serge Jene, Anne Marie Garrigues et Henri Couquet demandent à intervenir, Gilles D’ettore décide de « les prendre en bloc (les questions)…vous allez tous à peu près dire la même chose ». Ce qui a surtout pour avantage de lui permettre d’apporter une réponse globale et sur les seuls points qui l’intéressent.
Bref, on apprendra de la bouche du député maire « qu’au-delà des pinaillages on peut être fiers et heureux », le bâtiment a trouvé « une seconde vie car un privé a voulu s’investir…Onze appartements de standing, une bonne clientèle supplémentaire pour le cœur de ville…» Avec là-dessus une bagarre de chiffres dans laquelle il perd son latin : tour à tour, d’Ettore se dit « propriétaire de 43 % » du bâtiment puis de ne payer « que 43 % du coût des travaux globaux » ; le tout revient à « 1000 euros le m2 pour 1630 m2 plus les parties communes, le bassin …etc. » Lorsque Couquet « ramène » la dépense à 3000 euros le m2, il lui répond « J’ai juste acheté mes 1630 m2, le prix au m2 ne comprend pas les abords ». Lorsque Jené avance qu’on aurait pu acheter la totalité de l’immeuble puisqu’on a pu trouver le budget pour le centre aquatique, il est accusé de « noyer le poisson » (le comble pour une piscine) et que de toutes façons le centre aquatique est un « projet communautaire » (financé à 75 % par la ville d’Agde). Et lorsque Hélène Pascual affirme que « On ne sait jamais où l’on va…il y a toujours des dépassements », il conclut : « Au final, on retiendra qu’on a réhabilité le moulin des évêques, on ne retiendra pas ce que vous avez dit »…
 
Et il a malheureusement raison. Ce qui n’empêchera pas, même si la réalisation finale est exemplaire (encore faut-il attendre la fin), qu’un citoyen normalement constitué puisse s’interroger sur la façon dont l’affaire a été menée.
Le moulin des Evêques était un immeuble privé à vocation industrielle dont le propriétaire ne pouvait changer la destination. Grâce à ce que pudiquement Florence Denestebe qualifie « d’aménagement des règles administratives et des procédures » (j’aurais été plus méchant), la commune est intervenue pour permettre l’aménagement de logements de standing et pour rendre l’opération rentable (pour le promoteur) elle s’est portée acquéreuse d’une partie du bâtiment. D’Ettore lui-même le reconnait : « Sans partenariat, le privé n’aurait pu faire des appartements…on permet de rendre l’opération viable.»
Certes, la commune récupère ainsi, pour le bien de tous, une partie du patrimoine privé, mais quoiqu’il s’en défende (il s’est moqué à ce sujet d’une réflexion de S. Jené), je prétends que la ville aurait pu à moindre coût acquérir la totalité de l’immeuble dont le propriétaire ne pouvait rien faire. Certains travaux d’aménagement auraient pu ainsi être réduits (en particulier, le niveau d’insonorisation requis pour ne pas troubler la quiétude de propriétaires d’appartements de standing).
La façon exemplaire (à en croire notre maire) dont s’est comporté le promoteur privé confine au mécénat, en particulier lorsqu’il prend à sa charge tous les travaux pendant deux ans (comme par hasard, cela a permis à l’équipe en place de reporter la facture après l’élection municipale… et les augmentations d’impôts aussi).
 Alors mécénat pour mécénat, il suffisait d’aller un peu plus loin dans la démarche.
 
Six millions à quelques millions près :

La requalification du Centre Port du Cap représente nous dit le conseiller général « un enjeu considérable ». On ne peut que l’approuver et s’étonner qu’il le découvre si tard.
En attendant voici lancée « la consultation pour la conduite d’opération » et « pour la maîtrise d’œuvre. »
Il s’agit de « renforcer la structure de 1100 mètres de  quais, leur revêtement, de procéder à la réfection des réseaux secs et humides et à l’élargissement du quai Jean Miquel, d’aménager un espace public au cœur de la station (parking de l’ancienne douane), de mettre en valeur des liaisons piétonnières et de créer une nouvelle ambiance correspondant aux attentes des touristes des années 2010 et suivantes (éclairage, terrasses commerciales, spectacles…) ».
Pour cet enjeu « considérable », notre fine équipe a prévu un budget astronomique de 6,5 millions d’euros HT dont la première tranche de 3,2 millions sera mise en œuvre en octobre 2010.
Henri Couquet déplore qu’il n’y ait pas un concours d’architectes pour élaborer le projet : « Vous choisirez un maître d’œuvre sur sa réputation. »
Florence Denestebe  déclare ne pouvoir « qu’adhérer à cette nécessaire réhabilitation » et ne pouvoir « qu’applaudir à la célérité de votre initiative » (le projet n’aura muri que pendant 9 ans…Monsieur le maire ne retiendra que la première partie de l’intervention, l’ironie de la seconde lui ayant échappé).
Par contre elle s’élève contre la décision d’indemniser les membres du jury (qui sont-ils ?)  pour le choix de la maîtrise d’œuvre à hauteur de 478 euros par jour.
La réponse de S. Frey est qu’il s’agit d’une procédure normale car il s’agit d’un appel d’offre européen. « Les indemnités ne seront pas perçues par les élus …qui touchent quoi ? 300 euros par mois (à moins qu’il n’ait dit « pas moi ») ».
Madame Pascual trouve que « 6 millions pour Le grand projet, c’est bien peu…comme d’habitude on part à l’aveuglette »
Globalement l’opposition s’étonne de la faiblesse du budget prévisionnel (pour mémoire le centre aquatique est chiffré à 20 millions d’euros)
Là-dessus G. d’Ettore s’emporte : «  On n’a jamais dit que les 6 millions couvriraient la totalité des travaux. On a le droit de prévoir 6 millions d’euros… Arrêtez de nous juger, on répond comme on veut…On ne peut pas prévoir au centime près. »
Et l’écho de la voix de son maître de reprendre « On ne va pas faire ici la présentation des axes qui vont nécessiter plusieurs mois de travaux pour structurer et élaborer le projet… On ne peut pas prévoir au centime près (bis), lorsqu’un particulier veut construire sa maison, il sait qu’il veut 4 chambres et un salon mais il ne peut prévoir au centime près (ter) combien ça lui coûtera »
 
Peut-être pas au centime près mais à quelques centaines d’euros si…La grosse différence, c’est que le particulier « normal » paye les travaux de sa poche… Tout le reste, c’est de la littérature.
 

                      Antoine Allemand  

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